Découverte d'une nouvelle stratégie bactérienne pour contrôler l'immunité

Publié par Michel le 26/01/2011 à 12:00
Source: CNRS
Illustration: © Institut Pasteur
Des chercheurs de l'Institut Pasteur, de l'INRA, de l'Inserm et du CNRS viennent d'identifier un mécanisme qui permet à la bactérie pathogène Listeria monocytogenes de reprogrammer à son avantage l'expression des gènes de la cellule qu'elle infecte. L. monocytogenes sécrète une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) capable de pénétrer dans le noyau des cellules afin de prendre le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...) de gènes du système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de...) de l'hôte. Ces travaux ont été publiés sur le site de la revue Science le 20 janvier 2011.

Lors d'une infection, les bactéries pathogènes doivent déjouer les défenses immunitaires de l'hôte infecté pour s'établir de façon pérenne dans son organisme. On savait jusqu'ici que le contrôle du système immunitaire de l'hôte passait par la manipulation de signaux cellulaires responsables de l'activation (Activation peut faire référence à :) des cellules de l'immunité. Une étude réalisée chez Listeria monocytogenes (Listeria monocytogenes est une bactérie à Gram-positif, du genre Listeria, division des...), la bactérie (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées...) responsable de la listériose (La listériose est une maladie bactérienne qui affecte de nombreuses espèces animales...) humaine, vient pour la première fois de montrer que les bactéries pathogènes peuvent agir directement dans le noyau de la cellule hôte, pour reprogrammer à leur avantage des gènes sous la dépendance des interférons, destinés à activer le système immunitaire. Cette étude a été conduite par Hélène Bierne au sein de l'unité des Interactions bactéries-cellules (Institut Pasteur, Unité Inserm 604, INRA USC2020) dirigée par Pascale Cossart, en collaboration avec d'autres équipes de l'Institut Pasteur (L’Institut Pasteur est une fondation française privée à but non lucratif qui...), du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...) (Gif-sur-Yvette, Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région...) Diderot - Paris 7 et Grenoble) et de l'IBMC (Porto).


Protéine bactérienne LntA (en vert-jaune) localisée dans le noyau de deux cellules humaines
infectées par Listeria (Listeria est un genre bactérien, qui compte 6 espèces :) (en violet-bleu).

Ces travaux s'inscrivent dans la lignée d'une étude réalisée par la même équipe en 2009. Celle-ci avait permis l'identification d'un complexe capable de verrouiller l'expression des gènes en compactant l'ADN. Ici, les chercheurs ont identifié une petite protéine bactérienne, nommée LntA, capable de faire sauter ce verrou en se fixant directement sur le complexe, ce qui provoque l'ouverture de l'ADN compacté et donc l'accès aux gènes.

On ignore encore comment, et à quel moment, la bactérie décide de la production de ce facteur LntA, mais son expression est indispensable au bon déroulement de l'infection par Listeria, qui peut grâce à elle activer ou réprimer à sa guise l'immunité de l'hôte.

Ces travaux laissent entrevoir le rôle d'une régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se...) épigénétique - des changements dans l'expression des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence ADN - dans l'infection par L. monocytogenes. Cette découverte, si elle se vérifiait pour d'autres pathogènes, apporterait de précieuses informations permettant de mieux comprendre et, à terme, de mieux lutter, contre les maladies infectieuses et immunitaires.

Cette étude a reçu notamment le soutien financier de la Communauté européenne (programmes ERANET PathoGenomics et ERC).
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