🌟 Cette Ă©toile Ă  neutrons aspire le vent d’une gĂ©ante

Une Ă©toile morte a Ă©tĂ© observĂ©e en train d’engloutir une partie du gaz Ă©jectĂ© par sa gigantesque voisine.

La scĂšne se dĂ©roule dans BP Crucis, un systĂšme situĂ© Ă  environ 13 000 annĂ©es-lumiĂšre de la Terre. Il rĂ©unit deux astres trĂšs diffĂ©rents. Wray 977 est une immense Ă©toile bleue, environ 40 fois plus massive que le Soleil. Autour d’elle gravite GX 301-2, le cƓur extrĂȘmement dense d’une ancienne Ă©toile ayant explosĂ©.

Vue d’artiste du systùme BP Crucis.

Vue d’artiste du systĂšme BP Crucis. Le pulsar GX 301-2 s’approche d’un flux dense de gaz Ă©jectĂ© par l’hypergĂ©ante bleue Wray 977.
CrĂ©dit : NASA’s Goddard Space Flight Center Conceptual Image Laboratory

GX 301-2 ne mesure qu’une vingtaine de kilomĂštres de diamĂštre. Cette Ă©toile Ă  neutrons tourne sur elle-mĂȘme en environ 11 minutes. Elle Ă©met un faisceau de rayons X qui balaie rĂ©guliĂšrement la Terre, ce qui en fait un pulsar.

Sa gigantesque voisine joue un rĂŽle essentiel dans cette activitĂ© : Wray 977 Ă©jecte continuellement de la matiĂšre dans l’espace sous la forme d’un vent stellaire. Il ne s’agit pas d’un vent ordinaire, mais d’un flux de gaz trĂšs chaud quittant l’étoile.

Au cours de son orbite, le pulsar traverse une rĂ©gion oĂč ce gaz est particuliĂšrement dense, et les astronomes pensaient qu’une partie de cette matiĂšre Ă©tait alors capturĂ©e par l’étoile Ă  neutrons. Cette chute expliquerait les fortes Ă©missions de rayons X observĂ©es pendant plusieurs jours.

Vue d’artiste des trois phases de l’accrĂ©tion de GX 301-2 lors de son passage dans le flux dense de plasma de son Ă©toile compagne.

Vue d’artiste des trois phases de l’accrĂ©tion de GX 301-2 lors de son passage dans le flux dense de plasma de son Ă©toile compagne.
CrĂ©dit : NASA’s Goddard Space Flight Center Conceptual Image Laboratory

Le tĂ©lescope spatial XRISM a permis de suivre directement le mouvement de ce gaz prĂšs du pulsar. Il a observĂ© BP Crucis pendant environ 16 heures, le 1er fĂ©vrier 2025. Son instrument Resolve analyse trĂšs prĂ©cisĂ©ment l’énergie des rayons X reçus. Les chercheurs ont notamment observĂ© des signatures produites par le fer ; leur dĂ©calage a permis de mesurer la vitesse et la direction du gaz.

La matiÚre se dirigeait vers le pulsar à environ 540 000 km/h. Les observations confirment ainsi directement que GX 301-2 capture une partie du vent de son étoile compagne.

Cette matiĂšre ne tombe toutefois pas toujours de la mĂȘme maniĂšre. Lorsque le pulsar pĂ©nĂštre dans la rĂ©gion dense, le gaz capturĂ© peut d’abord se mettre Ă  tourner autour de lui. Un disque turbulent se forme alors avant que la matiĂšre ne descende progressivement vers l’étoile Ă  neutrons.

Plus loin dans le flux de gaz, ce disque disparaĂźt. Le gaz peut alors tomber plus directement vers le pulsar. Cette chute libĂšre une grande quantitĂ© d’énergie : la matiĂšre accĂ©lĂšre et chauffe fortement en approchant de cet objet extrĂȘmement dense.

Une partie de cette Ă©nergie est Ă©mise sous forme de rayons X. Le pulsar met environ quatre jours Ă  traverser la rĂ©gion dense Ă  l’origine de cette activitĂ©.

Ces mesures permettent de mieux comprendre comment une Ă©toile Ă  neutrons capture la matiĂšre de sa compagne au cours de son orbite. BP Crucis retrouve une configuration comparable tous les 41,5 jours. D’autres observations pourront montrer comment ce flux de gaz Ă©volue d’un passage Ă  l’autre.