Description de la maladie
Chez les oiseaux
- La maladie est fréquemment associée à une affection intercurrente qui fragilise le système immunitaire : salmonellose ou coccidiose. Les jeunes oiseaux semblent plus atteints que les sujets âgés. La mortalité est très variable, faible en général mais elle peut atteindre jusqu'à 40% de l'effectif. Les symptômes sont relativement frustes ; ainsi chez de nombreux oiseaux sauvages ou domestiques, on ne note aucun symptôme sinon l'oiseau est en général prostré, se laisse facilement capturer et présente un amaigrissement important (anorexie) et l'on observe une cyanose des muqueuses et parfois de la diarrhée. Des symptômes nerveux signent parfois une forme méningoencéphalitique, comme des torticolis, des tremblements, une incoordination des mouvements. Dans d'autres cas, on note une forme septicémique à l'origine d'une mort subite.
- Lésions : les lésions les plus fréquentes sont celles du myocarde, de la rate (splénomégalie), un œdème et une congestion importante des poumons, du foie. On peut observer une entérite et parfois une péritonite. Des microabcès sont rencontrés sur le foie, la rate ou encore le cerveau.
Chez les ruminants
La listériose se caractérise par 3 formes :
- la forme septicémique qui aboutit rapidement à la mort et touche surtout les jeunes,
- la forme génitale à l'origine d'avortements surtout lors du dernier tiers de la gestation auxquels font suite une rétention placentaire et une métrite,
- la forme nerveuse associe des signes oculaires (strabisme, choriorétinite, cécité...), des signes généraux (torpeur, coma..) à des signes fonctionnels (paralysie faciale souvent unilatérale, troubles de l'équilibre, salivation, marche cercle, "pousse au mur").
Chez les rongeurs et lagomorphes
On retrouve une forme aiguë méningoencéphalitique touchant les jeunes et les tuant en quelques jours et une forme subaiguë chez l'adulte caractérisée par un torticolis, des troubles de l'équilibre et des convulsions. Des avortements et une mortinatalité sont également observés. On retrouve des microabcès sur les viscères et le cerveau.
Chez les autres familles (équidés, suidés, canidés, félidés)
La listériose reste rare et se traduit par des formes septicémiques, méningoencéphalitiques ou abortives.
Diagnostic
Le diagnostic clinique fait appel à
- des éléments épidémiologiques : c'est une maladie sporadique à enzootique chez les ruminants qui peut se développer de manière épizootique chez les volailles et les rongeurs. De plus, chez les ruminants, elle est souvent associée à la prise d'ensilage mal conservé.
- des signes cliniques non pathognomoniques : lors d'avortements répétés chez les Ruminants et lorsque les infections brucelliques et Chlamydiennes ont été écartées, on doit penser à la listériose.
- des éléments nécropsiques qui révèlent l'existence de foyers de nécrose lors de formes septicémiques et abortives ainsi que souvent des microabcés dans les formes nerveuses.
Les prélèvements à réaliser
Sur l'animal vivant
Faire une prise de sang, recueillir le placenta et l'avorton, les matières fécales (forme septicémique), une ponction de liquide cérébro-spinal lors d'une forme nerveuse.
Sur l'animal mort
Prélever le cerveau, et la moelle épinière (forme nerveuse), du sang, la rate, le foie et le cœur (forme septicémique). Dans le milieu extérieur des échantillons de sol, de fumier et d'ensilage sont prélevés. Le diagnostic bactériologique pourra être réalisé par examen direct si le prélèvement est assez riche ou par culture et enrichissement du milieu de culture. Après une mise en culture de 1 à 2 jours, on peut identifier les Listeria et les sérotyper. Le diagnostic sérologique n'est pas satisfaisant. On peut réaliser des inoculations expérimentales par voie conjonctivale à des lapins, par voie intra-péritonéale à des souris ou encore à des œufs embryonnés de poulets.
Traitement
En élevage aviaire on utilise en général les cyclines. En cas de formes plus sévères on peut utiliser des associations bêta-lactames-aminosides à des doses supérieures aux doses habituelles (germe intracellulaire). Chez les ovins on utilise couramment tétracycline, ampicilline, gentamicine associés à un corticostéroïde et à de la vitamine B (pour favoriser la protection des cellules nerveuses). La guérison est possible mais elle peut être incomplète du fait des lésions du système nerveux (cécité permanente, myélite...).