Après leur mission réussie, Hayabusa2 et OSIRIS-REx partent à la découverte de nouveaux astéroïdes

Publié par Adrien le 01/07/2022 à 09:00
Source: CNES
Conçues pour ramener des échantillons d'astéroïdes carbonés vers la Terre, les sondes Hayabusa2 (Japon) et OSIRIS-REx (Etats-Unis) sont encore très capables après leur mission principale réussie. Les équipes n'ont pas hésité à les envoyer à la poursuite d'autres astéroïdes, même à un horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre...) lointain. Pour tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) comprendre à l'occasion de cette journée internationale des astéroïdes, nous avons interrogé Aurélie Moussi, cheffe de projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) au CNES et responsable des contributions françaises pour Hayabusa2.


L'ombre de la sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des...) Hayabusa2 se découpe à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) de l'astéroïde (Un astéroïde est un objet céleste dont les dimensions varient de quelques dizaines...) Ryugu.
Crédits: JAXA/ISAS/Hayabusa2

Pas de répit pour Hayabusa2. La sonde, qui a ramené sur Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...) ses échantillons récoltés sur l'astéroïde Ryugu en décembre 2020, est déjà repartie vers de nouveaux objectifs. Après six ans de mission, il lui restait suffisamment de potentiel et de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme...) pour manoeuvrer et survoler l'astéroïde "2001 CC21" en 2026, avant de se diriger vers le minuscule astéroïde géocroiseur (En astronomie, les astéroïdes géocroiseurs sont des astéroïdes...) "1998 KY26" et de le rejoindre en 2031. Mais malgré cet horizon lointain, les équipes sur Terre sont bien mobilisées !

"Les chercheurs, y compris plusieurs équipes françaises qui étudient les échantillons ont encore énormément de travail, car il a fallu environ un an pour les cataloguer tous, explique Aurélie Moussi. L'analyse préliminaire a commencé l'été dernier, donc il faudra encore au minimum une ou deux années pour compléter cette première phase. D'autre part, les scientifiques pourront comparer les résultats avec les échantillons de l'astéroïde Bennu, grâce au partenariat avec les équipes de la mission OSIRIS-REx. Et il y a bien sûr les responsables des opérations de la sonde Hayabusa2, qui préparent déjà le futur survol."

Aller jusqu'au bout de ses capacités

Conçue pour effectuer un rendez-vous avec un astéroïde sur plusieurs mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) avant de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques...) à des opérations proches, Hayabusa2 n'est pas configurée pour un survol. "Il y a un gros travail de préparation avec la séquence de survol, les algorithmes, mais aussi la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et...) pour passer en toute sécurité mais à moins de 100 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système...) de 2001 CC21, ce survol sera un véritable changement de philosophie !", détaille A. Moussi. La rencontre finale avec 1998 KY26 en 2031 sera tout aussi particulière. Ce dernier ne mesure que 20 à 40 mètres de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre...), et tourne sur lui-même en dix minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un...) seulement. Une rotation rapide qui en fait un sujet d'étude passionnant pour une fin de mission.

"L'une des interrogations principales des chercheurs, c'est de savoir comment ce petit astéroïde fait pour ne pas se désintégrer, poursuit Aurélie Moussi.D'autre part, on s'attend à ce que sa composition minérale soit différente des astéroïdes Bennu et Ryugu, par exemple. Enfin, il y a un côté technique important à s'approcher d'un corps céleste aussi petit. A quelle distance s'en approcher ? Comment l'étudier ?"


La capsule de retour et ses échantillons de l'astéroïde Bennu ne sont pas encore revenus sur Terre.
Crédits: NASA/Goddard/University of Arizona/Lockheed Martin.

17 ans après son départ, opérer la sonde sera sans doute un défi, mais pousser les composants à leur limite fait aussi partie de cette extension de mission, pour laquelle les équipes se permettront sans doute de l'audace. L'agence japonaise prévoit d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des...) et déjà de bombarder 1998 KY26 à l'aide d'un projectile métallique couplé à une charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) explosive, et peut-être même de s'y poser !

La mission OSIRIS-REx sera elle aussi prolongée. Actuellement, la sonde est encore en chemin vers la Terre pour y ramener ses échantillons de l'astéroïde Bennu, collectés en octobre 2020. Les équipes scientifiques s'attendent à plusieurs centaines de grammes d'agglomérats, qui n'atterriront au Nouveau-Mexique qu'en septembre 2023. La NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de...) a déjà annoncé l'extension OSIRIS-APEX, pour étudier durant 18 mois l'astéroïde Apophis que la sonde rejoindra en 2029. Avec un petit changement de nom: REx signifiait Regolith Explorer, et devient APEX pour "Apophis Explorer".

Découvrir et re-découvrir des astéroïdes différents

La sonde OSIRIS-APEX effectuera son rendez-vous avec Apophis quelques jours après son survol de la Terre à seulement 31 600 km d'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau...). "C'est l'un des enjeux de cette phase de la mission, documenter avec exactitude l'influence qu'a eu notre planète sur l'astéroïde et sa trajectoire, détaille A. Moussi. Mais le rendez-vous durera plusieurs mois et réservera sans doute des surprises: Apophis est de type S (différent de Bennu ou Ryugu), et mesure environ 370 m de diamètre, il sera donc très important de l'étudier de près pour découvrir ses caractéristiques physiques, sa topographie, sa composition minérale...".

Comme leurs homologues japonaises, les équipes de la NASA ont prévu quelques manoeuvres audacieuses. En particulier, OSIRIS-APEX s'approchera à quelques mètres seulement de la surface avant d'allumer ses propulseurs. Cela devrait éjecter les couches de régolithe à la surface et révélera les couches internes de l'astéroïde.

"Ces deux extensions vont nous offrir des moments particuliers, où nous devrons être prêts à remettre nos connaissances en question. Car tous les astéroïdes que nous avons visités se sont révélés différents et surprennent la communauté scientifique, conclut Aurélie Moussi. C'est l'un des enseignements à transmettre pour cette journée des astéroïdes: notre domaine évolue à toute vitesse et nous avons encore beaucoup à découvrir !"


La trajectoire d'Apophis, déviée par la gravité de la Terre.
Crédits: ESA
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