L'âge des surfaces lunaires fortement révisé

Publié par Adrien le 08/02/2024 à 06:00
Source: CNRS INSU
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L'un des résultats scientifiques majeurs des missions de retour d'échantillons lunaires (Apollo, Luna, Chang'e) a été l'établissement d'un modèle de chronologie permettant de déduire l'âge des surfaces à partir de la densité de cratères observée.

Ce modèle constitue actuellement le seul outil disponible pour dater les surfaces du Système Solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le...), permettant ainsi de préciser la temporalité des grands évènements responsables de leur évolution géologique. Or, la majorité des modèles de chronologie, supposent un taux de cratérisation homogène sur toute la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) lunaire (Pour les homonymes, voir Pierrot lunaire, une œuvre de musique vocale d'Arnold Schönberg.).


Asymétrie du taux de cratérisation lunaire. Les points noirs et jaunes symbolisent les terrains échantillonnés par les missions Apollo (A), Luna (L) et Chang'e-5 (CE).
© A. Lagain et al. (2024)

Cependant, la synchronicité de l'orbite lunaire autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne...) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...) et la distribution orbitale des impacteurs remettent en question l'hypothèse d'un flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments...) d'impact lunaire homogène. Quelle est l'intensité et les conséquences d'une hétérogénéité du flux d'impact sur la mesure de l'âge des surfaces lunaires ? C'est justement ce qu'une équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) internationale, dans laquelle le CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...) Terre & Univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) est impliqué, vient d'établir.

Les scientifiques ont découvert que le taux de cratérisation sur la Lune varie d'un facteur ~1.8 entre différentes régions. La conséquence sur l'interprétation des échantillons lunaires ? Les régions d'où proviennent ces roches n'auraient donc pas enregistré le même taux d'impact et les systèmes de chronologie des corps du Système Solaire s'en trouvent erronés. Les chercheurs ont ensuite utilisé cette variation du taux de cratérisation pour recalibrer la chronologie lunaire.

Ce nouveau modèle modifie jusqu'à 30% l'âge des surfaces lunaires déduites des comptages de cratères depuis des décennies. En conséquence, notre vision de la temporalité de l'activité géologique de la Lune pourrait être révisée, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) comme les chronologies d'autres corps planétaires tels que Mercure et Mars, lesquels sont calibrées sur celle de la Lune. Enfin, les futures missions d'échantillonnage (L'échantillonnage est la sélection d'une partie dans un tout. Il s'agit d'une notion importante...) lunaire telles qu'Artemis ou Chang'e-6 permettront de préciser cette chronologie pour les périodes les plus anciennes, il y a plus de 3.5 milliards d'années.

Références:
Anthony Lagain, Hadrien A.R. Devillepoix, Pierre Vernazza, Darrel Robertson, Mikael Granvik, Petr Pokorny, Anthony Ozerov, Patrick M. Shober, Laurent Jorda, Konstantinos Servis, John H. Fairweather, Yoann Quesnel, Gretchen K. Benedix
Recalibration of the lunar chronology due to spatial cratering-rate variability
Icarus, Volume 411, 2024.
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