Il y a 25 millions d’années, les hominoïdes…

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Dans quel environnement ont évolué les hominoïdes, les lointains ancêtres de l'homme, il y a 25 millions d'années ? Pour répondre à cette délicate question, une équipe française est partie fin novembre au Kenya, dans la région de Lokhone Hill, sur la trace de sédiments riches en fossiles.

C’est un bloc de grès, conservé précieusement aux National Museums of Kenya (NMK) de Nairobi. Il a été rapporté là vers 1995 par Meave Leakey, une représentante de la célèbre famille de paléontologues installée de longue date dans le pays. Il y a un an environ, Stéphane Ducrocq, du Laboratoire de géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine (1), et Fabrice Lihoreau, de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Isem) (2), se sont rendus sur place pour l’étudier. Le sédiment, dont l’âge a été estimé à 25 millions d’années, renferme une foule de fossiles, tous plus étonnants les uns que les autres : des mandibules, dents et os, ayant appartenu à des rongeurs, éléphants, crocodiles et anthracothères – des ongulés aujourd’hui disparus.

Leur face à face avec ce trésor archéologique a été déterminant : il leur fallait retourner là où ce bloc avait été prélevé. Chose faite un an après : car voilà Fabrice Lihoreau et Stéphane Ducrocq, accompagnés de Jean-Jacques Tiercelin, du laboratoire « Géosciences Rennes » (2), actuellement en mission à 50 kilomètres à l’ouest du lac Turkana, près de la petite ville de Lokichar, pour y prélever plusieurs centaines de kilogrammes de sédiments. Leur espoir ? Y dénicher de précieux indices pour reconstituer l’environnement – faune, flore et climat – d’il y a environ 25 millions d’années. Une époque-clé pour mieux comprendre les conditions d’apparition des hominoïdes, ce groupe de primates auquel les grands singes et les hominidés – hommes fossiles et homme actuel – appartiennent et dont on trouve les premières traces à -22 millions d’années.

« L’environnement de cette région d’Afrique de l’Est pendant l’Oligocène supérieur, c’est-à-dire entre -28 et -23 millions d’années, est totalement inconnu », précise Stéphane Ducrocq. Les raisons ? D’une part, les sédiments datant de cette époque sont rares, ce qui rend les fossiles particulièrement recherchés, d’autre part, les paléontologues ont un peu délaissé cette petite fenêtre temporelle qui s’étend autour de -25 millions d’années. « Les premiers hominoïdes seraient apparus il y a 22 millions d’années, et les recherches qui s’intéressent à l’origine de l’homme étudient plutôt des périodes postérieures… tandis que les travaux, plus rares, qui tentent de reconstituer l’histoire évolutive des premiers primates et de leurs environnements s’intéressent aux époques antérieures à 28 millions d’années », précise le chercheur. Ce qui explique que pendant plus d’une décennie le bloc de grès du musée de Nairobi ait été délaissé par les scientifiques.

Nos chercheurs, qui reprennent les choses en mains, pourront aussi compter sur des sondages effectués au préalable par des compagnies pétrolières dans des nappes d’hydrocarbures. Les travaux sur la structure géologique de ces terrains ont révélé qu’entre -40 millions d’années et -15 millions d’années s’étendait un vaste lac profond à l’emplacement de l’actuel lac Turkana. Or, les sédiments déposés au fond à cette période renferment des pollens de végétaux qui livrent des indices sur le climat de l’époque : autrefois, en toute vraisemblance, s’étendait là une forêt tropicale humide… Elle a aujourd’hui laissé place à une steppe aride. Cette forêt aujourd’hui disparue a dû jouer un rôle important dans l’apparition des hominoïdes. Elle a probablement abrité aussi un cortège de mammifères, petits et gros, pendant tout l’Oligocène (4) et jusqu’au début du Miocène, il y a environ 23 millions d’années. Une période marquée au niveau du continent africain par un bouleversement de la faune, juste à la veille de l’apparition de l’hominoïde…

À cette époque en effet, des mouvements tectoniques à la surface de la planète, ainsi que des retraits de la mer, établissent des ponts de terre entre l’Afrique et l’Eurasie et ce, pendant plusieurs siècles. Les espèces endémiques, originaires de la région, comme les éléphants, ou les damans, petits mammifères ongulés vivant aujourd’hui encore en Afrique, se sont ainsi mêlés à des groupes venus d’Asie : girafes, rhinocéros ou zèbres. Et nos chercheurs de s’intéresser plus précisément au mystère de l’apparition de l’hippopotame. « Il y a aujourd’hui deux hypothèses en concurrence : la plupart des paléontologues estiment qu’il descend de l’anthracothère. D’autres restent persuadés qu’il est lié au pécari, une sorte de petit cochon que l’on ne trouve aujourd’hui qu’en Amérique du Sud et centrale, mais dont des parents ont pu exister sur presque tous les continents », rappelle Stéphane Ducrocq. L’analyse isotopique du carbone et de l’oxygène de l’émail dentaire des mammifères de Lokhone pourrait aider à retrouver son véritable ancêtre. La faune au complet ainsi reconstituée permettra de planter le décor de la région près d’un million d’années avant l’arrivée des hominoïdes. Une étape préalable nécessaire à la reconstitution de notre propre histoire…

Notes :

  1. Laboratoire CNRS / Université de Poitiers.
  2. Institut CNRS / Université Montpellier-II.
  3. Laboratoire CNRS / Université Rennes-I.
  4. De – 34 millions d'années à – 23 millions d'années.
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macland

Curieusement, cet article ne fait pas état, hormis la dérive des continents, d’un passage possible des espèces entre ces continents à l’époque glaciaire pendant laquelle une grande partie de la terre était recouverte de glaciers facilitant les déplacements des espèces !?!?.. :_grat2:

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Troodon

C'est sans doute parce que ce passage s'est poduit beaucoup de temps après, à l'Holocène... juste après l'union des Amériques (3 millions d'années pr l'emergence de l'isthme de panama, moins de 1 million d'années pr les ages glaciaires).... La on est a l'oligocène, presque miocène....

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Al Tarf

À cette époque en effet, des mouvements tectoniques à la surface de la planète, ainsi que des retraits de la mer, établissent des ponts de terre entre l’Afrique et l’Eurasie et ce, pendant plusieurs siècles. Les espèces endémiques, originaires de la région, comme les éléphants, ou les damans, petits mammifères ongulés vivant aujourd’hui encore en Afrique, se sont ainsi mêlés à des groupes venus d’Asie : girafes, rhinocéros ou zèbres.

Il y avait donc moyen de passer dès cette époque là ???

Al Tarf

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Troodon

La tectonique de plaques et le changement climatique façonnent la suface de la terre. c'est une théorie aujourdhui acceptée par presque tous les spécialistes. On peut savoir en vérifiant la géographie actuelle et les donnés de paléomagnetisme que l'amérique du sud et l'afrique étaient unies... On peut essayer de dater leur séparation (vers 100 ma). Du même on sait que l'afrique et l'europe se sont connecté définitivement a l'oligocène ou miocène... mais certains corridors présents à l'epoque ne le sont plus aujourdhui (je parle par exemple du corridor hispanique qui reliait l'afrique à l'espagne)... il est plus difficile si on essaye d'examiner la durée de vie des mers epicontinentales (qui ont pu fermer des connexions aujourdhui existantes)... alors comment savoir d'ou et ou sont apparus les taxons...
La biogéographie et la systématique parfois peuvent resoudre ces problèmes . On croit par exemple que les éléphants sont apparus en afrique avant de se repandre partout dans le monde (il y avait des mastodons en amérique du sud!!).. du même on suppose que les chevaux se sont développé dans le nord (on est pas sur si en am du nord ou en eurasie).... mais pour les primates c autre chose.... et pour les hominidés...; bah bon courage les chercheurs.....