images/stories/001/2014-2015/no13/4913-douleur Une équipe de chercheurs canadiens dirigée par le Dr Mark Ware, de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) à Montréal, vient de compléter une étude multicentrique sur l'innocuité du
cannabis médical (Le cannabis médical (appelé aussi cannabis thérapeutique, marijuana médicale ou...) chez les patients souffrant de
douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un...) chronique. Les chercheurs ont découvert que des patients atteints de douleur chronique qui avaient consommé quotidiennement du cannabis pendant un an n'avaient pas expérimenté plus d'effets indésirables graves que ceux qui n'en avaient pas pris. L'étude, dont les résultats viennent d'être publiés en ligne dans
The Journal of Pain, servira de référence pour les travaux
futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) sur les effets secondaires du cannabis utilisé à des fins médicales pour gérer la douleur.
"C'est la première étude d'
envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour...) sur l'innocuité à long terme de la consommation de cannabis chez les patients souffrant de douleur chronique, explique l'auteur principal, le Dr Mark Ware, spécialiste de la douleur à l'
Hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de...) général de
Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande...) du CUSM et professeur agrégé en
médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la...) de famille et en
anesthésie (Le mot anesthésie provient du grec (αισθησις:...) à l'
Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...). Nous avons découvert que le cannabis médical semble avoir un profil d'innocuité avantageux lorsqu'il est utilisé par des patients qui sont considérés comme des consommateurs expérimentés et qui participent à un programme
thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui...) de douleur chronique sur une période d'un an."
Dans le cadre de l'étude COMPASS (
Cannabis for the Management of Pain: Assessment of Safety Study - COMPASS), débutée en 2004, les chercheurs ont suivi 215 patients adultes souffrant de douleur chronique (non associée au cancer) qui prenaient du cannabis médical. Cette cohorte de patients a été comparée à un groupe témoin de 216 patients également atteints de douleur chronique qui ne consommaient pas de cannabis. L'étude a été réalisée dans sept centres qui possèdent une expertise en gestion de la douleur à travers le Canada (situés à Fredericton, Halifax, London, Montréal, Toronto et Vancouver).
Les consommateurs de cannabis avaient accès à du cannabis sous forme d'
herbe (On appelle herbe, dans une acception large, toute plante annuelle ou vivace, non ligneuse, faisant...) contenant 12,5 % de THC provenant d'un producteur de cannabis autorisé. Les patients se procuraient le cannabis tous les
mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...) à la
pharmacie (La pharmacie (du grec φάρμακον/pharmakôn...) de l'hôpital des sites participants, après s'être soumis aux rendez-vous et aux tests nécessaires. Durant leur suivi, en plus de l'information sur les effets indésirables du cannabis, les participants ont dû
passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques...) des tests de la fonction
pulmonaire (Les pulmonaires sont des plantes de la famille des Boraginacées appartenant au genre...) et cognitive et ont été interrogés sur leur niveau de douleur, leur humeur et leur
qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et...). Plusieurs participants se sont également soumis à une série complète d'analyses sanguines, incluant la
biochimie (La biochimie est la discipline scientifique qui étudie les réactions chimiques ayant lieu...) de routine, la fonction hépatique et rénale et le taux de certaines hormones. Les patients ont consommé en
moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...) 2,5 grammes de cannabis par
jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) sous la forme d'administration souhaitée (fumée, vaporisée ou ingérée) au cours de l'étude.
"Nos
données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) révèlent que les consommateurs quotidiens de cannabis ne couraient pas plus de risque de subir d'effets indésirables graves que les non-utilisateurs (groupe témoin), explique la Dre Aline
Boulanger (Le boulanger est spécialisé dans la fabrication du pain, de ses dérivés, de la viennoiserie.), professeure clinique au
Département d'anesthésiologie de l'
Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement...) et l'une des co-auteurs de l'étude et directrice du Centre d'expertise de la douleur chronique au
Centre Hospitalier de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Montréal. Nous n'avons trouvé aucune preuve d'effets indésirables sur les fonctions cognitives et pulmonaires ou dans les analyses sanguines des consommateurs de cannabis. À l'
inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de...), nous avons remarqué que les consommateurs de cannabis toléraient nettement mieux la douleur, présentaient moins de détresse à l'égard des symptômes et disaient avoir une meilleure humeur et une meilleure qualité de
vie (La vie est le nom donné :) par rapport au groupe témoin."
Cependant, les chercheurs ont remarqué une augmentation du risque d'effets indésirables sans
gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) chez les consommateurs de cannabis médical, tels que des maux de tête, des nausées, des étourdissements, la somnolence et des problèmes respiratoires associés au
tabagisme (Le tabagisme est le fait de consommer du tabac, produit manufacturé élaboré à...).
"Il est important de tenir compte des limites de l'étude, ajoute le Dr Ware. Les patients ont été recrutés sur une base volontaire, ils n'étaient pas sélectionnés au
hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon...) et pour la plupart, ils consommaient déjà du cannabis à des fins médicales. Il semble donc que cette option thérapeutique soit relativement sécuritaire lorsqu'elle est utilisée par des personnes qui considèrent que ça les aide. Toutefois, nous ne pouvons pas tirer de conclusions hâtives quant à l'innocuité du cannabis chez les nouveaux utilisateurs."
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