Observation théorique
L'observation théorique d'un état de transition peut se faire par de nombreuses méthodes de chimie numérique, dans plusieurs théories. En effet, d'un point de vue théorique, un état de transition correspond, sur une surface d'énergie potentielle, à un point selle de premier ordre, et donc trouver un tel point revient à identifier un état de transition. Rappelons qu'un point selle de premier ordre correspond à un minimum dans toutes les dimensions d'énergie à l'exception d'une seule.
Les structures d'états de transition peuvent être recherchées par la plupart des méthodes en chimie quantique (DFT, MP2, ...). Cependant, leur localisation est parfois problématique, si l'on considère que la structure initiale doit être relativement proche de l'état de transition recherché. En effet, il est relativement difficile, numériquement parlant, de choisir le « bon » chemin réactionnel qui peut dépendre des algorithmes de minimisation de l'énergie choisis, du système physique choisi, etc. Parmi les méthodes pour localiser les états de transition, on peut trouver QST2 ou QST3 dans lesquelles les structures de départ sont déterminées à partir des géométries du substrat ou des produits. Il est parfois plus simple (tout spécialement pour les grands systèmes) de procéder à une optimisation par des méthodes quantiques semi-empiriques comme AM1 ou PM3, puis d'utiliser les géométries obtenues comme données de départ pour des méthodes plus performantes.
Observation expérimentale
En raison des règles de la mécanique quantique, un état de transition ne peut être « capturé » ou observé directement, car la population de cet état est nulle. Cependant, des techniques spectroscopiques utilisées de manière pertinentes peuvent conduire à proximité immédiate relativement aux échelles de temps sur lesquelles elles se déroulent. Ainsi, la spectroscopie infrarouge femtochimique a été développée précisément dans ce but, et il est possible d'identifier par cette méthode des structures relativement proches du point de transition. Cependant, des intermédiaires de réaction peuvent exister le long du chemin réactionnel, intermédiaires relativement proches (mais plus stables) en énergie d'un état de transition et qui peuvent donc gêner l'identification de ce dernier.