L'église Saint-Jean-Baptiste est l'une des deux églises de la commune de Benquet, dans le département français des Landes. Elle est une étape sur la voie Limousine du chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Présentation
Église primitive
Au IX siècle, à l’époque carolingienne, une première église dédiée à saint Jean-Baptiste, et aujourd'hui disparue, est construite dans la partie orientale du cimetière actuel du quartier Saint-Jean.
En 1572, année du massacre de la Saint-Barthélemy, elle est ravagée et pillée par une bande armée du huguenot Montgomery, alors que la région est en proie aux guerres de religion depuis plusieurs années déjà, et le prêtre Jean Pescay est assassiné. L’église Saint-Médard de Mauco, également saccagée en 1569, devient annexe de Benquet.
En 1757, un collatéral (bas-côté) y est adjoint, utilisant des matériaux de récupération de l'église de Saint-Pé-d’Alis, désaffectée depuis quatre-vingts ans. Quelques années plus tard, les Benquétois se réunissent « au sous de la cloche » de l'église, le 9 mars 1789, pour préparer les États généraux.
Le curé de la paroisse d'alors, Pierre de Laborde, dessert cette église principale et ses succursales. En raison de la loi sur la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790, l’Église perd son indépendance financière et se trouve désorganisée, tandis que les clercs ayant prêté serment deviennent des « fonctionnaires publics ecclésiastiques ». Pierre de Laborde disparaît fin 1792. Devient-il clandestin en se cachant au « claous de la misse » (bois de la messe) ? Ou émigre-t-il en Espagne, à la Rhune ?
Pierre Tastet, séminariste de 25 ans, le remplace. En 1793, après l’exécution du roi Louis XVI, la déchristianisation est massive, et la situation des prêtres, réfractaires ou constitutionnels, devient très difficile. Pierre Tastet abdique ses fonctions religieuses. On le retrouve en Chalosse, où il fréquente à Lahosse l’ex-« proconsul » révolutionnaire Pierre-Arnaud Dartigoeyte, et à Baigts, l’abbé Barber dont il épouse la nièce, Garcy Pinaqui. Il éduquera lui-même leurs huit enfants tout en assumant la charge de notaire dans ce village.
À Benquet, le 11 juin 1801, la paroisse ne comprend plus que deux églises : Saint-Jean-Baptiste et l'église de Saint-Christau. Le desservant s’appelle Agnet Sentets. Il préside une assemblée des « principaux habitants et confrères » après la messe. Huit marguilliers sont nommés ou reconduits pour un an comme gestionnaires de deux fabriques et six confréries ou œuvres pieuses.
Église actuelle
En 1877 et 1878, des évêques successifs demandent que l'église Saint-Jean-Baptiste soit reconstruite. En 1879, Monseigneur Delannoy entre dans le village, escorté par 35 jeunes benquetois à cheval. « Sa grandeur recommande avec instance l’œuvre de la reconstruction de l’église principale ». On s’y résout vers 1885, et l'église actuelle sort de terre.
Le terrain est offert par Madame de Lonjon, née de Cornulier. Cette dernière met également des carrières de sable à disposition. Le conseil de fabrique lance une souscription de 35 000 francs. On fait appel aux plus aisés pour le financement des sculptures des chapiteaux. Leurs initiales y restent gravées. Le mobilier et l’ornementation coûtent 13 686 francs. Le tympan du portail est récupéré sur l’ancienne église. On renonce à édifier la flèche du clocher par manque de fonds. Le haut-relief de l’autel, inspiré de La Cène de Léonard de Vinci, est sculpté en 1887 par Jean-Éloi Ducom.
Le 10 avril 1888, Mgr Delannoy consacre cette nouvelle église dans une cérémonie spécifique à laquelle participent 25 ecclésiastiques et une foule très nombreuse. Une croix rouge gravée sur chaque pilier atteste de cet événement. Le 5 mars 1893 sont bénies trois cloches neuves formant l’accord parfait majeur, pesant respectivement 179, 309 et 616 kg et coûtant 4 520 francs, compte tenu de la refonte des trois cloches anciennes.
L'église est rattachée de nos jours au « relais paroissial » de Benquet, constitutif de la paroisse Saint-Martin-du-Marsan, créée le 8 septembre 1996, et qui regroupe sept villages.
Une petite église existait à Benquet dans l'actuel quartier de la Chine du nom de Saint-Pé-d'Alis. De nos jours, il n'en reste pratiquement plus aucune trace, mais une parcelle de terre cultivée porte encore le nom de Sent Pe, signifiant Saint Pierre en gascon.
Jusqu'en 1677, cette petite paroisse est desservie alternativement avec Saint-Jean-Baptiste. Mais cette année-là, il est décidé de la réunir à celle de Benquet. Les habitants sont en effet à moins de 2 km de l'église principale, par le chemin aujourd'hui disparu menant à Hourcariou.
Comme ils sont devenus peu nombreux, ils n'ont plus les moyens d'assumer la charge financière d'un édifice religieux en propre. Toutefois, il leur est toujours possible de choisir les sépultures dans le cimetière entourant l'église désaffectée. Le petit cimetière n'est finalement utilisé que pendant deux générations après l'arrêt du culte. On apprend en effet qu'il est entièrement abandonné un demi siècle plus tard. On relève qu'en 1750, il est devenu comme une petite forêt, couvert d'arbustes et de chênes de vingt ans.
À l'époque de l'arrêt du culte à Saint-Pé-d'Alis, il est à signaler que ses habitants appartenaient au même taillable (cellule fiscale de la taille, impôt levé sur les roturiers sous l'Ancien Régime) que ceux de Benquet et que la sortie de la messe à Saint-Jean-Baptiste deviendra l'occasion de discuter avec les fidèles du bourg de leurs préoccupations communes.
En 1757, des matériaux de l'ancienne église Saint-Pé-d’Alis sont récupérés pour la construction d'un collatéral adjoint à la première église Saint-Jean-Baptiste. Une statue de saint Pierre perpétue depuis 1894 le souvenir de la chapelle disparue.