Prédire le climat à plusieurs décennies, sans prévoir la météo à quelques jours: logique ?

Publié par Adrien le 20/05/2024 à 08:00
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L'incapacité des météorologues à prédire efficacement le temps à court terme contraste avec la certitude des climatologues concernant les tendances à long terme. Cette différence soulève de nombreuses questions et suscite souvent l'incompréhension. Comment est-il possible d'anticiper les changements climatiques des décennies à l'avance alors que les prévisions météo à quelques jours restent hasardeuses ?

Météo ou climat: un exemple frappant

Supposons que nous sommes le 5 janvier, et il fait 0°C. Il est difficile de prévoir avec précision si le 10 janvier il fera plus chaud ou plus froid: c'est une prédiction météorologique. En revanche, on peut affirmer avec un très bon niveau de confiance qu'il fera plus que 0°C le 5 juillet. En supposant même qu'il s'agisse du jour le plus froid de l'été, il sera plus chaud qu'en janvier: c'est une prédiction climatique.

Les prévisions météorologiques se basent sur des paramètres très variables et sont influencées par de nombreux facteurs, comme les courants atmosphériques et marins, rendant la précision limitée à quelques jours. Cela explique pourquoi il est souvent difficile de prédire la météo précise plusieurs jours à l'avance. Les modèles météorologiques sont complexes et doivent constamment être mis à jour avec de nouvelles données pour conserver un minimum de précision.

En revanche, les prévisions climatiques s'appuient sur des données macro, telles que les cycles solaires ou la composition atmosphérique. Ces données permettent de prévoir les tendances à long terme avec une fiabilité élevée. Par exemple, en été, l'hémisphère nord de la Terre est davantage orienté vers le Soleil, recevant ainsi plus d'énergie et de chaleur qu'en hiver. Cette orientation explique les variations de température entre les saisons et permet de prédire avec certitude qu'il fera en moyenne plus chaud en juillet qu'en janvier.

L'augmentation de l'apport en énergie solaire n'est pas la seule a influer sur le climat. En miroir, la perte d'énergie de l'atmosphère, contrebalançant l'apport d'énergie solaire, est tout aussi importante. Les gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone et le méthane, emprisonnent la chaleur dans l'atmosphère, augmentant ainsi les températures globales.

Des conséquences observées et chiffrées

Depuis le XIXe siècle et le début de l'ère industrielle, la proportion de gaz à effet de serre dans l'atmosphère n'a cessé d'augmenter au fil des décennies. Avec une très forte corrélation, la température moyenne mondiale n'a cessé d'augmenter de décennie en décennie, battant régulièrement ses propres records.


Séries chronologiques du niveau moyen des océans, données extraites en septembre 2022.
Crédits: E.U. Copernicus Marine Service Information
Traitements: SDES, 2022

L'élévation du niveau des mers est une autre conséquence importante du réchauffement climatique. Depuis 1900, le niveau des mers a augmenté d'environ 20 cm. Cette hausse est principalement due à la fonte des glaciers et à l'expansion thermique de l'eau. Les projections indiquent que le niveau des mers pourrait augmenter de plusieurs dizaines de centimètres d'ici 2100, entraînant des inondations dans les zones côtières basses et affectant des millions de personnes.

Les modèles climatiques intègrent des paramètres globaux et des données historiques pour estimer les tendances futures. Par exemple, la fonte partielle des calottes polaires pourrait relever de plusieurs mètres le niveau marin au cours des siècles à venir. De plus, environ 20 à 30 % des espèces évaluées sont susceptibles d'être exposées à un risque accru d'extinction si le réchauffement mondial dépasse 1,5 à 2,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.

La difficulté à prévoir la météo à court terme ne remet pas en question la capacité des scientifiques à estimer les tendances climatiques sur plusieurs décennies. Le climat se définit par des moyennes à long terme, tandis que la météo se concentre sur les variations à court terme. Ces distinctions sont essentielles pour comprendre et répondre aux enjeux du réchauffement climatique et pour agir de manière efficace contre ses effets.
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