La variabilité de la réponse immunitaire expliquée par l’évolution des mouflons

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Une étude publiée dans Science du 29 octobre 2010 et menée par des chercheurs de l’Université de Princeton a permis de comprendre un peu mieux pourquoi certains individus tombent plus facilement malades que d’autres lorsqu’ils sont exposés à la même maladie. Le suivi durant 11 ans de mouflons sur l’île de Hirta isolée au large de l’Ecosse a permis aux scientifiques d’évaluer leur capacité de reproduction et de survie ainsi que l’état de leur système immunitaire.

Les résultats de cette étude révèlent que la population de mouflons a réussi à maintenir au cours du temps une balance entre ceux ayant les plus faibles et ceux avec les plus forts niveaux d’immunité et de fertilité. Pour cela les chercheurs ont mesuré dans le sang des animaux le taux d’anticorps et de molécules naturelles produites par le système immunitaire pour lutter contre certaines infections, telles que celles liées au virus Influenza (respiratoire) ou à des vers parasites. Les mouflons ayant le plus fort taux d’anticorps vivent le plus longtemps et ont de plus grandes capacités à survivre aux hivers les plus rudes. En revanche, ces derniers ont moins de descendants chaque automne par rapport aux autres mouflons. Les résultats montrent que les animaux avec les plus bas taux d’anticorps ont tendance à mourir plus tôt mais ont aussi plus de petits chaque année.

En terme de reproduction et d’évolution, les 2 groupes de mouflons élèvent environ le même nombre de petits au cours de leurs vies respectives. Bien que l’immunité des mouflons soit différente entre les deux groupes, le succès évolutif semble le même et explique pourquoi les variations de cette immunité ont été conservées parmi les différents groupes d’individus au cours du temps. Une telle balance pourrait également contribuer à mieux comprendre pourquoi les vaccins protègent mieux certaines personnes que d’autres.

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cisou9

les plus bas taux d’anticorps ont tendance à mourir plus tôt mais ont aussi plus de petits chaque année.

Évidement plus de petits donc ils sont épuisés :porte:

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StarDreamer

Il est déjà dehors ! :lol:

Plus sérieusement, cela me rappelle des théories darwiniennes qui pensaient que la mortalité pourrait être une question de sélection naturelle, pour mettre en avant l'obligation de procréer rapidement car la vie est alors courte.
C'est peut-être tiré par les cheveux, mais cela pourrait expliquer pourquoi les lignées à espérance de vie plus faible ont plus de progéniture par rapport au nombre d'années de vie.

Une autre approche, plus rationnelle peut-être, consiste à faire de la sélection naturelle pure et dure : ainsi, une lignée à espérance de vie courte a moins de chance de se reproduire face à une lignée à espérance longue. Pour rester en compétition, les individus de la lignée courte sont sélectionnés parmi ceux ayant le plus de descendance, ce qui contrecarre l'espérance de vie plus limitée.
A contrario, l'espérance de vie longue n'a pas d'impact sur la progéniture. Au contraire, et comme le dit finalement Cisou dans sa boutade, procréer épuise plus que ne pas le faire. Ainsi, dans les lignées à espérance longue, les individus ayant le moins de procréation sont sélectionnés, car plus résistants dans cette catégorie de compétiteurs (à l'extrême, ceux qui n'ont aucune progéniture du tout, vivent peut-être plus vieux, mais sont éliminés à la mort ... :D ).

On se retrouve alors avec 2 stratégies de reproduction différentes, compétitives, mais qui subsistent ensemble.
Sacré Darwin, quand même !

Au fait, c'était quoi le sujet de l'article ? :rD