🌌 La rotation des galaxies garde une trace des conditions juste aprùs le Big Bang

La façon dont certaines galaxies tournent aujourd’hui semble encore porter la marque des conditions qui rĂ©gnaient peu aprĂšs le Big Bang. Une Ă©quipe internationale a dĂ©tectĂ© cette empreinte dans l’orientation du gaz de galaxies elliptiques massives proches, avec un signal statistique significatif. Cette mesure apporte un test direct d’une idĂ©e formulĂ©e depuis plusieurs dĂ©cennies sur l’origine de la rotation galactique.

Pour comprendre ce rĂ©sultat, il faut remonter Ă  la naissance des galaxies. Avant leur formation, la matiĂšre n’était pas rĂ©partie uniformĂ©ment dans l’Univers. Les diffĂ©rences de densitĂ© produisaient des forces gravitationnelles inĂ©gales, appelĂ©es forces de marĂ©e. Selon la thĂ©orie du couple de marĂ©e, ces forces ont donnĂ© un mouvement de rotation aux futures galaxies avant mĂȘme qu’elles ne prennent leur forme actuelle.

Les rotations galactiques portent l’empreinte de l’Univers primordial.

Les rotations galactiques portent l’empreinte de l’Univers primordial.

Le problĂšme est que des milliards d’annĂ©es d’évolution ont ensuite brouillĂ© ce signal initial. Les galaxies ont fusionnĂ©, attirĂ© du gaz et interagi avec leur environnement. On pouvait donc se demander si leur orientation actuelle conservait encore une information mesurable sur ces conditions trĂšs anciennes.

Les auteurs ont comparĂ© des observations de galaxies proches avec une reconstruction de la distribution initiale de matiĂšre dans cette mĂȘme rĂ©gion de l’Univers. Cette reconstruction, issue du projet ELUCID, permet d’estimer le champ gravitationnel primordial ayant agi sur les structures qui allaient devenir les galaxies observĂ©es aujourd’hui.

Le signal le plus net apparaĂźt dans le gaz de galaxies elliptiques centrales et massives. Leur axe de rotation prĂ©sente une corrĂ©lation directionnelle avec celui prĂ©dit Ă  partir du champ primordial avec une signification d’environ 7 sigma, ce qui signifie que la probabilitĂ© d’obtenir un tel accord par une fluctuation statistique alĂ©atoire est extrĂȘmement faible selon le modĂšle utilisĂ©.

Toutes les galaxies ne montrent pas le mĂȘme niveau de corrĂ©lation. L’analyse principale porte notamment sur 781 galaxies elliptiques et 815 galaxies spirales disposant de mesures fiables de la rotation du gaz. Les spirales donnent un signal moins marquĂ©, en partie parce qu’une plus grande fraction appartient Ă  des halos de masse oĂč la reconstruction devient moins prĂ©cise.

Autrement dit, l’information initiale n’a pas totalement disparu malgrĂ© l’évolution cosmique. Cette persistance renforce la thĂ©orie du couple de marĂ©e, qui relie directement la rotation des galaxies aux irrĂ©gularitĂ©s gravitationnelles prĂ©sentes dans l’Univers jeune. Elle transforme aussi l’orientation des galaxies en une nouvelle donnĂ©e exploitable pour tester certains modĂšles cosmologiques.

Les auteurs envisagent notamment d’utiliser ces corrĂ©lations pour contraindre des paramĂštres comme la masse des neutrinos. Cette piste demande encore des Ă©chantillons plus vastes et des reconstructions plus prĂ©cises. Les donnĂ©es et plusieurs codes employĂ©s dans l’étude ont Ă©tĂ© rendus publics, ce qui permet dĂ©sormais de reproduire les mesures et de tester la mĂ©thode sur d’autres relevĂ©s.

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moijdikcékool

"Leur axe de rotation prĂ©sente une corrĂ©lation directionnelle avec celui prĂ©dit Ă  partir du champ primordial avec une signification d’environ 7 sigma
Toutes les galaxies ne montrent pas le mĂȘme niveau de corrĂ©lation. L’analyse principale porte notamment sur 781 galaxies elliptiques et 815 galaxies spirales"
un signal à 7sigma avec un échantillon d'un petit millier de galaxies?! Et on sait mesurer correctement la rotation d'une galaxie elliptique?!

MO
Moka17

Ce qui me surprend surtout, c’est que la trace ait survĂ©cu aux fusions et aux Ă©changes de gaz pendant des milliards d’annĂ©es. J’aimerais bien voir si le signal reste aussi net avec un Ă©chantillon beaucoup plus grand.

VI
vieuxcrabe

Quand j’étais jeune, on parlait dĂ©jĂ  du Big Bang comme d’un passĂ© qu’on ne pourrait jamais vraiment retrouver. C’est assez drĂŽle de voir qu’on finit par chercher ses traces dans le sens de rotation des galaxies.

MA
Mamazone

moijdikcĂ©kool, si j’ai bien compris, ils mesurent surtout la rotation du gaz dans ces galaxies, pas celle des Ă©toiles. Le 7 sigma porte sur la corrĂ©lation avec la direction prĂ©vue, donc le nombre de galaxies n’est pas le seul Ă©lĂ©ment qui compte.