Sur le Mont Cargiago, bien avant la construction du Mont Sacré, il existait un petit oratoire dédié aux mystères de la Sainte Trinité. L’église, considérée comme le lieu d’évènements miraculeux, attirait déjà les pèlerins avant le XVI siècle. Un grand nombre de sentiers et chemins reliaient le lac au mont, qui était fréquenté en tant que lieu religieux de prière, mais aussi comme un lieu de rencontre, de repos, de foires et marchés populaires.
Vers la fin du XVII siècle on commença la réalisation du Mont Sacré autour de l’église. Celui-ci représentait certains épisodes de l’ancien et du Nouveau Testament, en s’inspirant du modèle déjà construit près de Varese. Jusqu’à présent les archives n’ont pas révélé les noms des auteurs et des promoteurs. Cependant il est certain que l’édification de la Trinité de Ghiffa se fit difficilement et le Mont Sacré resta inachevé, avec la construction de trois chapelles seulement. Il est étonnant de découvrir que sous la chapelle dédiée à St. Jean-Baptiste, il existait autrefois une citerne pour l’eau de pluie qui était reliée à la fontaine du sanctuaire; par la suite celle-ci devint une glacière utilisée par les bouchers du village. L’église originale fut agrandie avec la construction d’un édifice plus vaste avec une unique nef.
Malgré l’inachèvement du projet et le manque de documents historiques, on observe tout de même l’esquisse d’un plan d’urbanisme et la volonté de le porter à terme: en effet la chapelle d’Abraham est tournée vers le hameau de Ronco, ce qui signifie qu’un chemin aurait dû relier le village à l’oratoire de la Trinité. A la fin des années soixante l’ensemble de la Trinité se trouvait dans un état de dégradation avancé : le manque de disponibilités financières amena à substituer le toit de certaines chapelles avec d’autres en ardoise. La restauration globale du Mont Sacré a finalement pu être entreprise avec l’institution de la Réserve naturelle spéciale, avec l’intention de retrouver les anciennes topologies là où cela est possible.