Risque plus élevé de fracture chez les enfants dont la mère souffre de troubles de santé mentale

Publié par Adrien le 31/01/2020 à 08:00
Source: Université de Montréal
Chez les femmes atteintes de stress chronique ou de troubles anxieux avant, durant ou après la grossesse, le risque que leur enfant subisse une fracture en bas âge est 22 % plus élevé comparativement aux enfants de mères n'ayant pas ces problèmes de santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner...).

C'est ce qui se dégage d'une étude publiée dans la revue Bone et réalisée par la Dre Nathalie Auger, professeure au Département de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...) sociale et préventive de l'École de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des...) de l'Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement supérieur de Montréal au Québec. Elle est l'une des dix grandes universités du Canada (la deuxième en terme...).


L'étude indique que le risque de fracture chez l'enfant dont la mère vivait un stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des...) chronique était 17 % plus élevé que chez ceux dont la mère ne présentait pas ce problème. Les troubles anxieux, quant à eux, étaient associés à un risque accru de fracture de 26 %. Crédit: Getty

La Dre Auger et ses collègues tirent leurs résultats de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) issues d'une cohorte constituée de 773 000 enfants nés au Québec entre 2006 et 2016. Parmi eux, 8249 ont été hospitalisés pour une fracture durant leur enfance ‒ soit 1 % de la cohorte.

D'entrée de jeu, Nathalie Auger précise qu'en termes de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) publique une occurrence de 1 % dans une population désignée représente un risque très faible.

Des fractures en bas âge


Nathalie Auger
L'indice utilisé par les chercheurs pour établir la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot fréquence sans...) des fractures au sein de la cohorte repose sur le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de personnes par année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) de suivi. Par exemple, un enfant pour lequel on dispose de données sur 10 ans représente 10 personnes-années (p.-a) de suivi.

Ainsi, parmi les mères ne souffrant d'aucun trouble de santé mentale (groupe témoin), la fréquence des fractures chez les enfants était de 15,3 sur 10 000 p.-a. Chez ceux dont la mère avait reçu un diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et...) de stress chronique, la fréquence était de 20,5 sur 10 000 p.-a, tandis qu'elle était de 19,8 sur 10 000 p.-a parmi les enfants de mères atteintes de troubles anxieux.

Les chercheurs ont établi que le risque de fracture chez l'enfant dont la mère vivait un stress chronique était 17 % plus élevé que chez ceux dont la mère ne présentait pas ce problème. Les troubles anxieux, quant à eux, étaient associés à un risque accru de fracture de 26 %.

"Nos données indiquent aussi que le risque de fracture découlant de la maltraitance (La maltraitance désigne des mauvais traitements infligés à des personnes que l’on traite avec brutalité, rigueur. Ces victimes sont souvent dépendantes et sans défense. La maltraitance...) est 2,55 fois plus élevé chez les enfants de moins de 6 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) dont la mère composait avec un stress chronique ou des troubles anxieux, explique Nathalie Auger. Au-delà de 36 mois, c'est le risque de fracture découlant d'une chute qui est le plus haut."

Enfin, le risque de fracture des membres inférieurs chez les poupons de moins de 6 mois était 2,67 fois plus élevé que chez ceux dont la mère souffrait de stress chronique ou de troubles anxieux, comparativement aux enfants des mères du groupe témoin. Le risque de fracture de la colonne vertébrale (La colonne vertébrale, ou rachis, est un empilement d'os articulés appelés vertèbres. Elle est le support du dos des vertébrés, notamment des mammifères. C'est...), de la cage thoracique ou du bassin était, quant à lui, 2,36 fois plus prononcé.

"En ce qui a trait aux fractures résultant de la maltraitance, les circonstances entourant l'évènement restent floues, avertit la Dre Auger. Elles peuvent être liées aux comportements parentaux ‒ degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) de supervision, types de jeux auxquels l'enfant est exposé, activités à risque."

De plus, dans le cas de fractures découlant d'actes de maltraitance, les données ne permettent pas aux chercheurs de savoir si c'est la mère ou une autre personne qui en est responsable.

Pour un soutien maternel accru

Les résultats de l'étude visent à mieux comprendre la réalité vécue par les mères ayant des problèmes de santé mentale et à cerner plus précisément leurs besoins en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide,...) de soutien social.

"L'objectif ici n'est pas de blâmer qui que ce soit, conclut celle qui est aussi chercheuse au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) du CHUM. Nos résultats pourraient permettre d'éclairer les décideurs quant au soutien accru dont ont besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...) tant les femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale que leurs enfants."
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