Un premier bilan des sources et des puits de protoxyde d'azote (N2O) à l'échelle globale

Publié par Isabelle le 28/10/2020 à 13:00
Source: CNRS INSU
Le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O) est un puissant gaz à effet de serre (environ 300 fois plus efficace que le dioxyde de carbone), qui contribue à la fois à l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique et au réchauffement climatique. Sa concentration dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) a augmenté de 2 % par décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.) au cours des 150 dernières années.


Bilan global de N2O pour la période 2007-2016 montrant les flux directs et indirects associés aux sources anthropiques (flèches aux tons chauds ; rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.): agriculture) et les sources et puits naturels (flèches vertes). Le bilan total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total...) n'est pas exactement égal à l'accumulation atmosphérique observée, car les différents termes ont été évalués de manière indépendante. Ce déséquilibre apparent correspond à la marge d'incertitude évaluée sur le bilan. Les sources et puits sont donnés en TgN/an.

Un groupe international de chercheurs du "Global Carbon Project" et de l'"International Nitrogen Initiative" vient de réaliser un premier inventaire complet des sources et puits de N2O, tant naturels qu'anthropiques. Ce bilan prend en compte l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) des compartiments du système Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...) (atmosphère, continents et océans) et tient compte des interactions potentielles entre les dépôts d'azote (L'azote est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole N et de numéro atomique 7. Dans le langage courant, l'azote désigne le gaz diatomique diazote N2, constituant majoritaire de l'atmosphère...) (N) et les processus biochimiques qui contrôlent les émissions de N2O. Ce bilan a permis d'établir que le taux des émissions de N2O à l'échelle globale avait augmenté de 10 % depuis 1980 pour atteindre 17,0 TgN/an (téragrammes d'azote par an) en 2016.

Des chercheurs français de ce groupe ont participé à l'estimation des flux de N2O émis par l'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau salée. En fait, il s'agit plutôt d'un volume, dont...) et les surfaces continentales. Le flux océanique de N2O a été évalué à 3,4 TgN/an (estimé dans une fourchette allant de 2,5 à 4,34) pour la décennie 2007-2016. La zone tropicale (30°S-30°N) est la principale région émettrice (53 % de ce flux), devant l'hémisphère sud (L'hémisphère sud ou hémisphère austral est la moitié du globe terrestre qui s'étend entre l'équateur et le pôle Sud. En astronomie, ce terme désigne la...) (31 %) et l'hémisphère nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) (17 %). Toutefois, la principale cause de l'augmentation du N2O atmosphérique reste l'emploi d'engrais (Les engrais sont des substances, le plus souvent des mélanges d'éléments minéraux, destinées à apporter aux plantes des compléments d'éléments nutritifs, de façon...) azotés sur les terres agricoles, dont l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) participe à hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) de 70 % des émissions anthropiques sur la décennie 2007-2016. Plus généralement, l'ensemble des émissions anthropiques de N2O a augmenté de 30 % à l'échelle globale sur les 4 dernières décennies (1980-2016) pour atteindre 7,3 TgN/an (fourchette allant de 4,2 à 11,4).

Cette étude souligne qu'il est urgent de réduire les émissions de N2O.

En savoir plus:
Tian, H., Xu, R., Canadell, J.G. et al. A comprehensive quantification of global nitrous oxide sources and sinks. Nature 586, 248-256 (2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-2780-0

Contacts:
- Philippe Ciais - Chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...) en climatologie - philippe.ciais at lsce.ipsl.fr
- Sarah Berthet - CNRM - sarah.berthet at meteo.fr
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