Initialement, pour les premiers vols spatiaux habités (Gemini, Vostok), le sauvetage de l'équipage en cas d'explosion de la fusée, était confié à un siège éjectable. Ce dispositif était lourd (la surcharge est conservée tout au long du vol) et ne permettait pas d'écarter suffisamment les cosmonautes de la zone dangereuse lorsque la fusée utilisait des carburants hypergoliques.
Sur les vols spatiaux suivants, la tour de sauvetage, dont la conception est due à l'ingénieur de la NASA Maxime Faget, remplace le siège éjectable. Elle a été ou est installée pour de nombreux lancements de missions spatiales habitées tant russes qu'américaines : Mercury, Soyouz et ses variantes, Apollo, N1.
Pour toutes ces missions, la tour de sauvetage est constituée d'un long cylindre attaché au sommet de la capsule. Il comprend généralement deux ensembles de fusée à carburant solide répartis en couronnes : le premier ensemble est chargé d'arracher la capsule habitée à la fusée et de la propulser en altitude loin du corps de la fusée, le second ensemble permet de séparer la tour de sauvetage (et la coiffe qui lui est solidaire), une fois sa mission remplie, de la capsule qui peut alors déployer ses parachutes avant de retomber vers le sol. Des panneaux attachés à la coiffe complètent le dispositif et permettent de stabiliser la trajectoire de la capsule durant la phase propulsée. Si le lancement se passe sans incident, les fusées de la tour de sauvetage sont déclenchées pour la détacher de la capsule au bout d'un certain laps de temps (sur Apollo, cette opération est réalisée après l'allumage du second étage).
Le déclenchement de la tour de sauvetage peut être manuel ou automatique.