Le vaccin antigrippal sous-utilisé pendant la grossesse
Publié par Adrien le 25/11/2018 à 08:04
Source: Jean Hamann - Université Laval
Depuis 2007, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande le vaccin antigrippal à toutes les Canadiennes qui attendent un enfant. En dépit de ces recommandations, moins de 30% des femmes enceintes reçoivent ce vaccin.
Le tiers des professionnels de la santé ne recommande pas systématiquement le vaccin antigrippal à leurs patientes enceintes

En dépit des recommandations des autorités canadiennes de santé, moins de 30% des femmes enceintes reçoivent le vaccin contre la grippe saisonnière (Les grippes saisonnières sont des grippes humaines dues à des virus du genre influenzavirus A, B ou C, qui circulent en permanence mais de manière saisonnière (avec un pic...). L'une des raisons derrière cette faible couverture vaccinale ? Les professionnels qui fournissent des soins de santé (Les soins de santé relèvent des sciences appliquées. Ils se centrent sur la santé de l'Homme ou de l'animal. Ils impliquent non seulement la recherche, l'étude et la...) aux femmes enceintes - en particulier les sages-femmes - ne font pas montre d'un égal enthousiasme quand vient le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de discuter de cette mesure avec leurs patientes. C'est ce qui se dégage d'une étude publiée dans le Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada et dont la première auteure est Eve Dubé, chercheuse à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) national de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques, psychosociaux et...) du Québec (INSPQ) et au CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et...) Laval et professeure invitée au Département d'anthropologie.

Depuis 2007, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande le vaccin antigrippal à toutes les Canadiennes qui attendent un enfant. Le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le...) des femmes est affaibli pendant la grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle puisse survivre hors du corps de la...) et le vaccin réduirait leurs risques de complications sérieuses et d'hospitalisations. De plus, le vaccin conférerait aux enfants une forme de protection contre l'influenza pendant leurs premiers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) de vie (La vie est le nom donné :). Malgré ces recommandations et malgré les campagnes de sensibilisation, les taux de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le vaccin) dans un organisme vivant afin de créer une réaction immunitaire positive contre une maladie infectieuse. La...) des futures mamans restent sous la barre des 30% alors que la cible est de 80%.

Les recommandations d'un professionnel de la santé constituent un facteur clé dans la décision de se faire vacciner ou non. Afin de mieux cerner les connaissances, les attitudes et les pratiques touchant la vaccination antigrippale des professionnels fournissant des soins de santé aux femmes enceintes, Eve Dubé et 23 autres chercheurs canadiens ont sondé 1 061 personnes en juillet et août 2017. L'échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) était composé de médecins de famille (27%), de gynécologues-obstétriciens (25%), d'infirmières (19%), de sages-femmes (19%) et de pharmaciens (10%) qui assuraient des soins aux femmes enceintes.

L'analyse des résultats révèle que même si 96% des répondants connaissent les recommandations au sujet de la vaccination antigrippale pour les femmes enceintes, seulement 72% disent avoir recommandé le vaccin à toutes leurs patientes enceintes lors de la plus récente saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois (voir...) grippale. Les infirmières (84%), les médecins (80%) et les pharmaciens (71%) l'ont fait beaucoup plus fréquemment que les sages-femmes (38%). "Les gens qui croient fortement à l'importance de ce vaccin sont plus enclins à participer à une enquête sur le sujet. Les taux réels sont probablement plus bas que ceux que nous rapportons", précise Eve Dubé.

Les sages-femmes étaient également moins nombreuses à croire que le vaccin était sécuritaire pour le foetus tous les trimestres (27% contre 65% pour les autres professionnels), que la vaccination des femmes enceintes contre l'influenza est un bon moyen de prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne...) contre la grippe (La grippe (ou influenza) est une maladie infectieuse fréquente et contagieuse causée par trois virus à ARN de la famille des Orthomyxoviridae...) (23% contre 71%) et que la vaccination réduit le risque d'influenza chez les nouveau-nés (22% contre 64%). "Les sages-femmes préconisent une approche plus naturelle de la santé et de l'accouchement et la plupart des études consacrées à ce groupe indiquent qu'elles sont moins favorables à la vaccination en général", commente Eve Dubé. Au Québec comme dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme...) du Canada, environ 10% des grossesses sont maintenant suivies par des sages-femmes.

Selon la chercheuse, les conclusions de l'étude indiquent qu'il reste beaucoup à faire pour améliorer les connaissances des professionnels de la santé au sujet de la vaccination antigrippale chez les femmes enceintes. "Le défi est encore plus grand lorsqu'on tente de sensibiliser des professionnels qui ne considèrent pas que cette tâche fait partie de leurs responsabilités et qu'il appartient à quelqu'un d'autre de s'en occuper. Pourtant, les recommandations que ces professionnels font à leurs patientes comptent plus dans la décision de se faire vacciner que toutes les campagnes d'information qu'on peut mener sur le sujet."

Outre Eve Dubé, Dominique Gagnon, de l'INSPQ, et Holly Witteman, de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) du CHU de Québec - Université Laval, figurent au nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) des signataires de l'étude menée sous l'égide du Réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet),...) canadien de recherche sur l'immunisation.

Depuis 2007, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande le vaccin antigrippal à toutes les Canadiennes qui attendent un enfant. En dépit de ces recommandations, moins de 30% des femmes enceintes reçoivent ce vaccin.
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