En France, les gagnants se voient décerner un prix Orwell. Un prix Voltaire est également décerné à une personne ou une organisation qui s'est illustrée dans la défense de la vie privée. Les cérémonies ont été diffusées pendant plusieurs années sur Teleplaisance.org, puis, depuis 2009, en streaming sur internet par l'association Regarde à vue.
2009
Palmarès 2009 des Big Brother Awards France sur bigbrotherawards.eu.org, 06 Avril 2009, Big Brother Awards
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Orwell Ensemble de son Œuvre : Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa "novlangue" avec sa promotion de la vidéosurveillance ("vidéoprotection"), ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un "ennemi intérieur".
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Mention spéciale :
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Frédéric Lefebvre, député et porte parole de l’UMP, pour son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses;
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Le "Zélateur" anonyme, pour avoir confondu sa fonction d’agent de l’Etat ou de services publics avec celle d’auxiliaire de police, dénonçant des personnes sur simples suspicions, trahissant leur secret professionnel et mettant en danger de la vie d’autrui.
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Orwell État & Élus : Le fichier RNCPS et le ministère du Budget, sous couvert de lutte contre la fraude aux prestations sociales, Eric Woerth veut créer un fichier central qui remet au goût du jour le funeste "projet Safari" des années 70, menant à l’interconnexion massive des bases de données avec le NIR comme identifiant unique.
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Orwell Entreprise : La Mutualité française, pour avoir milité avec ardeur, aux côtés des assureurs privés de la FFSA, afin d’accéder à certaines données médicales détenues par la sécurité sociale. Leur lobbying forcené a porté ses fruits en 2008.
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Orwell Localités : Bertrand Delanoë et Christophe Caresche, mairie de Paris, pour avoir finalement succombé aux sirènes de la vidéosurveillance. Cette forme de surenchère avec le gouvernement pour s’acheter une moralité sécuritaire, laisse totalement de côté la question de son inefficacité et minimise les atteintes aux libertés.
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Orwell Novlang :
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Projet européen Humabio, ce projet de biométrie "multimodale" présente comme une "liberté" le fait d’utiliser des techniques d’identification basées sur le comportement (comme la démarche), alors que cela aura pour conséquences de pouvoir identifier une personne à son insu;
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La Caisse nationale d’allocations familiales et sa méthode IGGACE, pour avoir utilisé, pour former ses agents à la détection de la fraude, une "méthode" issue de recherches policières, qui utilise l’« intelligence sémantique » pour débusquer « bien plus que le mensonge », à savoir « l’intentionnalité » du mensonge...
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Prix Voltaire :
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Mireille et Monique, bénévoles à Calais, Mireille est une mère de 11 enfants qui héberge des jeunes migrants chez elle au risque d’être poursuivie, et Monique a été interpelée pour avoir apporté une aide matérielle régulière aux sans papiers ;
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Collectif Non à l’éducation biométrique de l’Hérault, pour s’opposer, avec un certain succès, à la prolifération des systèmes biométriques à l’école et avoir dénoncé les arguments déployés par les industriels pour conditionner les jeunes générations ;
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L’appel des directeurs d’école contre Base-élèves, en six mois plus de 180 enseignants et directeurs d’école primaires ou maternelles ont signé un appel à la désobéissance pour s’opposer au fichage précoce des enfants ;
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Collectif Non à EDVIGE, pour être parvenu à mobiliser syndicats, citoyens et organisations de défense des droits de l’homme, récolté plus de 200 000 signatures contre le fichier Edvige, ce qui a poussé le gouvernement à reporter ses projets.
2007
Référence :
- Orwell État & élus :
- Le Conseil constitutionnel pour avoir validé le principe de la « rétention de sûreté », il est accusé de ne pas avoir joué son rôle de garant des institutions et de l’État de droit ;
- Orwell Mention Spéciale : Philip Gorwood, chercheur à l'INSERM, pour avoir, dans le cadre d'une étude visant à déterminer si les gènes peuvent prédire le comportement, « usé de méthodes douteuses afin d'inciter des lycéens à livrer leur ADN et ainsi collecter des informations privées sur leurs parents » ;
- Brice Hortefeux, ministre de l’immigration et de l’identité nationale ;
- Orwell Entreprise :
- Les drones ELSA et Quadri-France (des entreprises Sirehna et Taser), accusés de « banaliser l'utilisation de matériel de conception militaire, à des fins de contrôle et de surveillance furtive des populations civiles » ;
- Le lobbying de l’industrie des technologies médicales (Lessis, Snitem et Getics) pour le déploiement du Dossier médical personnel ;
- Denis Olivennes, PDG de la Fnac, accusé de promouvoir la surveillance des internautes ;
- Orwell Localités :
Claude Journès, président de l’université Lyon-II et professeur de sciences politiques spécialisé dans l’« analyse comparée des politiques policières », pour avoir dans « son » université une entreprise privée qui met au point des produits de surveillance, sous couvert de « valorisation de la recherche publique », les étudiants en seraient les premiers cobayes ;
L’émission Envoyé Spécial sur France 2 dont les équipes ont réalisé un reportage au sein de la police d'immigration de Brice Hortefeux. Privacy International juge que les journalistes ont « perdu leur sens du discernement face à des situations "autorisées", tendant à banaliser les procédures d'expulsion » ;
- Orwell Ensemble de son œuvre :
Google Inc., pour la collecte de donnée personnelle à large échelle, l'association relève aussi leur refus de se soumettre à la règlementation européenne, et les accuse de filtrer les moteurs de recherche, de censurer politiquement les résultats, et de sélectionner de façon subjective les sources d'actualité ;
- Voltaire de la vigilance :
Le collectif Refus ADN, collectif qui regroupe des personnes qui refusent de se soumettre au prélèvement génétique. Le collectif a été récompensé « pour son travail de résistance et d'information face aux prélèvements arbitraires d'ADN dans des affaires de droit commun ».
2006
- Orwell État : Jacques Lebrot, sous-préfet de Seine-St-Denis, pour le licenciement de 3 500 salariés travaillant dans les zones sensibles de l’aéroport de Roissy parce qu'ils pouvaient présenter un risque pour la sûreté aéroportuaire.
- Orwell Entreprise : Sony pour son rootkit modifiant de façon assez profonde la configuration de Windows afin d'empêcher la copie de CD.
- Orwell Localités : Paul Anselin, maire de Ploërmel (Morbihan), pour avoir installé (ou prévu l'installation) de 50 caméras dans une commune de 9 100 habitants malgré une faible délinquance, et accessoirement avoir mis en place un numéro vert pour inciter à la délation et surveiller les militants associatifs.
- Orwell Novlangue : Frédéric Péchenard, directeur régional de la PJ, pour son encouragement à une inscription systématique au Fichier national automatisé des empreintes génétiques même des innocents au prétexte qu'ils pourront « être lavés de tout soupçon ».
- Orwell Ensemble de son œuvre : Pascal Clément, garde des Sceaux, "pour son acharnement à vouloir contrôler et enfermer, pour son déni de la vie et du droit à des soins médicaux décents, et pour son mépris des institutions et des droits de l’homme".
- Classé ex-æquo pour le prix Voltaire les directeurs d'école qui refusent le fichier base-élèves et Pierre Muller, webmaster de ordinateurs-de-vote.org.
Une mention spéciale a par ailleurs été accordée à Christophe Espern, animateur d’EUCD.info pour sa lutte contre les DRM et le projet de loi DADVSI.