✈️ Il y a désormais un risque non négligeable qu'un débris spatial percute un avion de ligne

Publié par Adrien,
Source: Journal of Space Safety Engineering
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Un petit morceau de métal venu de l'espace pourrait-il un jour percuter un avion de ligne ?

Cette interrogation gagne en pertinence. Les objets fabriqués par l'Homme retombent vers la Terre de plus en plus souvent, et certains débris parviennent à traverser l'atmosphère sans se consumer entièrement. Cette situation introduit une nouvelle forme de risque aérien, modeste mais avéré, qui retient l'attention des spécialistes.

Chaque semaine en moyenne, un étage de fusée ou un vieux satellite achève sa course dans l'atmosphère terrestre. La grande majorité de ces objets se désintègrent sous l'effet de la chaleur et des frottements. Pourtant, certains fragments résistent et poursuivent leur chute vers le sol. Des études statistiques, dont une publiée en 2025 dans Space Safety Engineering, évaluent l'existence d'une probabilité, faible mais mesurable, que l'un de ces débris percute un avion. Les modèles mentionnent une chance sur mille qu'un vol commercial soit touché durant l'année 2030.


Débris du Starship 7 vus depuis le poste de pilotage d'un avion de ligne, en janvier 2025.

Il convient toutefois de situer ces chiffres au regard de l'immense densité du trafic aérien mondial. Un ingénieur de l'Agence spatiale européenne rappelle qu'un avion peut être affecté par des particules très petites, à l'image du danger que représente la cendre volcanique pour les réacteurs. Ainsi, l'attention se porte non seulement sur la probabilité d'un impact, mais également sur la gravité potentielle d'un tel événement, compte tenu du nombre de passagers à bord et de la vulnérabilité des appareils.

L'incident lié au retour incontrôlé d'un étage de fusée chinoise Long March 5B en 2022 illustre bien ce problème. Il avait conduit à la fermeture de l'espace aérien au-dessus de l'Espagne, perturbant plus de trois cents vols. Cet épisode a révélé la difficulté de prévoir avec exactitude la trajectoire finale d'un objet en perdition. Les marges d'erreur demeurent importantes, pouvant couvrir plusieurs heures de vol et des milliers de kilomètres, ce qui complique grandement la décision de fermer une portion du ciel.

L'amélioration des prévisions nécessite une connaissance plus approfondie des couches hautes de l'atmosphère. C'est l'objectif de missions comme DRACO, prévue par l'Agence spatiale européenne pour 2027. Cette capsule instrumentée est conçue pour se désintégrer de manière maîtrisée lors de sa rentrée, rassemblant ainsi des informations précieuses sur ce phénomène. Simultanément, un comité international rassemblant plusieurs agences spatiales organise régulièrement des exercices de simulation pour peaufiner les modèles de prédiction.

Une coordination étroite entre les gestionnaires du trafic aérien et les agences spatiales constitue un autre volet de la réponse. Il s'agit d'élaborer des protocoles communs visant à déterminer à partir de quel seuil de risque un secteur aérien doit être temporairement interdit. Des organisations comme l'Organisation de l'aviation civile internationale collaborent déjà avec l'industrie spatiale sur ces sujets, dans le but d'instaurer des normes et des procédures applicables de manière uniforme dans le monde.

Les voyageurs peuvent être rassurés: la probabilité pour un individu d'être touché par ce phénomène demeure infinitésimale. Les travaux en cours ont pour but de rendre ce risque encore plus marginal en perfectionnant la prévision des retours et la gestion du trafic aérien. L'ambition est d'anticiper ces événements pour permettre aux avions de les éviter en douceur, sans que les passagers ne s'en rendent compte, permettant ainsi la fluidité et la sécurité des voyages.

La rentrée atmosphérique des satellites


Lorsqu'un satellite ou un étage de fusée n'a plus de carburant, son orbite autour de la Terre commence à s'abaisser progressivement. Cette descente résulte de la friction, même infime, avec les dernières couches de l'atmosphère. Cette région, située entre 100 et 200 kilomètres d'altitude, est extrêmement ténue mais suffisante pour ralentir les objets.

Plus l'objet est massif ou dense, plus il mettra de temps à se consumer. Sa forme et les matériaux qui le composent jouent également un rôle déterminant. Les panneaux solaires ou les réservoirs en aluminium fondent généralement plus vite que les pièces en titane ou en céramique. C'est pourquoi certains fragments peuvent atteindre des altitudes bien plus basses.

Le calcul de la trajectoire finale s'avère très ardu. La densité de l'air à ces altitudes évolue constamment avec l'activité du Soleil. Un cycle solaire intense peut chauffer et gonfler l'atmosphère, augmentant la traînée et accélérant la chute des débris. Ces variations imprévisibles expliquent les larges marges d'erreur dans les prévisions.

Pour suivre les grands objets, les agences spatiales utilisent des radars et des télescopes. Concernant les fragments plus petits, elles s'appuient sur des modèles informatiques qui reproduisent la désintégration. Ces modèles sont constamment perfectionnés grâce aux données recueillies lors des rentrées observées, ce qui permet de mieux cerner le devenir de chaque composant.
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