La différence entre les sexes se lit aussi dans l'intestin
Publié par Adrien le 13/08/2019 à 08:00
Source: CNRS
Les différences entre les sexes englobent bien plus que les organes sexuels. Les hommes et les femmes diffèrent par exemple par leur taille, leur composition corporelle ou encore leur durée de vie. Le sexe biologique affecte aussi la santé, des différences étant observées dans la réponse aux traitements de nombreuses maladies.

Par quels mécanismes ces différences se mettent-elles en place ? C'est à cette question qu'ont souhaité répondre Bruno Hudry de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences...) Valrose (CNRS/Inserm/Université Nice Sophie Antipolis) et ses collaborateurs du laboratoire Plasticité du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le siège...) (CNRS/ESPCI Paris).


Les cellules souches intestinales ont un taux de prolifération plus élevé sur les femelles (panel du haut, cellules souches en vert) alors que le métabolisme des glucides est plus élevé chez les mâles (panel du bas illustrant l'expression d'une enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions...) digérant les sucres complexes, une amylase en vert).
© Bruno Hudry de l'Institut de biologie Valrose (CNRS/Inserm/Université Nice Sophie Antipolis)

Dans une étude publiée le 8 août 2019 dans Cell, ils ont montré, chez la drosophile, que les testicules "parlent" à une partie particulière de l'intestin (L'intestin est la partie du système digestif qui s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en...), via une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de matière possédant les...) circulante appelée cytokine, pour augmenter la digestion (La digestion est le processus au cours duquel un organisme vivant reçoit du milieu extérieur des aliments (eau, molécules organiques et minéraux), les...) et l'absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux d'énergie électronique. Le photon est détruit...) des sucres dans l'intestin des mâles. En réponse, cette région de l'intestin sécrète du citrate, qui agit sur les testicules pour soutenir la production de sperme. Un organe (Un organe est un ensemble de tissus concourant à la réalisation d'une fonction physiologique. Certains organes assurent simultanément plusieurs fonctions, mais dans ce cas, une fonction est généralement...) adulte comme l'intestin possède donc une "identité sexuelle" complexe, qui induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en électricité...) des propriétés physiologiques distinctes entre les sexes, qu'il est aujourd'hui nécessaire de mieux prendre en compte dans la recherche fondamentale (La recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée au moment des travaux. On oppose en général la recherche fondamentale à la recherche appliquée. Cette distinction est...) et clinique.

Bibliographie

Gut-testis crosstalk controls sex differences in intestinal sugar handling to promote food intake and sperm maturation. Bruno Hudry, Eva de Goeij, Alessandro Mineo, Pedro Gaspar, Dafni Hadjieconomou, Chris Studd, Joao B. Mokochinski, Holger B. Kramer, Pierre-Yves Plaçais, Thomas Preat, Irene Miguel-Aliaga. Cell, le 8 août 2019. DOI: 10.1016/j.cell.2019.07.029.
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