🔥 Le LHC a recréé la matière 'frontière' du Big Bang

Les collisions de noyaux légers réalisées au Grand collisionneur de hadrons livrent de nouveaux indices d’un état extrême de la matière. Les expériences ALICE, ATLAS, CMS et LHCb ont toutes observé des phénomènes compatibles avec la formation d’un plasma de quarks et de gluons.

Ce plasma aurait rempli l’Univers durant ses premières microsecondes. À des températures dépassant 100 000 fois celle du centre du Soleil, les protons et neutrons perdent leur structure habituelle. Leurs quarks et les gluons qui les relient peuvent alors circuler dans une matière très chaude et très dense.

Les chercheurs produisent habituellement cet état en faisant entrer en collision des noyaux lourds, comme ceux du plomb. En 2025, le LHC a aussi percuté des noyaux d’oxygène et de néon. Leur petite taille permet d’étudier les conditions minimales nécessaires à l’apparition de ce plasma.

Chaque expérience a recherché une signature différente. ALICE, ATLAS et CMS ont notamment mesuré la manière dont les particules se répartissent après la collision. Des orientations collectives apparaissent dans les données, comme si la matière créée se comportait brièvement comme un fluide en expansion.

CMS a également observé une diminution des particules très énergétiques par rapport aux attentes établies avec des collisions proton-proton. Ce phénomène peut apparaître lorsque des quarks ou des gluons traversent un milieu dense et y perdent une partie de leur énergie.

Représentation artistique de la formation du plasma de quarks et de gluons.

Représentation artistique de la formation du plasma de quarks et de gluons.
Image : CERN

Ces collisions légères occupent une zone intermédiaire entre les collisions de protons et celles d’ions lourds. Elles peuvent aider à déterminer à partir de quelle taille un ensemble de particules adopte un comportement collectif. Cette frontière reste l’une des questions ouvertes de la physique nucléaire aux très hautes énergies.

Les équipes doivent maintenant comparer plus finement les données de l’oxygène et du néon aux modèles hydrodynamiques.

GI
GigiZ

Ce qui m'intrigue surtout, c'est de savoir jusqu'où on peut réduire la taille des noyaux avant que ce comportement collectif disparaisse vraiment.

MI
mimipartie

J’avais visité le CERN il y a quelques années et j’avais surtout retenu la taille des installations. Quand je lis qu’ils cherchent maintenant à savoir jusqu’où réduire la taille des noyaux, ça remet vraiment les échelles en perspective.

KR
Krokus42

On cherche la frontière depuis des années et à chaque fois elle recule. À force, même avec deux protons on finira par nous dire qu'on a presque un fluide...

GI
GigiZ

Krokus42, justement, le point intéressant est de voir si plusieurs signes vont dans le même sens avec des noyaux plus petits. Un seul effet pourrait prêter à discussion, mais ici plusieurs expériences regardent des choses différentes.

MO
Moka17

Ce qui serait intéressant, c'est de comparer directement oxygène et néon : est-ce qu'on voit déjà une différence nette dans la perte d'énergie des particules très énergétiques ?

KR
Kroco_8

Pour l'instant je vois surtout des indices qui vont dans le même sens. J'attendrais quand même de voir si les modèles arrivent à reproduire tout ça avec oxygène et néon.

KR
Krokus42

GigiZ, plusieurs signes qui vont dans le même sens, d'accord. Mais « compatibles avec » reste quand même très loin de « on l'a recréé ». Le titre va plus vite que les résultats.