E. coli: un enfant sauvé par l'emploi novateur d'un médicament

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Une médecin et chercheuse du CHU Sainte-Justine, établissement affilié à l'Université de Montréal, est la première à découvrir une nouvelle application d'un médicament contre la bactérie mortelle E. coli et, ce faisant, a sauvé la vie d'un enfant confié à ses soins. En effet, après qu'une petite fille eut été hospitalisée au CHU Sainte-Justine pour traiter des complications sévères, son médecin, Dr Anne-Laure Lapeyraque, à court d'options pour la sauver, a eu l'idée d'avoir recours au médicament éculizumab, habituellement prescrit pour le traitement d'une autre affection aux symptômes semblables. L'intuition était bonne puisque la petite a survécu. L'explication de cette amélioration spectaculaire observée chez la jeune patiente, ainsi que chez deux autres patients, a d'ailleurs fait l'objet d'une publication dans la revue The New England Journal of Medicine.

« Il n'y avait à ce moment-là aucun traitement curatif reconnu pour le syndrome hémolytique et urémique, complication grave de certaines infections à E. coli, affirme la Dr Anne-Laure Lapeyraque, néphrologue au Département de pédiatrie au CHU Sainte-Justine, chercheuse associée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et professeure à l'Université de Montréal. Le succès de ce médicament chez ces enfants nous ouvre les yeux sur un nouveau traitement prometteur. »

La Dr Anne-Laure Lapeyraque et ses collègues internationaux racontent comment ils ont utilisé l'éculizumab pour traiter des complications neurologiques associées à E. coli chez trois patients âgés de trois ans. En quelques jours jusqu'à quelques semaines, leurs numérations sanguines sont redevenues normales et leur fonction rénale s'est rétablie. L'éculizumab, médicament connu comme étant un anticorps monoclonal, agit en bloquant une substance présente dans le système immunitaire appelée « protéine C5 de complément ».

Une fois cette nouvelle application du médicament découverte, le traitement à l'éculizumab par voie intraveineuse a sauvé la vie de nombreuses personnes. « Notre article a paru au moment de la manifestation massive d'E. coli aux mois de mai et de juin en Allemagne. Cette parution nous a ainsi permis d'annoncer la nouvelle et d'en aviser les médecins », précise la Dr Lapeyraque. Lors de cette épidémie, environ 4 000 personnes en Europe ont été malades après avoir consommé des pousses contaminées.

L'infection à la bactérie E. coli productrice de shigatoxines (« la maladie du hamburger ») a fait l'objet de plusieurs rappels de produits de boeuf contaminé au Canada et aux États-Unis au cours des dernières années. E. coli se retrouve dans le boeuf haché qui n'est pas suffisamment cuit, dans les produits laitiers non pasteurisés (crus) et dans les fruits et légumes contaminés, surtout les pousses de luzerne. Les symptômes comprennent des crampes et des vomissements avec ou sans la diarrhée sanguinolente. Cette infection peut mener à l'insuffisance rénale et est associée à un risque de décès. Pour cela, il est important de bien faire cuire le boeuf haché, de bien laver les fruits et légumes, d'éviter les produits laitiers non pasteurisés, surtout pour les enfants, et de bien se laver les mains après toute manipulation de viande crue. D'après la Dr Lapeyraque, ces précautions ont beaucoup contribué à réduire l'incidence de l'infection à E. coli au Québec.

Les chercheurs membres de cette équipe clinique internationale sont enthousiasmés par leur découverte. En premier lieu, cette découverte aide à comprendre comment « la maladie du hamburger » se développe et pourquoi ses conséquences sont si dévastatrices. « Il faudra réaliser d'autres recherches pour repérer les patients les plus susceptibles d'en bénéficier, ajoute la Dr Lapeyraque. Quoi qu'il en soit,  ''éculizumab'' est maintenant le mot du jour dans les colloques internationaux sur les maladies rénales.»

RE
Refhi

en tant que médecin je salue la démarche thérapeutique de cette docteur québécoise.

Pour info vous pourrez trouver l'article original ici : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc1100859, publiée le 25 mai 2011. Je m'étonne simplement du délais mentionné de 6 mois de surveillance après traitement des patients qui implique que l'essai de thérapeutique a été réalisé fin 2010.

Par ailleurs, sans remettre en cause les compétences de cette docteur, les lauriers reviennent peut-être en premier à un docteur des states, qui a publié ici : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc0809959 le 29 janvier 2009 un premier traitement d'un SHU atypique (Syndrome Hémolytique et Urémique) par éculizumab, après échec d'échanges plasmatiques. (je précise que j'ai pu trouver cet article car il est cité par la docteur québécoise)

LO
Loindici

Par ailleurs, sans remettre en cause les compétences de cette docteur, les lauriers reviennent peut-être en premier à un docteur des states

Oui mais l'impact d'une publication dans une université canadienne telle que Sherbrooke, Montréal ou Laval est beaucoup plus importante qu'une publication aux states. Les publications américaines passent en général inaperçues. Et certains travaux ont besoin d'être validés ensuite par l'une de ces universités canadiennes, ce qui explique la répétition. Rappelons que l'université de Montréal a publier seulement en 1954, des travaux validant l'hypothèse de l'expansion de l'univers ; en effet, Edwin Hubble n'étant pas en rapport avec les universités canadiennes de meilleures réputation, l'article a été écrit le 15mai 1954 sous la plume de Charles Tabernacle ; et depuis lors, on estime que la théorie du big bang est la plus probable (grâce aux publications canadiennes). Tout ce qui était publié ailleurs et avant ne pouvait être considéré comme sérieux.