Accord de Paris: le réchauffement de 1,5°C pourrait être franchi plus tôt que prévu
Publié par Isabelle le 29/09/2018 à 12:00
Source: INRA
Pour la première fois, une étude internationale à laquelle participe le LSCE prend en compte de manière détaillée les quantités de carbone relâchées par la fonte du permafrost, pour les "trajectoires" d'émission envisagées par l'accord de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien,...). Elle montre que le réchauffement de 1,5°C pourrait être franchi plus tôt que prévu.


Fonte du permafrost ©GeorgeBurba

Les décideurs politiques se sont approprié le concept de bilan d'émissions qui indique la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection...) maximale de dioxyde de carbone (Le dioxyde de carbone (appelé parfois, de façon impropre « gaz carbonique ») est un composé chimique composé d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxygène et dont la formule brute est : CO2.) (CO2) qu'il est possible de relâcher dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) sans dépasser une certaine température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud, provenant du...) globale. Ce bilan est principalement fondé sur une relation linéaire entre émissions anthropiques et réchauffement global. Or dans cette étude, les chercheurs montrent qu'en raison du dégel du permafrost, cette relation pourrait devenir dangereusement non linéaire.

Le permafrost contient de grandes quantités de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) et nutriments issus de matières organiques, rarement prises en compte dans la modélisation du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la...). Or la couche supérieure qui fond en été s'est étendue ces dernières années, relâchant toujours davantage de carbone dans l'atmosphère. Mécaniquement, le bilan des émissions anthropiques compatibles avec l'accord de Paris va diminuer, rendant l'objectif de plus en plus inaccessible. La fonte du permafrost, irréversible à l'échelle de quelques siècles, remet en question l'approximation linéaire (En physique et en mathématiques, un développement limité d'une fonction f au voisinage de x0, est l'écriture d'une fonction sous la forme d'une fonction...) entre émissions de CO2 et réchauffement et pour la première fois, est prise en compte de manière exhaustive dans le bilan d'émissions.

Selon les chercheurs, les émissions compatibles avec les objectifs à long terme de l'accord de Paris seront dépassées dans un avenir plus proche qu'on ne le pensait, en particulier dans le cas des trajectoires de températures dites avec "overshoot" (dépassement temporaire de la cible). L'accord de Paris envisageait en effet un scénario dans lequel le réchauffement dépasse temporairement +1,5°C en restant cependant inférieur à +2°C, puis redescend à +1,5°C. Le retour à +1,5°C risque fort d'être compromis par la fonte accélérée du permafrost.

La stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) de l'"overshoot", actuellement la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) "officielle", apparaît donc hautement risquée. Il n'y a plus de proportionnalité (On dit que deux mesures sont proportionnelles quand on peut passer de l'une à l'autre en multipliant par une constante appelée coefficient de proportionnalité.) entre émissions anthropiques de CO2 et réchauffement global et le retour à un niveau raisonnable de réchauffement (+1,5°C) semble d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des réseaux de distribution d'électricité et de gaz pour les 8...) et déjà compromis. Les chercheurs espèrent que leurs travaux contribueront à l'information des décideurs chargés d'élaborer les stratégies de modération du changement climatique.

Références publication:
​Path-dependent reductions in CO2 emission budgets caused by permafrost carbon release, Nature Geoscience
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