Satellite détruit en 1500 débris: explosions de satellites en chaîne et syndrome de Kessler

Publié par Adrien le 17/11/2021 à 09:00
Source: ASP
En détruisant cette semaine un de ses satellites avec un missile, la Russie n'a pas seulement créé un nuage de débris qui met en danger d'autres satellites, voire la station spatiale elle-même: l'incident a fait renaître le cauchemar de tous ceux qui gèrent des engins en orbite terrestre (Une orbite terrestre est une orbite située autour de la Terre. La Lune, le seul satellite...): le syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible...) de Kessler.


En 1978, l'astrophysicien américain Donald J. Kessler a imaginé un scénario-catastrophe: les collisions entre débris de satellites, en créant elles-mêmes davantage de débris, finissent par augmenter de façon exponentielle (La fonction exponentielle est l'une des applications les plus importantes en analyse, ou plus...) le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) "d'objets" en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps...). Le film Gravity, en 2013, s'en est inspiré.

À la base, il est vrai que, tôt ou tard, un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans...) en orbite finit par "s'éliminer" en retombant dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :), où il va se désintégrer. Mais ça peut prendre des années, voire des décennies: autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne...) de notre planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...), tournent encore des satellites inutilisés depuis les années 1970 ou 1980. Et pendant ce temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...), de plus en plus de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...), et à présent des compagnies privées, lancent de plus en plus de satellites, dans un espace qui n'est pas infini (Le mot « infini » (-e, -s ; du latin finitus,...): les orbites basses (moins de 1000 km) sont privilégiées pour l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...), la télédétection (La télédétection désigne, dans son acception la plus large, la mesure ou l'acquisition...) et les communications. La station spatiale (Une station spatiale, dans le domaine de l'astronautique, est une installation spatiale en orbite...), par exemple, tourne à environ 400 km d'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau...).

Cette forme de pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le...) est dénoncée depuis longtemps: des tentatives ont été faites, en vain, pour imposer entre autres aux pays lanceurs de prévoir une réserve de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme...) afin que leur satellite (Satellite peut faire référence à :), à la fin de sa vie (La vie est le nom donné :) utile, puisse être envoyé se désintégrer dans l'atmosphère. L'ajout à cela de nuées de petits débris, tous susceptibles de causer des dommages à d'autres engins, amplifie le problème: l'aboutissement du syndrome de Kessler est qu'à un moment donné, des orbites deviennent carrément inutilisables pendant des décennies, en raison du risque de collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de...).

La question est donc revenue sur le tapis lundi, lorsqu'on a appris que la Russie avait testé un missile (Un missile est un projectile autopropulsé et guidé, constitué de :) antisatellite... avec succès: le missile a touché sa cible, créant un "nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en...)" estimé à 1500 débris, dont certains sur une orbite qui a été jugée, pendant quelques heures (L'heure est une unité de mesure  :), être assez rapprochée de la station spatiale pour que les astronautes reçoivent l'instruction (Une instruction est une forme d'information communiquée qui est à la fois une commande et une...) de prendre refuge dans les deux capsules capables de les ramener sur Terre. La Russie a nié mardi que la station spatiale ait été en danger, reprochant aux Américains d'avoir délibérément exagéré le risque.

Sept astronautes sont actuellement à bord de la station spatiale internationale (La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station ou ISS) est un habitat...), et trois autres occupent la nouvelle station spatiale chinoise, Tiangong.

Ces débris resteront en orbite pendant des années, voire des décennies, a affirmé l'agence américaine (US Space Command) dont l'une des tâches est de suivre à la trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le...) une multitude de ces débris, petits et grands.

L'Inde avait fait un test similaire en 2019, générant un nuage d'environ 400 débris. Les États-Unis aussi, en 2008, le dernier du genre pour ce pays. La Chine détient le record depuis 2007, avec environ 2300 débris.
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