COVID-19: l'EPO pour traiter les patients gravement atteints ?

Publié par Adrien le 20/08/2021 à 09:00
Source: Université Laval
L'érythropoïétine (EPO), un produit connu du public en raison de son utilisation illégale pour l'amélioration des performances sportives, pourrait-elle venir à la rescousse des personnes gravement atteintes de COVID-19 ? La démonstration reste à faire, mais les résultats d'une étude exploratoire montrent que de faibles taux d'EPO sont associés à un risque nettement plus élevé de décès chez les personnes infectées par le SARS-CoV-2.


L'EPO augmente le nombre de globules rouges qui assurent l'oxygénation du corps. Elle a aussi des propriétés anti-inflammatoires et antiapoptotiques, souligne le professeur Jorge Soliz.

C'est ce que rapporte, dans la revue Respiratory Physiology and Neurobiology, une équipe de chercheurs de Bolivie, de Colombie, du Pérou et du Québec, dirigée par Jorge Soliz, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la...) de l'Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la...) au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) universitaire de cardiologie (La cardiologie est la spécialité médicale qui étudie le cœur et ses...) et de pneumologie (En médecine, la pneumologie est la branche qui s'occupe de maladies des poumons et du tractus...) de Québec.

Ces chercheurs ont mesuré le taux d'EPO chez 16 patients admis aux soins intensifs d'un hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de...) d'El Alto, en Bolivie, en raison de complications attribuables à la COVID-19. Chez tous les patients, le taux d'EPO s'est révélé plus faible que la valeur normale observée à cette altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau...) (4150 mètres au-dessus du niveau de la mer). La moitié des patients est décédée des suites de l'infection. Dans ce groupe, la concentration d'EPO au moment de l'hospitalisation était environ 6 fois plus basse que la moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...) normale à cette altitude et 2,5 fois plus faible que celle des patients qui ont survécu à la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...).

Les chercheurs reconnaissent que leur constat repose sur un petit nombre de cas, mais ils estiment que les résultats observés justifient qu'on pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) plus loin les travaux sur cette avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un...) potentielle de traitement. "L'EPO agit sur plusieurs plans, souligne Jorge Soliz. D'abord, elle augmente le nombre de globules rouges qui assurent l'oxygénation du corps. Ensuite, elle a des propriétés anti-inflammatoires et antiapoptotiques (elle prévient la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si...) cellulaire). Enfin, en favorisant la production d'oxyde (Un oxyde est un composé de l'oxygène avec un élément moins...) nitrique dans les poumons sous-oxygénés, elle facilite la livraison d'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de...) au cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...), au coeur et aux autres tissus."

Tout cela porte à croire que l'administration d'EPO pourrait être envisagée chez des patients durement frappés par la COVID-19. "Au départ, il pourrait s'agir d'un traitement de dernier recours, précise le professeur Soliz. Si les résultats sont concluants, on pourrait mener des études cliniques rigoureuses pour évaluer les avantages et les risques de l'EPO dans le traitement de la COVID-19."
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.140 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique