Le vélo électrique est-il vraiment bien plus polluant que le bicycle à pédales ?

Publié par Adrien le 27/08/2021 à 13:00
Source: ASP
Le vélo "classique", à pédales, semble le véhicule le moins polluant qu'on puisse imaginer: son carburant, c'est du jus de mollets. Mais qu'en est-il des vélos à assistance électrique ? Est-il établi qu'il sont plus polluants ?


Photo: Ryzhov Sergei / Dreamstime

Entre les deux roues (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par...) et les quatre roues, la cause est entendue. Avec ses 271 grammes de CO2 par passager et par kilomètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système...), la voiture émet 12 fois plus de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et...) à effet de serre (L'effet de serre est un processus naturel qui, pour une absorption donnée d'énergie...) (GES) que les vélos "musculaires" et à assistance électrique (VAE). L'étude de la Fédération cycliste européenne remonte à 2011, mais elle reste une des rares à s'être intéressée à la question.

Mais entre le bon vieux vélo et le VAE, lequel a le plus faible impact carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C,...) ? Après tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...), n'entend-on pas dire qu'entre voiture à essence et voiture électrique (Une voiture électrique est une automobile mue par la force électromotrice de moteurs...), la différence n'est pas aussi nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces...) qu'on l'imagine ? C'est qu'en réalité, la réponse dépend de là où on habite: au Québec, où l'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la...) est produite à partir de sources renouvelables, l'avantage est à la voiture électrique. Mais pour ceux qui vivent dans une région où l'électricité provient d'énergies fossiles (pétrole, charbon ou gaz), l'avantage de leur voiture électrique, en termes d'empreinte carbone, diminue.

Qu'en est-il du côté des vélos ?

La production et l'entretien du vélo

La production et l'entretien du vélo engendrent très peu d'émissions de GES. Pour une monture de 20 kg fabriquée majoritairement en aluminium (L'aluminium est un élément chimique, de symbole Al et de numéro atomique 13....) et qui roule en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...) 2400 kilomètres pendant huit ans, on parle de 5 g de CO2 par kilomètre, selon la Fédération cycliste européenne.

Le portrait serait cependant tout autre avec une machine constituée de composants en fibre (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se...) de carbone, dont la production délocalisée requiert beaucoup d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la...), souligne un rapport de l'association écologiste britannique Green Alliance, paru en 2017.

Mais le VAE est encore plus vorace. Outre la production et l'entretien de son moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif...) et de sa batterie au lithium-ion (Les accumulateurs à base de lithium utilisent des technologie en cours de mise au point,...), qui requièrent l'extraction de métaux parfois rares, l'approvisionnement en énergie d'un VAE pèse lourd dans la balance: 16 g de CO2 par kilomètre.

C'est là que la source de l'électricité vient jouer un rôle. Contrairement aux Pays-Bas, où l'étude de la Fédération cycliste européenne a eu lieu, le Québec peut compter sur des énergies renouvelables (hydroélectricité en tête) plutôt que sur des énergies provenant de sources fossiles. La recharge d'une batterie avec cette énergie "verte" allège donc les émissions de GES du VAE.

Le carburant du cycliste

Si la voiture a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est...) d'essence, les cyclistes ont eux aussi besoin de "carburant" pour pédaler ! Un surcroît d'effort se traduira-t-il par un plus gros repas ?

Le VAE part sur ce plan avec plusieurs longueurs d'avance, puisque son moteur facilite la vie (La vie est le nom donné :) du cycliste. Résultat: ce dernier dépense très peu d'énergie, de l'ordre de 245 kilocalories par heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur...) s'il pèse 70 kg. C'est l'équivalent d'une marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un...) à rythme modéré.

Le vélo "classique" n'a toutefois pas dit son dernier mot. Certes, sans assistance, ce même cycliste doit en suer un coup: environ 476 kilocalories par heure. Cette différence de 230 kilocalories peut paraître énorme, mais elle ne l'est pas tant si on tient compte du fait que le trajet moyen entre le domicile et le travail est d'environ 7,7 kilomètres au Canada. À cette distance, un déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles...) sur deux roues prend de 15 à 30 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un...).

Bref, bien que réelle, la légère différence de dépense énergétique (de 62 à 123 kilocalories environ) entre le vélo et le VAE n'entraînera probablement pas une modification substantielle du comportement alimentaire. Outre l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison,...), plusieurs autres facteurs comme le milieu socioéconomique et familial affectent plutôt la taille et la composition des repas.

Autrement dit, l'impact de la production de calories alimentaires dont a besoin le cycliste urbain pour pédaler est une variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle...) négligeable dans le calcul des émissions de GES.

Dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le...) sportif, où la dépense énergétique est plus importante, la diète prendrait une tout autre importance. Pédaler 100 kilomètres en carburant au steak tartare plutôt qu'au tofu est certainement plus nocif pour l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et...), ironise l'auteur Mike Berners-Lee dans son livre How Bad Are Bananas: The Carbon Footprint of Everything...

Ce texte est une adaptation d'un article du média de l'action climatique au Québec Unpointcinq, qu'on pourra lire ici.
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