Traiter le bois de construction avec un sous-produit de la fabrication du fromage

Publié par Adrien le 03/11/2022 à 13:00
Source: Université Laval
...
Restez toujours informé: suivez-nous sur Google Actualités (icone ☆)

La peinture que vous avez appliquée sur le lambris de bois du mur extérieur de votre maison s'écaille ? Les planches de votre patio ont fendillé et des champignons se sont installés dans les interstices ? Voilà le genre de problèmes qui surviennent lorsque le bois gonfle et se rétracte à répétition. Des chercheurs de l'Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme...) pourraient bien avoir trouvé une solution écologique à ce casse-tête. Et, étonnamment, le procédé qu'ils ont conçu pour améliorer la stabilité dimensionnelle du bois fait intervenir un sous-produit de la fabrication du fromage ! Les détails de ce procédé ont été présentés il y a quelques jours, à Vancouver, dans le cadre de la Canadian Chemical Engineering Conference.


Le traitement mis au point par l'équipe de l'Université Laval donne une couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes...) chaleureuse au bois.

Le sous-produit en question est le perméat d'ultrafiltration de lactosérum. "Le lactosérum est le fluide qui reste une fois que la majorité des protéines et de la matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses...) grasse ont été extraites du lait pour produire du fromage, explique Julien Chamberland, professeur au Département des sciences des aliments. Il existe des procédés pour valoriser les protéines résiduelles du lactosérum, mais ils génèrent eux aussi un abondant volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension...) de perméat - on parle de plus de 500 millions de litres chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) au Québec - qu'il faut aussi valoriser."

Les solides de ce perméat sont composés à 80% de lactose, le principal sucre du lait, poursuit le professeur Chamberland. "On peut en faire un agent de remplissage dans les médicaments ou un ingrédient important dans les formulations pour nourrissons. Comme le perméat ne contient que 5% de solides, les coûts de transformation sont bien souvent trop élevés par rapport à la valeur des produits qu'on en tire. Nous pensions qu'il y avait moyen de faire mieux."

Le professeur Chamberland, la professeure Véronic Landry, du Département des sciences du bois et de la forêt, et le professeur Gaétan Laroche, du Département du génie des mines, de la métallurgie (La métallurgie est la science des matériaux qui étudie les métaux, leurs...) et des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en...), ont uni leurs efforts pour trouver une application non alimentaire pour le perméat d'ultrafiltration. Le procédé qu'ils ont mis au point consiste à utiliser le perméat d'ultrafiltration pour assurer la stabilité dimensionnelle du bois.


Des tests visant à évaluer l'efficacité et la durabilité du traitement à base de perméat d'ultrafiltration du lactosérum sont en cours à la Forêt Montmorency. Le traitement a été appliqué sur la partie supérieure des planches.

Pour ce faire, le bois à traiter est immergé dans une solution contenant le perméat et des composés non toxiques comme l'acide citrique et le glycérol (Le glycérol ou la glycérine (C3H8O3) est un polyol. Son nom officiel est le...). Après deux heures (L'heure est une unité de mesure  :) de trempage, le bois est placé dans un four pendant 24 heures. "Nos analyses montrent que les petites molécules du perméat s'intègrent dans la paroi cellulaire du bois et qu'ils rendent le tout très stable, explique Véronic Landry. Les cellules restent gonflées en permanence, ce qui prévient les dommages causés par le gonflement et la contraction du bois."

Les chercheurs évaluent présentement l'efficacité de ce traitement sur des échantillons d'épinettes blanches et de peuplier faux-tremble exposés aux éléments à la Forêt Montmorency. "Chaque essence a ses particularités structurelles et nous devons évaluer dans quelle mesure le traitement assure sa stabilité dimensionnelle, précise la professeure Landry. Les intrants auxquels nous faisons appel sont beaucoup moins coûteux que l'acétylation du bois, un traitement utilisé en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un...). En plus, notre procédé ne fait pas intervenir de produits nocifs pour l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et...) ou pour la santé des travailleurs. Si les essais menés à la Forêt Montmorency sont concluants, nos travaux pourraient conduire à la création de nouveaux marchés pour des essences peu valorisées comme le peuplier faux-tremble."
Page générée en 0.362 seconde(s) - site hébergé chez Contabo | English version
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
A propos - Informations légales | Partenaire: HD-Numérique