L'opposition entre matière et esprit est évidente. L'une est solide, rigide, tangible et immobile de même que limitée, alors que l'esprit est évanescent, créateur, dynamique et, principalement sensitif.
Pour les théologiens le fait de mélanger esprit et matière faisait partie du plan de Dieu. L'homme est ainsi à la frontière entre le monde créé qui comporte les trois premiers règnes (minéral, végétal et animal) et le monde créateur. Or, de cette situation l'homme sur cette terre se voit attribuer une tâche, comme le reconnaît l'église chrétienne, à savoir élever la matière, créer un lien entre le monde créé et le monde créateur, ceci afin que la Vie puisse circuler librement dans toute la création. Cette théorie est une théorie comme une autre et bien que globalement acceptée, notamment depuis les écrits de Teilhard de Chardin, elle continue de diviser l'église catholique.
Teilhard de Chardin qui connut un regain de popularité après sa mort, et dont l'avènement d'internet augmente la crédibilité, affirmait que nos pensées sont des énergies vivantes, des énergies psychiques qui imprègnent le milieu ambiant. Cette théorie expliquerait notamment les phénomènes de télépathie ainsi que l'affirmation selon laquelle les lieux possèderaient une mémoire, et qu'ainsi on trouve des lieux dits "maudits" de même que des lieux dits lieux saints. Teilhard qui inventa le principe de noosphère, sorte de milieu d'énergies psychiques qui envelopperait la terre, affirme ainsi que selon la nature des pensées humaines bonnes ou mauvaises, ces dernières imprégnant le milieu ambiant, seraient, entre autres, capables de dégénérer les organismes de vie, viendraient alors les maladies. Cette thèse rejoint en fait la parabole du jardin d'Eden dont Adam et Eve furent chassés par leur péché.
Tout cela pour en arriver à cette conclusion que, selon l'avis de l'église chrétienne ainsi que de nombreux théologiens, la matière n'est rien d'autre qu'une pâte à modeler pour l'esprit, pour l'être humain, et que nous avons la création à notre charge. La matière, au sens propre comme au sens figuré, est notre poids à porter.