Le français Albert Fert Prix Nobel de Physique 2007
Publié par Michel le 10/10/2007 à 00:31
Source: CNRS
Illustration: © CNRS Photothèque / LEBEDINSKY, Christophe
Le Prix Nobel de Physique 2007 vient d'être décerné à Albert Fert, professeur à l'Université Paris-Sud 11, directeur scientifique au sein de l'Unité mixte de physique CNRS/Thales, associée à l'Université Paris-Sud 11, Médaille d'or 2003 du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), lauréat du Japan Prize 2007 et du Wolf Prize 2007. Il récompense sa découverte de la magnétorésistance géante (Une étoile géante est une étoile de classe de luminosité II ou III. Dans le diagramme de Hertzsprung-Russell, les géantes forment deux branches au-dessus de la...) (Giant Magneto-Resistance, GMR) et sa contribution au développement de la spintronique.

La GMR est notamment à l'origine de l'élaboration de têtes de lecture magnétique extrêmement performantes, qui sont utilisées aujourd'hui dans tous les disques durs. Cette récompense est également attribuée à Peter Grünberg, qui avec son équipe à Jülich, en Allemagne, a obtenu simultanément des résultats expérimentaux similaires.

Les recherches d'Albert Fert dans le domaine des nanosciences, en particulier sa découverte de la magnétorésistance géante, ont déjà eu un impact très important sur les technologies de l'information et de la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces)...). En effet, depuis 1997, toutes les têtes de lecture de disque dur (Un disque dur est une mémoire de masse magnétique utilisée principalement dans les ordinateurs, mais également dans des baladeurs numériques, des caméscopes, des lecteurs/enregistreurs de DVD de salon, des...) utilisent la magnétorésistance géante de multicouches magnétiques pour détecter les inscriptions magnétiques sur le disque (Le mot disque est employé, aussi bien en géométrie que dans la vie courante, pour désigner une forme ronde et régulière, à l'image d'un palet — discus en latin.). La performance de ces têtes a permis de multiplier par cent le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) d'information stockée sur une même surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu...).

La magnétorésistance géante a été découverte en 1988 dans le cadre d'une collaboration associant l'équipe d'Albert Fert (CNRS/Université Paris-Sud 11) et Thales (Thalès de Milet appelé communément Thalès (en grec ancien Θαλής / Thalês), était un philosophe...) (à l'époque Thomson-CSF). Cette découverte a fait émerger un nouveau type d'électronique, que l'on appelle spintronique, et qui, comme la GMR, exploite l'influence du spin (Le spin est une propriété quantique intrinsèque associée à chaque particule, qui est caractéristique de la nature de la particule, au même titre que sa masse et sa charge électrique. Comme...) des électrons sur la conduction électrique. Albert Fert et l'Unité mixte de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et...) CNRS/Thales ont contribué de façon significative au développement de la spintronique, notamment dans le domaine des phénomènes dits de transfert de spin qui auront des applications importantes comme la commutation de mémoires magnétiques et la réalisation d'oscillateurs radiofréquence/hyperfréquence pour l'électronique professionnelle.

La spintronique est aujourd'hui une nanoscience en pleine expansion. Elle évolue vers des dispositifs hybrides associant des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) magnétiques à des semi-conducteurs ou des molécules, et promet de nombreuses applications dans le domaine de l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le...) et des télécommunications (Les télécommunications sont aujourd’hui définies comme la transmission à distance d’information avec des moyens électroniques. Ce terme est plus utilisé que le terme synonyme officiel «communication...).

Albert Fert

Albert Fert est né le 7 mars 1938 à Carcassonne. Il est diplômé de l'Ecole Normale Supérieure de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...) et docteur ès sciences physiques. De 1962 à 1976, Albert Fert est maître-assistant à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où...) de Grenoble, puis à l'Université Paris-sud 11. En 1976 il est nommé professeur à l'Université de Paris-sud 11. De 1970 à 1995, Albert Fert est responsable d'un groupe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également...) au Laboratoire de physique des solides à la faculté des sciences d'Orsay avant d'être un des fondateurs en 1995 de l'Unité mixte de physique CNRS/Thales. Il est membre de l'Académie des Sciences (Une académie des sciences est une société savante dont le rôle est de promouvoir la recherche scientifique en réunissant certains des chercheurs les plus éminents, en tenant des...).

Tout au long de sa carrière, Albert Fert reçoit de nombreux prix:
- International Prize for New Materials de l'American Physical Society (1994)
- Magnetism Award de l'International Union for Pure and Applied Physics (1994)
- Le grand prix de physique Jean Ricard de la société française de physique (1994)
- Hewlett-Packard (Hewlett-Packard Company, officiellement abrégée en HP, est une entreprise d'informatique et d'électronique multinationale américaine. Elle fait partie des 40 plus grosses...) Europhysics Prize de l'European Physical Society (1997)
- La médaille d'Or du CNRS (2003)
- Japan Prize (2007)
- Wolf Prize (2007)

Il a publié près de 300 articles, dont l'un figure dans le "Top Ten" des articles les plus cités de la revue Physical Review Letters.

Page générée en 0.253 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique