Hydrogène : et si l'on copiait les plantes ?

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Sur le papier, l'hydrogène est une source d'énergie sans pareille. À condition de trouver une solution durable pour le produire en masse. Des chimistes s'en rapprochent en s'inspirant… de la photosynthèse des plantes.

Candidat au statut de source énergétique de masse, l'hydrogène a un gros atout sur son curriculum vitae : sa combustion n'engendre aucun gaz à effet de serre. Hélas, il n'en existe aucun gisement sur Terre. Il faudra donc le produire industriellement si l'on veut qu'il remplace un jour l'essence de nos voitures. Tout récemment, Ally Aukauloo, Pierre Millet et Élodie Anxolabéhère-Mallart, à l'Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (ICMMO), viennent de franchir deux nouvelles étapes vers un procédé propre et économiquement viable de synthèse de l'hydrogène. Leur source d'inspiration ? Les plantes, et plus précisément la photosynthèse, qui leur permet de créer de la matière à partir de l'énergie solaire. Cette idée pourrait rapidement gagner du terrain parmi les nombreuses pistes envisagées pour la production d'hydrogène.

Pour produire de l'hydrogène avec de l'eau, la nature propose donc la photosynthèse. Comme l'explique Ally Aukauloo, « au cours d'une première étape, la photosynthèse permet l'absorption de la lumière solaire, sa conversion en énergie chimique, puis l'acheminement de celle-ci vers un centre réactionnel du végétal où sont dissociées les molécules d'eau (qui perdent alors des électrons pour former de l'oxygène gazeux et des protons). Ensuite, les protons et les électrons qui en sont issus sont utilisés sur d'autres sites réactionnels, pour la synthèse de nouvelles molécules tels des sucres ou… de l'hydrogène. » Évidemment, ces différentes étapes nécessitent une « usine » moléculaire d'une rare complexité, et façonnée par des millions d'années d'évolution. Et comme le précise le chimiste, « pour l'heure, il est exclu de la reproduire artificiellement. Toutefois, les outils de la chimie permettent de s'en inspirer ». On parle de procédés bio-inspirés.

Prenons le cas de la première étape de la photosynthèse. Elle est l'œuvre de la chlorophylle, un pigment qui capte et convertit l'énergie lumineuse. La dissociation de l'eau se produit sur un complexe chimique à base de manganèse. De multiples combinaisons seront à tester avant de trouver le système chimique qui réalisera artificiellement cette étape le plus efficacement possible. Mais les chimistes d'Orsay, dans le cadre d'un financement de l'Agence nationale de la recherche, ont posé une première pierre en développant des systèmes moléculaires capables de casser une molécule d'eau. Comment ? En greffant entre elles deux molécules. « La première est un complexe à base de ruthénium, qui s'active chimiquement lorsqu'il capte la lumière, détaille Ally Aukauloo. Il cède alors une charge électrique positive au second complexe sur lequel est accrochée une molécule d'eau. Celle-ci se polarise puis se dissocie, cédant des protons à la solution dans laquelle elle se trouve. »

Et que faire de ces protons ? De son côté, la nature utilise à cette étape des complexes chimiques, appelés hydrogénases, qui catalysent la synthèse de la molécule d'hydrogène. Pour reproduire cette fonction, l'équipe de l'ICMMO vient de synthétiser un nouveau complexe, composé d'un atome de cobalt enchâssé dans une cage formée par d'autres espèces chimiques. Avantage : « Il ne nécessite pas l'emploi de métaux précieux, précise le chercheur. De plus, la possibilité de jouer sur la nature chimique de la cage dans laquelle se trouve l'atome de cobalt permet d'adapter les propriétés de notre catalyseur à différentes situations. »

Malgré ces succès, les chercheurs restent extrêmement prudents, rappelant qu'une « feuille » artificielle capable de produire de l'hydrogène industriellement à partir d'eau et de la lumière du soleil n'est pas pour demain. Pour autant, Ally Aukauloo s'enthousiasme : « Nous nous rapprochons lentement de ce Graal. Et pouvons peut-être envisager un prototype de laboratoire d'ici à dix ans. » Un futur pas si lointain !

VI
Victor

Dans la synthèse classique de la chlorophylle des plantes c'est du CO² qui est transformé en C + O², Puis il me semble que les potentiels chimique du carbone et de l'hydrogène ne sont pas du tout les mêmes 13.6 ev Pour H² et 4.4 ev pour C par électron

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goulu

La même interrogation m'assaille chaque fois que je vois une nouvelle de ce genre : une fois l'hydrogène dégagé molécule par molécule sur une grande surface, comment on le collecte ?

A part ça je cherche des données sur le rendement énergétique des plantes : quelle proportion du rayonnement est convertie en énergie chimique par la photosynthèse ? Existe-t-il un système artificiel offrant un meilleur rendement que ce que l'Evolution a produit ?

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klinfran

je croyais me souvenir qu'il y avait 2 photosynthèse mais d'après wikipédia il y aurait plutôt 2 étapes à la photosynthèse, la première étant la production d'hydrogène. La plante a en fait besoin de carbone ET d'hydrogène pour constituer des chaines carbonées, si on y réfléchit bien.

JB
jbb92

Si mes souvenirs sont bons, le rendement de la photosynthèse n'est que de 3%.
Donc même avec des procédés classiques : Panneaux solaires (rendement d'au moins 15%) + électrolyse de l'eau (rendement de 30%) on obtient un rendement global d'au moins 4,5%, donc supérieur à la photosynthèse.
Après il faut prendre en compte le coût du stockage et du transport de l'hydrogène...

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klinfran

mmmh c'est pas ce que j'ai lu ici
http://blog.wired.com/defense/2008/09/p ... xplor.html où il est dit que " that quantum energy transfers allow plants and cynobacteria to convert sunlight into chemical energy nearly instantly, and with almost 100 percent efficiency"

et aussi là forcément:
http://www.lbl.gov/Science-Articles/Arc ... crets.html

c'est loin des 3% et j'avais moi aussi entendu parler d'un effet quantique pour la photosynthèse qui améliorerait énormément le rendement, c'est peut-être une toute petite partie du processus.

JB
jbb92

Au temps pour moi, je parlais de rendement global à l'échelle d'une plante, au niveau moléculaire c'est autre chose car seule une petite partie de l'énergie solaire reçue par une plante est exploitée par la photosynthèse.