Les boissons énergisantes rendent-ils vraiment les jeunes hyperactifs ?

Publié par Adrien le 12/05/2021 à 09:00
Source: ASP
Les boissons énergisantes transformeraient les jeunes en boules d'énergie incapables de se concentrer en classe, avancent certains parents et enseignants.

Photo: Herbich / Pixabay

L'origine de la rumeur

Les boissons dites "énergisantes" renferment de la caféine (La caféine est un alcaloïde de la famille des méthylxanthines, présent dans de...), des plantes (guarana, qui contient de la caféine en forte concentration, ginkgo biloba (Le Ginkgo biloba ou « arbre aux quarante écus » ou « arbre aux...), échinacée...) et une haute teneur en sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce...), dans le but de stimuler l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la...) et de combattre la fatigue. À ne pas confondre avec les boissons à électrolytes ou pour sportifs de type Gatorade, conçues pour remplacer rapidement l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les...) et les électrolytes éliminés par la transpiration lors d'un exercice intense.

Les faits

Une revue de littérature publiée en 2016 montre que la consommation de boissons énergisantes par les moins de 18 ans est associée à une gamme d'effets négatifs comme des maux de tête, des palpitations, de l'insomnie (L'insomnie est un terme créé au XVIe siècle sur la base du latin insomnia (du...), et de comportements à risque comme une consommation plus élevée d'alcool, de tabac et de drogue (Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou...). Par contre, les travaux portant spécifiquement sur les effets de ces boissons sur l'hyperactivité sont peu nombreux.

Parmi eux, un examen des articles publiés entre janvier 2010 et octobre 2016 indique que la consommation de boissons énergisantes est associée notamment à l'augmentation des symptômes d'hyperactivité et d'inattention chez les adolescents, à la consommation d'alcool et aux comportements à risque.

Une étude réalisée en 2015 à l'Université Yale (L'université Yale (en anglais : Yale University, anciennement Collegiate School of...) s'est pour sa part penchée sur la consommation quotidienne de boissons énergisantes par des élèves âgés de 11 à 14 ans. Elle conclut que le risque d'hyperactivité et d'inattention augmenterait de 14 % pour chaque boisson énergisante consommée en une journée. Les enfants qui buvaient ces boissons étaient 66 % plus à risque de présenter des symptômes du trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), comparés à ceux qui déclaraient ne pas en boire.

Les boissons sucrées

Dans les années 1980, quelques petites études d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) avaient montré un lien statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon....) entre les consommations de boissons sucrées et le risque de TDAH. Dans la décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix »...) suivante, d'autres études sont arrivées à des résultats contraires. Ainsi, en 1995, une méta-analyse rassemblant 16 études concluait que le sucre n'a pas d'effet sur le TDAH de la plupart des enfants, mais pourrait peut-être affecter certains groupes. Très peu d'études ont été menées sur le sujet depuis.

Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour comprendre les mécanismes derrière l'association entre les boissons sucrées et les symptômes d'hyperactivité et d'inattention.

La caféine

La caféine étant un stimulant (Un stimulant est une substance qui augmente l'activité du système nerveux sympathique...), sa présence dans les boissons énergisantes pourrait être le facteur clef (Au sens propre, la clef ou clé (les deux orthographes sont correctes) est un dispositif amovible...) derrière l'hyperactivité.

Une revue à l'échelle européenne publiée en 2014 par des chercheurs de l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...) cite nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de symptômes associés à une consommation élevée de caféine, notamment des palpitations, une pression artérielle (La pression artérielle correspond à la pression du sang dans les artères. On parle...) élevée, des nausées, des vomissements et des convulsions. Mais nulle trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le...) d'hyperactivité.

Il n'en est pas plus question dans l'enquête en ligne menée en 2015 par l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Waterloo auprès de 2055 Canadiens âgés de 12 à 24 ans. Un peu plus de 55 % des consommateurs de boissons énergisantes ont déclaré avoir subi au moins un effet indésirable, contre 36 % des buveurs de café. Parmi les consommateurs de boissons énergisantes, 25 % avaient eu des battements de coeur rapides, 24 % des difficultés à dormir, 18 % des maux de tête, 5 % des nausées et vomissements et 3,6 % des douleurs thoraciques.

La caféine des boissons énergisantes pourrait cependant accentuer les effets secondaires cardiovasculaires des médicaments que prennent les enfants atteints de TDAH, rapporte la Société canadienne de pédiatrie (La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le...). En fait, la Société déconseille la consommation de boissons énergisantes par les enfants et les adolescents.

Verdict

Bien qu'en théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...), le sucre et la caféine soient deux ingrédients susceptibles de contribuer à l'hyperactivité, très peu de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) probantes permettent d'affirmer qu'ils ont cet effet. D'autres études seront nécessaires pour en faire la preuve. On sait toutefois que le sucre a d'autres effets délétères sur la santé. Il favorise notamment le diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes...), l'obésité (L'obésité est l'état d'une personne, ou d'un animal, souffrant d'une hypertrophie de...) et les maladies cardiovasculaires.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !

Sur le même thême

Page générée en 0.124 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique