🧠 Après un long vol spatial, le cerveau des astronautes n'est plus au même endroit

Publié par Adrien,
Source: The Conversation
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Flotter dans la Station spatiale internationale (ISS), libéré de la force de gravité, entraîne des transformations corporelles étonnantes... sur le cerveau. Une étude récente révèle qu'il s'est déformé et déplacé à l'intérieur du crâne après un séjour spatial. Ce phénomène, dû à l'absence de gravité, pourrait avoir des répercussions sur les futures missions.

Pour comprendre ces changements, des scientifiques ont analysé des images par résonance magnétique (IRM) du cerveau de 26 astronautes. Ces clichés ont été pris avant et après leur mission, ce qui a permis de comparer la position du cerveau par rapport au crâne. En alignant précisément les crânes sur les scans, ils ont pu mesurer les mouvements cérébraux avec une grande précision.


Image d'illustration Unsplash

Les résultats indiquent que le cerveau se déplace vers le haut et vers l'arrière lors d'un séjour en microgravité. Plus la durée de la mission est longue, plus ce mouvement est important. Par exemple, pour des astronautes restant un an dans l'espace, certaines régions cérébrales ont bougé de plus de deux millimètres. Bien que cette distance semble minime, elle est significative dans l'environnement confiné du crâne.

L'examen de plus de cent zones cérébrales a permis aux chercheurs d'observer que les régions liées au mouvement et à la sensation sont les plus affectées. De plus, des structures situées de part et d'autre du cerveau se rapprochent de la ligne médiane, un phénomène qui passait inaperçu dans les études précédentes. Ces mouvements opposés s'annulent dans les mesures globales, ce qui explique pourquoi ils n'avaient pas été détectés auparavant.

Après leur retour sur Terre, la plupart de ces déformations et déplacements s'atténuent progressivement. Six mois plus tard, une grande partie du cerveau retrouve sa position initiale. Toutefois, le glissement vers l'arrière persiste plus longtemps, probablement parce que la gravité terrestre agit principalement vers le bas. Cette lente récupération montre l'adaptation nécessaire du corps après un vol spatial.

Ces découvertes sont précieuses pour les futures explorations spatiales, comme le programme Artemis de la NASA. En comprenant comment le cerveau s'adapte à la microgravité, il sera possible de concevoir des missions plus sûres pour les astronautes, notamment lors de voyages prolongés vers Mars. Les recherches se poursuivent pour évaluer les risques à long terme et développer des contre-mesures.

Ces changements ne semblent pas provoquer de symptômes graves chez les astronautes, comme des maux de tête ou des troubles cognitifs. Cependant, ils sont en corrélation avec des altérations de l'équilibre après le vol, ce qui montre l'intérêt de poursuivre les recherches.

La microgravité et son impact sur le corps humain


Sur Terre, la gravité joue un rôle important dans la distribution des fluides corporels, les attirant vers le bas. Dans l'espace, en microgravité, cette force disparaît, ce qui entraîne un déplacement des fluides vers la partie supérieure du corps. Les astronautes expérimentent alors un visage bouffi et des jambes plus fines, un phénomène souvent appelé 'visage lunaire et jambes d'oiseau'.

Ces changements fluidiques affectent également le cerveau et son environnement. Le cerveau, normalement stabilisé par la gravité, flotte dans le crâne et subit des pressions différentes de la part des tissus mous environnants. Cela peut entraîner des déformations et des déplacements, comme observé dans les études récentes.

À long terme, ces altérations pourraient influencer la santé des astronautes, notamment en termes de pression intracrânienne et de fonction cérébrale. Bien que les symptômes immédiats soient limités, comprendre ces mécanismes est vital pour préparer des missions spatiales prolongées.

Les recherches se concentrent donc sur le développement d'exercices ou d'équipements pour minimiser ces effets, assurant la sécurité des explorateurs spatiaux lors de voyages vers la Lune ou Mars.
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