La molécule qui bloque la vue

Publié par Isabelle,
Source: Jean Hamann - Université LavalAutres langues:
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C'est la destruction de ces cellules ganglionnaires de la rétine qui entraîne la perte progressive de la vue chez les gens atteints de glaucome.
Une équipe internationale de chercheurs annonce avoir découvert une protéine qui joue un rôle clé dans l'évolution du glaucome, une maladie dégénérative qui conduit à la cécité. Des tests réalisés sur des souris montrent que le recours à un inhibiteur de cette protéine permet de freiner la dégénérescence des cellules de la rétine touchées par cette maladie, rapportent les chercheurs dans le numéro du 18 février des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Le glaucome est la deuxième cause de cécité dans le monde. Cette maladie touche plus de 2% de la population âgée de plus de 40 ans et 4% à 6% de la population âgée de plus de 60 ans. Elle est causée par la mort des cellules ganglionnaires qui, dans la rétine, reçoivent l'information captée par les cellules photoréceptrices et la transmettent au cerveau. Les thérapies actuelles contre le glaucome - chirurgie, laser, gouttes - visent à abaisser la pression à l'intérieur de l'oeil, mais elles ne stoppent pas automatiquement la mort des cellules ganglionnaires.

Lucie Germain et Caroline Simard-Bisson, du Laboratoire d'organogénèse expérimentale, ont participé à un projet piloté par la John-Hopkins University School of Medicine en vue de trouver des solutions qui s'attaqueraient au coeur du problème: la survie des cellules ganglionnaires. Les chercheurs ont ciblé un groupe de molécules appelées les protéines kinases que des études antérieures avaient lié à la mort cellulaire de neurones.

À l'aide de coARN interférents (siRNA) qui modulent l'expression de gènes donnés, ils ont testé 623 kinases de la souris afin de déterminer lesquelles interviennent dans la mort des cellules ganglionnaires. Au terme de l'exercice, la DLK (dual leucine zipper kinase) a été démasquée. "Lorsque des cellules ganglionnaires sont atteintes, leur taux de survie triple si la DLK est inhibée, précise Lucie Germain. À l'inverse, leur taux de mortalité augmente lorsqu'on surexprime la DLK."

Il existe une kinase similaire à la DLK chez l'humain, poursuit la professeure de la Faculté de médecine. "Elle intervient dans la différenciation terminale de la peau. Elle entraîne la mort cellulaire, ce qui permet de créer une barrière empêchant l'eau de sortir du corps et les bactéries d'y entrer. Nos travaux sur la fabrication de la peau in vitro nous ont conduits à étudier cette kinase. C'est en raison de cette expertise que les chercheurs de John-Hopkins ont fait appel à nous pour cette étude."

Le défi des chercheurs consiste maintenant à trouver une molécule qui peut inhiber la DLK humaine dans les cellules ganglionnaires sans affecter les fonctions essentielles de l'organisme. "Nos travaux nous portent à penser que l'inhibition de la DLK pourrait aussi servir à traiter d'autres maladies neurodégénératives du système nerveux central", ajoutent les chercheurs dans leur article du PNAS.
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