On enregistre un électroencéphalogramme standard chez un patient éveillé, en position allongée, détendu ou en position assise. On peut alors étudier l'influence de l'ouverture des yeux par rapport aux yeux fermés, de périodes d'hyperpnée, de la stimulation lumineuse intermittente. Sur un tracé EEG, il est possible d'identifier des activités électriques cérébrales rythmiques. Ces rythmes cérébraux sont classés selon leur fréquence et permettent, par exemple, d'identifier ou de caractériser des états psychologiques en neurosciences fondamentales, ou pathologiques, en neurologie clinique.
Phénomènes visibles en EEG
On observe 5 phénomènes:
- le rythme alpha qui est fait d'ondes régulières de fréquence comprise entre 8 et 12 HZ et d'amplitude comprise entre 25 et 100 µV. Ce rythme est trouvé surtout dans les régions occipitales et un peu dans les zones antérieures.
- Puis, on trouve des rythmes bêta ou dits rapides qui auront une fréquence de 13 à 30 Hz mais d'amplitude réduite (de 5 à 15 µV), dans les régions fronto-rolandiques.
Et les trois paramètres modifiables:
- L'ouverture des yeux ne conserve que les rythmes rapides.
- L'hyperpnée est normalement peu active, mais, et surtout si elle est énergiquement exécutée, elle peut ralentir le tracé et faire apparaître des bouffées d'ondes lentes bilatérales à prédominance antérieure sans signification pathologique précise, notamment si elles sont symétriques.
- La stimulation lumineuse intermittente provoque sur les aires visuelles, occipitales, des réponses de même fréquence, avec parfois des rythmes harmoniques ou sous-harmoniques.
Analyse interprétative de l'EEG et principales indications en pratique
Les résultats d'un EEG, s'ils sont interprétés indépendamment du contexte clinique et des autres examens demandés, n'ont pas de valeur diagnostique intrinsèque. En effet, un tracé normal ne permet pas d'exclure la possibilité d'une épilepsie non-détectée. En ce qui concerne l'épilepsie les tracés électro-encéphalographiques mettent en évidence certaines figures graphiques tels que les pointes et les pointes ondes qui permettent de s'orienter vers un diagnostic d'épilepsie. L'EEG contribue aussi à apprécier le retentissement du traitement ou à mesurer les effets d'un réajustement thérapeutique.
L'épilepsie constitue sans aucun doute la pathologie la mieux et la plus étudiée par électroencéphalographie. Mais d'autres affections du système nerveux central peuvent nécessiter un électroencéphalogramme comme moyen d'investigation.
Outre l'épilepsie, l'EEG est indiqué dans :
- Le diagnostic d'un état de mort cérébrale (tracé nul)
- Les troubles de la conscience et de la vigilance (coma, confusion)
- Les troubles du sommeil
- Les encéphalites nécrosantes comme la méningoencéphalite herpétique
- La maladie de Creutzfeldt-Jakob
- Le suivi de l'enfant prématuré
L'EEG permet de mesurer l'activité cérébrale avec une grande précision temporelle, milliseconde par milliseconde. Elle renseigne donc sur d'éventuelles altérations fonctionnelles dans la dynamique de l'activié neuroélectrique (ralentissement, activité EEG pathologique, organisation "critique" de l'activité...).
Par contre, le potentiel électrique mesuré en EEG est très faible et très diffusé ce qui limite l'information spatiale fournie par l'examen EEG. Il est donc difficile de déterminer quelles sont les structures cérébrales d'où provient le signal EEG qu'il soit normal ou pathologique. Par conséquent, l'EEG est souvent utilisé conjointement avec d’autres techniques d'imagerie cérébrale (TEP, scanner, IRM).