Cobalt

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Introduction

Cobalt
Fer ← Cobalt → Nickel
Hexagonal.png

27

Co
Co
Rh
Table complète • Table étendue
Informations générales
Nom, Symbole, NuméroCobalt, Co, 27
Série chimiquemétaux de transition
Groupe, Période, Bloc9, 4, d
Masse volumique8,9 g·cm (20 °C)
Dureté5
CouleurBlanc argenté, reflet gris
N° CAS7440-48-4
N° EINECS231-158-0
Propriétés atomiques
Masse atomique58,933195 ± 0,000005 u
Rayon atomique135 pm (152 pm)
Rayon de covalence1,26 ± 0,03 Å (low spin)

1,50 ± 0,07 Å (high spin)
Configuration électronique[Ar] 3d 4s
Électrons par niveau d'énergie2, 8, 15, 2
État(s) d'oxydation+1, +2, +3, +4
OxydeAmphotère
Structure cristallinehexagonal
Propriétés physiques
État ordinairesolide (ferromagnétique)
Point de fusion1 495 °C
Point d'ébullition2 927 °C
Énergie de fusion16,19 kJ·mol
Énergie de vaporisation376,5 kJ·mol
Volume molaire6,67×10 m·mol
Pression de vapeur175 Pa à 1 494,85 °C
Vitesse du son4 720 m·s à 20 °C
Divers
Électronégativité1,88
Chaleur massique420 J·kg·K
Conductivité électrique17,2×10 S·m
Conductivité thermique100 W·m·K
Solubilitésol. dans HCl + H2O2
Énergies d'ionisation
1 : 7,88101 eV2 : 17,084 eV
3 : 33,50 eV4 : 51,3 eV
5 : 79,5 eV6 : 102,0 eV
7 : 128,9 eV8 : 157,8 eV
9 : 186,13 eV10 : 275,4 eV
11 : 305 eV12 : 336 eV
13 : 379 eV14 : 411 eV
15 : 444 eV16 : 511,96 eV
17 : 546,58 eV18 : 1 397,2 eV
19 : 1 504,6 eV20 : 1 603 eV
21 : 1 735 eV22 : 1 846 eV
23 : 1 962 eV24 : 2 119 eV
25 : 2 219,0 eV26 : 9 544,1 eV
27 : 10 012,12 eV
Isotopes les plus stables
isoANPériodeMDEdPD
MeV
Co{syn.}77,27 jε4,566Fe
Co{syn.}271,79 jε0,836Fe
Co{syn.}70,86 jε2,307Fe
Co100 %stable avec 32 neutrons
Co{syn.}5,2714 aβ-2,824Ni
Précautions
SIMDUT
D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques

D2A, D2B,
SGH


Danger

H317, H334, H413,

Verre teinté de bleu par du cobalt

Le Cobalt est un élément chimique, de symbole Co et de numéro atomique 27 et de masse atomique 59.

Histoire

On connait le cobalt depuis l'antiquité grâce à ses composés qui colorent le verre d'un bleu intense. Jusqu'au XVIIIe siècle, le terme de « cobalt » (du mot kobold) désigne le minerai contenant cet élément. En 1735, le chimiste suédois Georg Brandt (1694-1768) extrait de ce minerai un « semi-métal » nouveau qu'il nomme « cobalt ». En 1745, il démontre que le cobalt est la cause de la couleur bleue que le minerai de cobalt communique aux verres, alors que l'on attribuait précédemment celle-ci soit au bismuth, soit au fer et à l'arsenic.

Pendant le XIX siècle, le bleu cobalt fut produit par la fabrique norvégienne Blaafarveværket (70-80 % de la production mondiale) dirigée par l'industriel prussien Benjamin Wegner. En 1938, John Livingood et Glenn Seaborg découvrirent le cobalt .

Utilisations

  • Dans les alliages, tels que:
  • Les super-alliages, pour certaines pièces dans les turbines à gaz.
  • Les alliages résistants à la corrosion
  • Les carbures
  • Les aciers rapides (pour la réalisation des outils de coupe).
  • Alliage prothèse dentaire (couronne par exemple)
  • Les aimants et médias d'enregistrement magnétique
  • Comme catalyseur dans l'industrie chimique et pétrolière
  • Comme agent séchant dans les peintures et les encres
  • Pour certaines électrodes de batterie d'accumulateurs (électrodes positives de nickel pour accumulateurs alcalins NiCd, NiMH et NiZn, et électrodes d'accumulateurs au lithium).
  • Comme additif alimentaire pour les animaux d'élevage, principalement les ruminants (bovins, ovins et caprins) et les lapins, pour permettre la production par leur flore digestive de vitamine B12.
  • Comme matière première pour la production par fermentation bactérienne de vitamine B12 destinée à servir d'additif alimentaire pour animaux d'élevage ou pour l'alimentation humaine.

Les qualités du cobalt en font l'une des huit matières premières stratégiques considérées comme indispensables en temps de guerre comme en temps de paix.

Cobalt 60 (isotope radioactif)

Le cobalt 60 a de nombreuses utilisations comme source de rayons gamma, en raison de sa demi-vie relativement courte (5,27 ans), donc plus facile à éliminer en comparaison d'autres isotopes émetteurs de telles particules :

  • pour la radiothérapie ;
  • dans le traitement par radiation de la nourriture pour sa stérilisation ;
  • dans la radiographie industrielle pour repérer les défauts des pièces.

Toutefois, le cobalt 60 de synthèse (produit par exposition de cobalt « naturel », l'isotope 59, aux rayonnements neutroniques d'un réacteur nucléaire) n'est pas totalement pur, et contient toujours d'autres isotopes radioactifs à désintégration ε (epsilon), émetteurs de rayonnement gamma dangereux car ce rayonnement hautement énergétique détruit les noyaux et les contamine en éléments radioactifs persistants.
De plus l'enrichissement et la purification du cobalt 60 nécessitent des techniques de centrifugation similaires à celles utilisées pour l'enrichissement des isotopes à usage militaire, techniques hautement surveillées car stratégiques au plan international.

Aussi, on préfère maintenant utiliser des accélérateurs d'électrons, semblables aux tubes cathodiques de nos moniteurs et téléviseurs mais à des niveaux d'accélération bien supérieurs, qui produisent des flux plus purs et mieux contrôlés de particules bêta. Mais leur utilisation nécessite un équipement beaucoup plus lourd qu'une simple capsule de cobalt 60. Cette méthode est de ce fait principalement utilisée en milieu industriel, et aujourd'hui aussi en milieu médical.

Toxicité, écotoxicité

A dose infime, c'est un oligoélément (présent dans la vitamine B 12, et utilisé contre l'anémie, car favorisant les globules rouges). Sa toxicité est cependant supposée depuis longtemps ; le mot cobalt provenant d'ailleurs de l'allemand kobalt ou kobold ; un esprit maléfique qui hantait les mines dans la tradition germanique. Le métal aurait été ainsi nommé par les mineurs qui en éprouvaient la toxicité (de plus, il dévalorisait ou dégradait les autres éléments minés comme le nickel).

Sa toxicité peut être double, due à ses propriétés chimiques et/ou radiotoxiques de ses isotopes radioactifs dont le cobalt 60, utilisés pour la recherche et en médecine nucléaire, par exemple sous forme d'aiguilles pour tuer des cellules cancéreuses.
Il peut agir en synergie avec d'autres métaux qui l'accompagnent souvent dans la nature (arsenic, et moindrement cuivre, nickel, manganèse).

Dans les écosystèmes : Le cobalt a été peu tracé dans les environnements aquatiques. Selon Ifremer, on en trouve de 1 à 5 ng.L en mer et les fleuves pollués en amènent des quantités significatives (de 200 ng.L ont été mesurées à faible salinité dans la Seine et son estuaire). La chair des bivalves en contient ; par exemple de 3 à 3,5 mg.kg (poids sec) en hiver et de 0,8 à 1,2 mg.kg en été chez des moules du Devon en 1977 et 1978.Des huitres du lagon de Navachiste au Mexique en contenaient de 0,3 à 1,9 mg.kg (p.s.) en 1991. La moule zébrée (moule d'eau douce) peut aussi en accumuler d'importantes quantité dans sa coquille.

Sa toxicité varie selon les organismes, les individus, le contexte et l'espèce chimique considérée (cobalt pur, en nanoparticule, cobalt II ou cobalt III, radioactif ou non, ou encore sels organiques et/ou inorganiques). Sa toxicité et sa mobilité pour les plantes et animaux augmentent avec l'acidité du sol.
Les pluies acides peuvent en accentuer la mobilité et la biodisponibilité, avec risque de bioaccumulation et bioturbation par certaines plantes, champignons et animaux.

Chez l'Homme : L'exposition au cobalt peut induire des affections pulmonaires (difficultés respiratoires évoluant éventuellement en asthme, ou pneumonie chez des travailleurs ayant respiré un air chargé en cobalt). Dans les années 60, certaines brasseries ajoutaient du cobalt dans leurs bières pour en stabiliser la mousse, ce qui a provoqué chez de grands buveurs de bière des nausées, vomissements et graves affections cardiaques. On n'a toutefois pas noté d'affections cardiaques chez les anémiques et femmes enceintes ayant été médicamentés au cobalt, mais des anomalies fœtales sont provoquées chez des animaux exposés en laboratoire à des taux élevés de cobalt lors de la grossesse.

Il est classé comme "cancérogène possible" par le Centre international de recherche sur le cancer ; car il provoque un cancer lorsqu'il est introduit dans un muscle ou sous la peau, mais il ne semble pas être cancérogène lorsqu'inhalé par animaux exposés via l'air, la nourriture ou l'eau.
Ce risque pourrait augmenter s'il s'agit de nanoparticules, mais il ne semble pas avoir fait l'objet de recherches.

Dépollution

Pour extraire la forme ionique (dissoute) du cobalt d'un liquide on peut utiliser des chélateurs, des résine échangeuse d'ions, du charbon de bois activé, des techniques de nanofiltration, et peut-être bientôt des polymères susceptibles d'absorber ce polluant des systèmes de refroidissement des centrales nucléaires sont à l'étude.
Des chercheurs allemands et indiens cherchent à développer des polymères capables de concentrer des isotopes de cobalt radioactifs pour traiter l'eau de refroidissement de centrales nucléaires : un nouveau procédé pour réduire les déchets radioactifs .

Ce cobalt provient de l'alliage d'acier spécial qui compose des tubes dans lesquels circule sous pression l'eau bouillante. Ce cobalt est bombardé de neutrons quand il passe dans le coeur du réacteur, ce qui donne des isotopes radioactifs (Co 60 ; dont la période de demi-vie radioactive dépasse 5 ans).

La nanostructure de ce polymère forme une « empreinte moléculaire », c'est-à-dire que les vides contenus par le polymère sont exactement à la forme d'un ion de cobalt. Ce polymère est en fait un produit antérieurement riche en ions cobalt qui a été passé à l'acide pour extraire le cobalt de la matrice; Quand on place cette matrice dans un environnement contenant du cobalt, celui-ci tendrait à s'insérer dans les vides laissés par le passage à l'acide. Ainsi une grande quantité d'isotopes radioactifs de cobalt en solution pourrait être piégée et éliminée avec ce polymère.

Production

Ses principaux minerais se trouvent sous forme d'arséniures, de sulfures et d'oxydes. Actuellement, c'est l'Afrique qui détient l'essentiel des ressources en cobalt au niveau planétaire : la République démocratique du Congo concentre à elle seule la moitié des réserves connues. La Zambie est le premier producteur au monde, mais le minerai peut être fondu et raffiné dans diverses zones du monde. Toutefois, le Cameroun serait en possession dans son sous-sol de ce qui semble être le plus grand gisement de cobalt au monde, dans la zone forestière de l'est du pays. Ce gisement de grande importance devrait être mis en exploitation dans quelques années par le groupe américain Géovic. Le groupe belge Umicore est leader mondial dans ce domaine.

PaysTonnes% du total
Finlande7 99018,5%
Canada6 62015,4%
Russie4 65410,8%
République populaire de Chine4 57610,6%
Zambie4 57010,6%
Total 5 pays28 41066%
Total monde43 028100,0

Sources environnementales

Une des formes possibles de minerai de cobalt

Sources naturelles : (sols, érosion, volcans, eau de mer et feux de forêt. Le taux moyen dans le sol, dans le monde est de huit ppm (parties par million), mais variant de presque zéro à 6 450 ppm voire plus à proximité de mines (En Ontario, 16 et 17 ppm de cobalt ont été mesurés respectivement dans des parcs ruraux et de vieux parcs urbains)

Sources anthropiques : (eau, air et sol, et écosystèmes sont pollués par les mines et l'industrie du cobalt, les fumées des incinérateurs et issues de la combustion du charbon et du pétrole qui en contiennent une faible proportion, de même que les gaz d'échappement des véhicules et avions. Des contaminations accidentelles surviennent parfois (ex : 61 boutons d'ascenseurs suisse, d'origine française (produits avec un acier indien contaminé par du cobalt radioactif), émettaient environ 7000 bq chacun ; le transport de 14 de ces boutons suffisait à imposer d'appliquer l'accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR)
Globalement, les sources principales sont les retombées des essais nucléaires, puis de l'accident de Tchernobyl. Leur radioactivité varie selon les lieux et diminue globalement progressivement avec le temps (Voir Figure 21 du rapport 2008 de la Division Radioprotection suisse ; « Césium-137 (en Bq/kg de matière sèche) dans les échantillons de sol de différentes stations de Suisse (1964–2008) » , et la figure 22 (« Strontium-90 dans divers échantillons prélevés entre 1950 et 2008 ») mais localement par lessivage, ruissellement puis bioconcentration les taux peuvent augmenter (dans les champignons, et les sangliers qui les mangent par exemple).
Hormis pour les travailleurs ou personnes exposées à des sources industrielles ou naturelles importantes, 99 p. 100 du cobalt que nous absorbons proviendrait de la nourriture, plutôt que de l'eau ou l'air ).