Cette créature expliquerait notre réaction instinctive de combat ou de fuite

Publié par Adrien le 24/04/2024 à 06:00
Source: Nature
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Les lamproies, ces vertébrés sans mâchoires, dévoilent des similitudes surprenantes avec nous, bien plus que ce que les scientifiques imaginaient auparavant.


Bouche d'une lamproie - Image Wikimedia

Les lamproies appartiennent à une lignée de vertébrés appelée Agnatha, ou poissons sans mâchoires, qui remontent à environ 360 millions d'années. Ces "fossiles vivants" nous offrent une fenêtre sur l'évolution de certains de nos ancêtres lointains. Jusqu'à récemment, la communauté scientifique pensait que les lamproies étaient dépourvues de mâchoires en raison de l'absence d'une structure appelée crête neurale, un groupe de cellules souches unique aux vertébrés.

Une nouvelle étude publiée dans le journal Nature révèle que les lamproies possèdent des cellules nerveuses sympathiques. Ce système nerveux sympathique est crucial pour notre réponse automatique de combat ou de fuite, déclenchée dans des situations de danger ou de stress.

Le début de cette recherche n'était pas destiné à découvrir des cellules nerveuses sympathiques. L'étude a commencé comme une quête pour trouver des cellules précurseurs, similaires à la crête neurale complexe des vertébrés à mâchoires. L'équipe pensait pouvoir trouver ces cellules chez les lamproies car elles sont le plus proche parent encore existant des vertébrés anciens sans mâchoires, apparus il y a environ 500 millions d'années.

En examinant les larves de lamproie, les chercheurs ont observé des structures ressemblant à des neurones formant une chaîne le long de leur corps. Ce fil de cellules nerveuses est caractéristique du système nerveux sympathique. Les structures ont été confirmées comme étant des nerfs grâce à un séquençage de l'ARN, et il a été découvert que ces cellules produisent une enzyme précurseur de la noradrénaline, un messager chimique clé dans la gestion de la réponse de combat ou de fuite.

Cette découverte place l'origine évolutive de ce système environ 50 millions d'années plus tôt que ce que les scientifiques envisageaient. Les chercheurs pensaient auparavant que les lamproies réagissaient au danger uniquement par des phéromones émises par d'autres lamproies.

Ce travail montre l'importance d'étudier des organismes moins conventionnels. Comme l'explique Marianne Bronner, biologiste du développement à Caltech et co-auteure de l'étude, travailler sur ces animaux étranges peut être très instructif, malgré leur aspect de "carburant de cauchemar".
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