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Posté par Michel le Lundi 26/01/2009 à 00:00
Quelle efficacité pour les substituts à la nicotine ?
La nicotine est généralement considérée comme le principal composant responsable des propriétés addictives du tabac. Et pourtant, une équipe de recherche du CNRS et du collège de France dirigée par Jean Pol Tassin, directeur de recherche à l'Inserm vient de prouver que la nicotine (La nicotine (de Jean Nicot) est un alcaloïde présent dans les feuilles de tabac (jusqu'à 5 % du poids des feuilles) et à moindre concentration...) seule ne suffit pas à déclencher l'état de dépendance chez les fumeurs. D'autres composés du tabac s'avèrent indispensables pour en révéler le pouvoir addictif. Cette découverte explique également pourquoi les substituts à la nicotine utilisés dans le sevrage tabagique sont inefficaces à long terme. Sans être associée à certains composants du tabac, la nicotine n'est pas addictive. Ce principal résultat issu des recherches menées par Jean Pol Tassin est un nouveau pas en avant vers la compréhension des mécanismes de la dépendance aux drogues.

Ces deux dernières années (1), cette équipe de chercheurs a montré que les drogues comme la cocaïne, les amphétamines, la morphine (La morphine (du grec Μορφεύς, Morphée dieu du sommeil et des rêves) est un alcaloïde de l'opium utilisé comme médicament contre la douleur...), ou encore l'alcool entraînent une dissociation (ou « découplage ») entre deux ensembles de neurones, noradrénergiques et sérotoninergiques (2). Le premier ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) est chargé de mettre en valeur les événements extérieurs, l'autre de réguler les impulsions. Les personnes dépendantes ressentent les stimuli environnementaux de façon plus intense (y compris le désir du produit) et perdent la possibilité de contrôler leurs impulsions. En temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) normal, ces deux circuits de neurones se contrôlent mutuellement. Mais le découplage entre les deux entraîne un déséquilibre qui semble responsable des processus d'addiction (La dépendance est, au sens phénoménologique, une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des...), la personne dépendante ne pouvant plus réfréner son attirance vers le produit.

Il se trouve que la nicotine, contrairement aux autres drogues, n'entraîne pas ce découplage. Pour essayer de comprendre pourquoi le tabac possède, malgré tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.), un très fort potentiel addictif, les chercheurs se sont donc intéressés à ses autres composés. Dans ce nouveau travail, les scientifiques prouvent que c'est l'association de nicotine avec d'autres produits contenus dans le tabac, les inhibiteurs de monoamine oxydases (IMAO), qui entraîne ce découplage. Plus précisément, ils montrent que les IMAO permettent de révéler les propriétés addictives de la nicotine parce que ces derniers annulent l'action d'une protection naturelle que possèdent les neurones sérotoninergiques vis-à-vis de la nicotine: le récepteur sérotoninergique 5-HT1A. L'effet de la nicotine sur la libération de sérotonine est si intense qu'il se produit en quelques fractions de secondes un « rétro-contrôle » qui bloque alors la libération de sérotonine. Ce phénomène de « rétro contrôle » n'est possible que lorsque ces récepteurs 5-HT1A jouent leur rôle protecteur. Sans cette protection, les neurones sérotoninergiques sont sur activés par la nicotine, ils se découplent et déclenchent le processus de dépendance.

« 80% des utilisateurs de patchs à la nicotine recommencent à fumer »

En conclusion de ce travail, les auteurs expliquent donc pourquoi les thérapies actuelles de sevrage tabagique échouent dans un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de cas. Chez les candidats à l'arrêt du tabac, les chewing-gums et les patchs sont efficaces au début du traitement, tant que les effets des IMAO persistent. Mais au bout de quelques semaines de sevrage l'absence de tabac (et donc d'IMAO), autorise le retour de la protection naturelle. La nicotine seule ne suffit plus comme produit de substitution.

Pour Jean Pol Tassin «Ces travaux pourraient contribuer à améliorer les approches de traitement de la dépendance à la nicotine. Ils remettent aussi en question l'efficacité des produits actuels de substitution au tabac et permettent de comprendre pourquoi, dans plus de 80% des cas, les utilisateurs de patchs et de chewing-gums à la nicotine recommencent à fumer après seulement quelques semaines. Une nouvelle composition alliant nicotine et des produits bloquant la protection naturelle due aux récepteurs 5-HT1A serait efficace comme substitut au tabac. Ceci pourrait être utilisé dans une nouvelle stratégie dans la thérapie du sevrage.»

Etude publiée dans Journal of Neuroscience du 21 janvier 2009.


Notes:

(1) Un nouveau mécanisme explicatif de la pharmacodépendance
(2) Ces neurones synthétisent et libèrent de la noradrénaline ou de la sérotonine. Deux neuromédiateurs qui contribuent pour le premier à réguler l'attention, les émotions, le sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution...), le rêve et l'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs culturelles, par...) et pour le second à diverses fonctions comme la régulation de la température, le sommeil, l'humeur, l'appétit et la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise en cause de son...).


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Source: CNRS
 
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