Le blocage de l'inflammation pourrait entraîner des douleurs chroniques

Publié par Isabelle le 17/05/2022 à 13:00
Source: Université McGill
D'après des chercheurs de l'Université McGill, et leurs collègues d'Italie, l'utilisation d'analgésiques anti-inflammatoires, stéroïdiens ou non, ferait augmenter les risques d'apparition de douleurs chroniques. Leur étude remet en question les méthodes classiques d'atténuation (Perte d'intensité et amplitude d'un signal...) de la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un...). L'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du...) fait partie du processus normal de guérison (La guérison est un processus biologique par lequel les cellules du corps se...) d'une blessure (Une blessure est une lésion, physique ou psychique, faite involontairement ou dans l'intention...) douloureuse, et en la contrant au moyen de médicaments, on risquerait de rendre le traitement de la douleur plus difficile.


"Depuis des décennies, nous utilisons des anti-inflammatoires pour traiter la douleur. Toutefois, nous avons découvert que cette solution à court terme risquait de causer des problèmes à long terme", explique Jeffrey Mogil, professeur au Département de psychologie de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...) et titulaire de la Chaire E.-P.-Taylor d'études sur la douleur.

Différences entre les personnes qui se rétablissent et les autres

Dans une étude publiée dans Science Translational Medicine, les chercheurs expliquent avoir examiné les mécanismes de la douleur chez les humains et les souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant...). Ils ont découvert que les neutrophiles - globules blancs qui aident l'organisme à lutter contre les infections - jouaient un rôle essentiel dans le soulagement de la douleur.

"En effectuant des analyses géniques chez des personnes souffrant de douleurs lombaires, nous avons observé, au fil du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...), des changements dans les gènes des sujets dont la douleur avait disparu. Le principal facteur serait une modification des cellules sanguines, principalement des neutrophiles, et de leur activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.)", explique Luda Diatchenko, professeure à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la...) et à la Faculté de médecine dentaire, et titulaire de la Chaire d'excellence en recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) du Canada sur les mécanismes génétiques de la douleur chez l'humain.

L'inflammation joue un rôle important dans le soulagement de la douleur

"Les neutrophiles sont très présents aux premiers stades de l'inflammation et ouvrent la voie à la guérison des tissus lésés. L'inflammation a sa raison d'être, et il pourrait être dangereux de tenter de l'enrayer", affirme le professeur Mogil, également membre du Centre Alan-Edwards de recherche sur la douleur, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) comme la professeure Diatchenko.

Au cours des expériences, des souris chez lesquelles on avait bloqué l'action des neutrophiles ont ressenti de la douleur jusqu'à dix fois plus longtemps que la normale. Les médicaments et les corticostéroïdes anti-inflammatoires, comme la dexaméthasone et le diclofénac (Le diclofénac est un dérivé arylacétique, produit qui entre dans la classe des...), ont produit le même effet, bien qu'ils aient calmé la douleur au tout début.

Ces résultats sont appuyés par une analyse distincte menée auprès de 500 000 sujets au Royaume-Uni, selon laquelle les personnes qui prenaient des anti-inflammatoires contre la douleur étaient plus susceptibles de ressentir de la douleur de deux à dix ans plus tard. Cet effet n'a pas été constaté chez les personnes prenant de l'acétaminophène ou des antidépresseurs.

Remise en question des modalités de traitement de la douleur aiguë

"Le temps est peut-être venu de repenser notre façon de traiter la douleur aiguë. Heureusement, nous pouvons calmer la douleur sans réduire l'inflammation", précise Massimo Allegri, médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en...) à la Policlinico di Monza, en Italie, et à l'Ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection...) Hospitalier de la Côte, en Suisse.

"Nous avons découvert que la suppression de la douleur était un processus biologique actif, conclut la professeure Diatchenko. Il faudra mener des essais cliniques pour comparer l'action de médicaments anti-inflammatoires à celle d'autres analgésiques qui suppriment la douleur, mais pas l'inflammation."

L'étude:
L'article "Acute inflammatory response via neutrophil activation (Activation peut faire référence à :) protects against the development (Development est une revue scientifique bimensuelle à comité de lecture couvrant tous les...) of chronic pain", par Marc Parisien et coll., a été publié dans Science Translational Medicine.
DOI: https://doi.org/10.1126/scitranslmed.abj9954
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