Junkers Ju 290

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Introduction

Junkers Ju 290
Bundesarchiv Bild 141-2472, Flugzeug Junkers Ju 290 A-7.jpg Vue de l'avion
Constructeur Junkers Flugzeug und Motorenwerke
RôleAvion de transport et patrouilleur maritime
Premier vol1939 (Ju 90)
Mise en service1942
Date de retraitannées 1950 (Espagne)
Nombre construit65
Motorisation
MoteurBMW 801D puis E
Nombre4
Type14 cylindres
Puissance unitaire1 700 puis 1 970 ch
Dimensions
Envergure42,00 m
Longueur28,64 m
Hauteur6,83 m
Surface alaire203,60 m²
Masses
À vide33 005 kg
Maximale45 000 à 50 500 kg
Performances
Vitesse maximale440 km/h
Plafond6 000 m
Rayon d'action5 950 à 8 500 km
Armement
Interne6 canons MG 151/20 de 20mm (Tourelles dorsales, de queue, ventrale et panneaux latéraux)

2 mitrailleuses MG 131 de 13mm (Tourelle ventrale)

Le Junkers Ju 290 est un avion de transport et patrouilleur maritime allemand en service pendant la Seconde Guerre mondiale.

Développement

C’est en 1942 que les premiers Ju 290 furent utilisés par la Luftwaffe. Il s’agissait de deux avions de pre-série Ju 290 A-0 obtenus à partir de Ju 90 (de) civils, et de cinq Ju 290 A-1 assemblés en tant que tel. Plusieurs de ces avions participèrent à la bataille de Stalingrad pendant l’hiver 1942-1943. Précisément, ils participèrent au pont aérien mis en place pour ravitailler la 6 armée de Paulus, alors encerclée dans la ville.

La production de série prit place dans l’usine Letov de Prague. Après la version A-1, une version A-2 de patrouille maritime emportait un radar. Des versions A-3, A-4, et A-5 ont suivi, elles se distinguent essentiellement par leur armement.

Soixante-cinq appareils furent produits.

Carrière opérationnelle

Vue de la rampe arrière

Lors de l’hiver 1941, l’armée allemande dut faire face à la première offensive d’hiver de l’Armée Rouge. Le ravitaillement des troupes, très avancées en Russie et par conséquent très loin de leurs bases arrières, ne pouvait se faire efficacement par routes et chemins de fer. Non seulement à cause du climat, mais aussi à cause des distances à parcourir. La Luftwaffe utilisa massivement sa flotte de transport pour venir en aide aux unités de la Wehrmacht, d’autant plus que certaines étaient encerclées par des unités russes, et bloquées dans des villes. En plus de ses avions de transport déjà en service, la Luftwaffe engagea donc des quadrimoteurs Junkers 90 civils, équipés d’armes de défense, et d’une rampe de chargement. À l’hiver 1942, ils furent photographiés lors du pont aérien de Stalingrad.

Par ailleurs, le besoin d’un patrouilleur maritime à long rayon d’action se faisait de plus en plus ressentir à l’Ouest pour lutter contre les convois Alliés de l’Atlantique. Le Ju 290 A-2 équipé du radar FuG 200 Hohentwiel, doté d’un rayon d’action de plus de 5000 km et d’une autonomie de 20 heures, vint donc épauler les FW 200 Condor. La dernière version produite, la A-5, différait des précédentes par la présence de réservoirs auto-obturants, et d’une meilleure protection de l’équipage. Elle pouvait également emporter les missiles anti-navires mis en service par la Luftwaffe, et employés notamment à partir des Heinkel He 177 Greif. Plusieurs appareils équipaient le Fernaufklärung-Gruppe 5 qui opérait dans l'Atlantique depuis la base française de Mont-de-Marsan

Missions spéciales au Japon

Trois Ju 290 équipés de réservoirs supplémentaires auraient fait un vol sans escale jusqu’en Mandchourie dans le cadre d’une mission d’échange technologique avec les Japonais. Ils revinrent chargés de métaux rares dont l’Allemagne avait besoin pour ses recherches militaires.

Trois Ju 290 A-7 furent assemblés. Leur soute était spécifiquement conçue pour pouvoir emporter une éventuelle bombe atomique. Ils étaient en fait destinés à l’armée de l’air japonaise car le Japon menait des recherches afin de construire une bombe atomique, et avait besoin d’un bombardier lourd à long rayon d’action pour pouvoir larguer une telle bombe sur les États-Unis. Au contraire, l’Allemagne nazie a stoppé ses recherches sur une arme nucléaire en 1943, elle n’avait donc pas besoin d’un tel appareil (voir projet Amerika Bomber (en) et Junkers Ju 390). Finalement, ces bombardiers n’ont pas pu être convoyés au Japon suite à la perte de la Bulgarie (pays de départ de ces vols pour des questions de rayon d’action) par l’Allemagne.

Un avion pour Hitler

Un Ju 290 A-9 fut enfin produit ; il était destiné à l’usage personnel d'Adolf Hitler. Équipé d’une cabine pressurisée et de 50 sièges, il vola dans la I/KG200 basée à Finsterwalde. Le 23 avril 1945, le capitaine Braun s’enfuit à Barcelone aux commandes de cet appareil. Il commandait le LTS 290, unité rassemblant les Ju 290 encore en service à ce stade de la guerre.