L'agriculture 100% bio malmenée

Publié par Adrien le 23/11/2020 à 09:00
Source: ASP - Sophie Lavallée
Peut-on se fier à l'agriculture bio pour nourrir la planète sans prendre davantage de territoire à la nature ?

Même en réduisant le gaspillage et la consommation de viande, ça ne fonctionnera pas ! Cette grande question, Serge-Étienne Parent, Ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la...) en agroenvironnement de l'Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme...), l'a abordée lors du congrès de l'Ordre des Agronomes du Québec, le 29 octobre dernier. Faisant référence à l'étude de l'Organisation (Une organisation est) pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publiée en 2017 dans la revue Nature Communications, qui formulait les conditions dans lesquelles produire nos aliments 100% biologiques soutiendrait la population mondiale (La population mondiale désigne le nombre d'êtres humains vivant sur Terre à un...).


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Une agriculture 100% biologique réduirait l'utilisation des produits chimiques mais, nécessiterait plus de terres que l'agriculture conventionnelle (non biologique). Le bio produit moins d'aliments par unité de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...). Le problème avec l'utilisation de plus de terres, estimée entre 16% et 33% selon l'étude, augmenterait la déforestation, ce qui anéantirait les gains de réduction des gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et...) à effet de serre (L'effet de serre est un processus naturel qui, pour une absorption donnée d'énergie...) (GES) en plus de réduire la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie...).

Alors, comment relever le défi ?

Selon l'ingénieur, on ne peut s'étendre davantage sur des terres limitées. Il faut alors miser sur une plus grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire,...) d'aliments produits par unité de surface tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) en ayant des objectifs écologiques mesurables. La plus récente méta-analyse, publiée en 2017 dans Environmental Research Letters, par des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) du Minnesota, aborde "l'intensification écologique" comme solution. L'idée est de concentrer la production d'aliments sur la plus petite surface possible en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et...) de laisser davantage d'espace à la nature.

Attention à la base de calcul !

"Pour bien comparer les pratiques agricoles, le choix de la base de calcul est déterminant", nous explique le chercheur. La réduction des contaminants du sol calculée par unité de surface fournit une interprétation en faveur de l'agriculture biologique (L’agriculture biologique est basée sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le...). Par contre si la base de calcul choisie est par unité de production, alors la performance de la régie conventionnelle peut égaliser la régie biologique.

Épargner ou partager le territoire ?

Deux stratégies écologiques se mesurent: l'épargne et le partage. Épargner le territoire en concentrant la production serait plus bénéfique pour le maintien de certaines espèces d'arbres et d'oiseaux.

Le partage du territoire mise sur des cultures qui s'entremêlent avec d'autres espèces. C'est en ligne avec les principes de l'agriculture biologique. Par exemple, des espèces d'arbres et d'oiseaux sont mesurés en fonction du rendement des cultures sur un territoire donné. Les chercheurs peuvent voir si l'espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type »...) tolère ou s'effondre après le commencement d'une culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :). Ils peuvent ainsi établir la limite où les rendements sont acceptables dans la stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie...) de partage.

Leur mise en pratique combinée serait plus favorable pour nourrir la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...) de façon durable.
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