La richesse spécifique des abeilles sauvages et des bourdons continue de décliner
Publié par Adrien le 09/11/2019 à 08:00
Source: CNRS INEE
La conservation de la diversité des espèces de pollinisateurs pourrait être cruciale pour tamponner les changements des écosystèmes engendrés par le changement climatique. Afin d'évaluer l'état de cette diversité, Tom Van Dooren, de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) d'écologie et des sciences de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques...) de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du...) (IEES - CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Sorbonne (La Sorbonne est un complexe monumental du Quartier latin de Paris. Elle tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne, collège dédié à la Théologie....) Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) / Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne / INRA / IRD / Université Paris Diderot), a analysé 73 années de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) sur la richesse spécifique des abeilles présentes aux Pays-Bas. Son constat: le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'espèces de bourdons a diminué d'environ vingt pour cent. Pour les autres espèces d'abeilles sauvages, les déclins sont inférieurs à ce chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.).


Anothophora bimaculata, une abeille sauvage présente aux Pays-Bas. © Ivar Leidus, commons.wikimedia.org

Le Rapport d'évaluation sur les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire (IPBES, résumé à l'intention des décideurs) explique que "dans certains pays européens, les tendances à la baisse concernant la diversité des insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office...) pollinisateurs se sont ralenties ou même arrêtées" (IPBES 2016). Il s'agit là d'une déclaration importante qui pourrait avoir des conséquences sérieuses, car elle peut être interprétée comme une preuve que les efforts actuels de conservation de la diversité portent leurs fruits. Cette déclaration s'appuie sur une seule étude.

Tom Van Dooren (2016), chargé de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) au CNRS au sein de l'Institut d'écologie et des sciences de l'environnement de Paris (IEES - CNRS / Sorbonne Université / Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne / INRA / IRD / Université Paris Diderot), a examiné les analyses réalisées dans cette étude. Son constat: il est nécessaire d'en revoir la conclusion, et les données sur les abeilles et les bourdons des Pays-Bas devraient être réanalysées, démarche qu'il a menée en détail et avec différentes méthodes (Van Dooren 2019).

La conclusion de cette nouvelle analyse est qu'il n'y a aucune preuve d'un ralentissement (Le signal de ralentissement (de type SNCF) annonce une aiguille (ou plusieurs) en position déviée qui ne peut être franchie à la vitesse normale de la ligne.) de la perte de diversité des pollinisateurs. Pour les bourdons, l'une des méthodes détecte une réduction significative de 19 % du nombre d'espèces présentes aux Pays-Bas en 2018 par rapport à 1945. Pour d'autres espèces d'abeilles sauvages, le déclin estimé est plus faible et pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.) statistiquement non significatif. Pour être prudents en termes de mesures de conservation, Tom Van Dooren recommande de considérer comme réel ce déclin de 5 à 10 % du nombre d'espèces présentes.

Référence de la publication

Van Dooren TJM. Assessing species richness trends: declines of bees and bumblebees in the Netherlands since 1945. Ecology and Evolution 2019.

Références complémentaires

IPBES (2015), Assessment Report on Pollinators, Pollination and Food Production, Summary for Policymakers
Van Dooren (2016), Pollinator species richness: Are the declines slowing down?, Nature Conservation
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