💥 Observation d'un comportement étonnant des rayons cosmiques les plus énergétiques

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La collaboration Auger, qui exploite un observatoire de rayons cosmiques de 3000 km2 dans les Andes argentines, annonce l'observation d'une structure inattendue dans le spectre des rayons cosmiques d'ultra haute énergie, au-delà de 1018 électronvolts.

Cette brisure dénommée "cou-de-pied" ou "instep" suggère que la fréquence des rayons cosmiques diminue fortement au-delà de 10 exaélectronvolts (EeV). En outre, la collaboration observe que les inflexions du spectre se retrouvent à l'identique dans toutes les directions, ce qui impliquerait qu'ils soient émis par les mêmes sources extragalactiques partout dans l'Univers.

Vue d'artiste d'une pluie de particules engendrée par des rayons cosmiques, au-dessus de la plaine argentine où son installés les capteurs de l'Observatoire Pierre-Auger.
A. CHANTELAUZE, S. STAFFI, L. BRET

Cela fait plus de 20 ans que la collaboration Auger, à laquelle participent plusieurs groupes de CNRS Nucléaire & Particules, mène l'enquête sur les rayons cosmiques, ces particules venues de l'espace qui bombardent en permanence notre atmosphère. Plus de 20 ans que le réseau de détecteurs Tcherenkov étendu sur 3000 km2 capte les rayons cosmiques d'ultra-haute énergie (UHECR), dans le but de comprendre un jour d'où viennent ces messagers cosmiques et quels béhémoths célestes nous les envoient.

L'étude publiée le 9 décembre dans la revue Physical Review Letters par la collaboration, sans encore lever le mystère sur la source des UHECR, constitue une étape importante vers la compréhension de ce phénomène en caractérisant plus précisément leur fréquence et leur distribution.

Les UHECR sont constitués de particules de matière, tels que des protons ou des noyaux atomiques accélérés à des énergies à faire saliver le LHC du CERN. Leur course folle à travers le cosmos se termine lorsqu'ils produisent une gerbe de particules au contact de l'atmosphère terrestre.

Quand une de ces gerbes se déploie dans le ciel nocturne des Andes argentines, une portion de ces particules, des muons, des électrons et des photons, va être captée par les centaines de cuves de détection et les quatre télescopes Tcherenkov de la collaboration Auger. De l'analyse de ces gerbes, les physiciens et physiciennes vont remonter à des informations cruciales, telles que l'énergie et la direction des UHECR. Le résultat publié dans Physical Review Letters se base sur une compilation de 20 ans de ces données patiemment collectées par la collaboration.

Il confirme l'existence d'un phénomène baptisé "l'instep" ou "coup de pied" en français dans le spectre des UHECR, c'est-à-dire la courbe qui décrit la fréquence des événements en fonction de leur énergie. De précédentes études avaient déjà laissé entrevoir l'existence de cette brisure située entre deux brisures connues de longue date - la cheville (ankle) et l'orteil (toe) - son existence dans le spectre des UHECR ne fait désormais plus de doute. Ce "cou-de-pied" reflète une diminution marquée de la fréquence des UHECR au-delà de 10 exaélectronvolts, énergie au niveau de laquelle la majorité du flux de rayons cosmiques serait constituée de noyaux plus lourds que l'hydrogène.

Mais la nouvelle analyse du collectif Auger ne se contente pas de confirmer l'existence de cette structure. Jusque-là, seules les particules arrivant avec un angle zénithal inférieur à 60° étaient considérées, car la reconstruction du signal devient plus complexe lorsque l'arrivée est rasante, en raison des effets du champ magnétique terrestre, qui modifie la trajectoire des particules chargées. Cette fois, grâce à l'élaboration de calques permettant de reconstruire les événements en tenant compte de l'influence du champ magnétique, l'équipe a étendu son étude jusqu'à 80°, permettant de couvrir environ 75 % de l'ensemble du ciel. Cette augmentation massive de la zone observée offre un panorama beaucoup plus complet et statistiquement robuste.

Or, le résultat est clair: l'instep découvert par la collaboration apparaît partout, quelle que soit la région du ciel observée. Ce caractère uniforme suggère fortement que cette structure ne provient pas d'une source isolée ou d'un phénomène local, mais plutôt d'un ensemble de nombreux accélérateurs cosmiques extragalactiques, fonctionnant selon des processus physiques similaires. Autrement dit, les particules les plus énergétiques qui atteignent notre atmosphère semblent être produites dans divers objets situés bien au-delà de la Voie lactée, probablement dans des environnements astrophysiques extrêmes.

L'homogénéité identifiée par Auger représente une nouvelle contrainte précieuse pour les modèles théoriques qui cherchent à expliquer comment ces particules peuvent être accélérées à de telles énergies. Des efforts théoriques qui pourront bientôt bénéficier du flot de données d'un observatoire aux performances améliorées par AugerPrime, qui sera exploitable très prochainement.

MO
moijdikcékool

ce qui a de vraiment étonnant :haaa: , c'est qu'on observe ni des signaux dans des directions précises :non: , ni un manque de signal dans des directions précises :non: (lorsque par exemple des galaxies, des nuages de gaz ou de poussières absorbent le rayonnement). S'il provient de partout, c'est qu'il provient des environs directs de la voie lactée ou qu'il provient de très loin et la 'matière uniforme de l'univers' le bloque et on n'observe que des reliquats de ces particules lointaines, encore plus puissantes, expliquant de fait le pied '(instep'). Le problème c'est que, donc, il existerait donc des particules encore plus puissantes :cry: et la théorie dit que lorsqu'elles sont très puissantes, elles ne peuvent pas venir de très loin, on parle alors de l'interaction du vide, ou d'interaction avec les photon du (ou des) CMB :vieu:
Sinon, puisque le modèle actuel semble dans l'impasse :pleure: , ça fait du coup penser :idee: à la création de particules dans le cadre du modèle de l'univers stationnaire. Perso :prof: , je suis plutôt partisan d'un modèle stationnaire où les nouvelles particules proviennent de l'horizon cosmologique (en s'étendant dans le temps à la vitesse de la lumière, il englobe :rideau: les masses environnantes à notre univers observable à l'instant t, qui gonfle ainsi continuellement :boulet: dans l'univers à priori infini :roi2: ) avec une énergie effectivement folle (en gros "2200 plus forte qu'aujourd'hui" :haaa: , peut-être même à élever au carré :haaa:² ou au cube :haaa: 3^, en première approximation hein), mais est-ce que ça suffit :fada: ? En tout cas, il s'agirait alors de particules qui arriverait à passer entre les gouttes dès le départ :larme: , et ce genre d'hypothèse ne peut être fait par le modèle expansionniste car jusqu'à la période du CMB, l'univers y était dense :mur: et n'y a aucune chance qu'une particule énergétique nous soit parvenue jusqu'ici :dead: . Avec un modèle stationnaire, c'est envisageable :roi: