đŸȘš Des gaz de 2 milliards d’annĂ©es remettent en cause des changements globaux de la Terre

Des bulles de gaz enfermĂ©s dans des roches depuis environ 2 milliards d’annĂ©es pourraient changer notre lecture d’un Ă©pisode majeur de l’histoire de la Terre.

Leur composition indique qu’un signal chimique observĂ© dans l’actuelle Russie pourrait s’expliquer surtout par des phĂ©nomĂšnes locaux, et non par un bouleversement mondial du cycle du carbone comme supposĂ© jusqu’à prĂ©sent.

Les chercheurs ont Ă©tudiĂ© la formation de Zaonega, en CarĂ©lie, dans le nord-ouest de la Russie. Ces anciennes roches marines datent d’environ 2 milliards d’annĂ©es. Elles se sont formĂ©es aprĂšs la premiĂšre forte augmentation de l’oxygĂšne dans l’atmosphĂšre terrestre.

Ces roches prĂ©sentent une proportion inhabituelle entre deux formes du carbone, le carbone 12 et le carbone 13. Ce type de diffĂ©rence peut conserver la trace de changements environnementaux anciens. Des signaux semblables ont aussi Ă©tĂ© observĂ©s au Gabon, ce qui avait renforcĂ© l’idĂ©e d’un phĂ©nomĂšne planĂ©taire.

La nouvelle Ă©tude s’est intĂ©ressĂ©e Ă  des gaz restĂ©s piĂ©gĂ©s dans de minuscules poches Ă  l’intĂ©rieur des roches. Les chercheurs ont analysĂ© leurs molĂ©cules et leurs isotopes. Ils ont notamment retrouvĂ© du mĂ©thane et d’autres hydrocarbures formĂ©s sous l’effet de la chaleur.

Selon leur scénario, une intrusion de magma a traversé en profondeur les sédiments riches en matiÚre organique. Cette chaleur a produit des hydrocarbures, dont du méthane, qui sont ensuite remontés vers le fond marin présent à cette époque. Des microbes consommant ce méthane auraient alors produit une matiÚre organique particuliÚrement pauvre en carbone 13.

Les mesures vont dans le sens de ce mĂ©canisme. Les tempĂ©ratures reconstituĂ©es atteignent environ 350 °C prĂšs de l’ancienne intrusion magmatique. Elles diminuent progressivement jusqu’à environ 72 °C, quelque 300 mĂštres plus haut dans la roche.

Cette succession de phĂ©nomĂšnes gĂ©ologiques et biologiques suffit Ă  expliquer le signal inhabituel observĂ© Ă  Zaonega. Il pourrait donc provenir principalement de ce bassin sĂ©dimentaire. Les chercheurs prĂ©cisent toutefois qu’ils ne peuvent pas exclure totalement l’influence de changements mondiaux du cycle du carbone.

Cette nuance est importante, car Zaonega sert de site de rĂ©fĂ©rence pour un Ă©vĂ©nement appelĂ© Shunga–Francevillian. Celui-ci a parfois Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© comme la trace d’une perturbation mondiale survenue il y a environ 2 milliards d’annĂ©es. L’équipe veut maintenant comparer ces rĂ©sultats Ă  de nouvelles carottes prĂ©levĂ©es au Gabon.