Vers l'élimination du cancer du col de l'utérus
Publié par Isabelle le 02/07/2019 à 14:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Les programmes de vaccination contre le VPH ont entraîné une baisse importante des infections causées par ce virus au cours de la dernière décennie.
L'efficacité de la vaccination contre le virus du papillome humain laisse entrevoir la quasi-disparition de ce cancer

Les programmes de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le vaccin) dans un organisme vivant afin de créer une réaction immunitaire positive contre une maladie infectieuse....) contre le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme...) du papillome humain (VPH) sont d'une efficacité telle que les infections causées par ce virus ont connu une baisse draconienne au cours des dernières années. En fait, les résultats sont si probants qu'ils laissent entrevoir la quasi-élimination du cancer du col de l'utérus (L'utérus est un organe participant aux fonctions reproductrices chez les mammifères dont la femme. C'est une poche dont l'intérieur très vascularisé, ouverte vers le col...) d'ici quelques décennies. Voilà la conclusion d'une étude publiée aujourd'hui dans The Lancet par une équipe de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et...) Laval et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) du CHU de Québec - UniversitéLaval.

Rappelons que les maladies provoquées par le VPH comptent parmi les infections transmises sexuellement les plus courantes. Certaines formes du virus causent des condylomes génitaux ou anaux alors que d'autres provoquent des lésions pouvant conduire aux cancers de la bouche (La bouche (encore dénommée cavité buccale ou cavité orale) est l'ouverture par laquelle la nourriture d'un animal entre dans son...), de la gorge, du vagin, de la vulve, de l'anus (L'anus est l'orifice par lequel le rectum, la partie terminale du gros intestin (le côlon), abouche à l'extérieur du corps. L'anus est doté de sphincters lui permettant, en temps normal,...), du pénis et surtout, du col de l'utérus. "Le VPH est une composante présente dans presque 100% des cas de cancer du col de l'utérus", signale la chercheuse MélanieDrolet, première auteure de l'étude parue dans The Lancet.

Le premier vaccin contre le VPH a fait son apparition en 2007 et depuis une centaine de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus...) ont mis sur pied des programmes de vaccination contre ce virus. Comme les vaccins contre le VPH sont plus efficaces lorsqu'ils sont administrés à des personnes qui n'ont jamais été infectées par ce virus, les premières campagnes de vaccination ont surtout ciblé les préadolescentes.

L'équipe de chercheurs dirigée par le professeur MarcBrisson a effectué une méta-analyse de 65études récentes réalisées dans 14pays qui ont implanté un programme de vaccination contre le VPH au cours des 10dernières années. À l'aide de ces données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire,...) portant sur un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de 60millions de personnes, ils ont comparé la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi...) des infections à VPH, des condylomes et des lésions précancéreuses du col de l'utérus dans chacun de ces pays avant et après l'implantation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :) du programme.

Voici les principales conclusions de leurs analyses:

- La fréquence des infections causées par les deux principales formes du VPH causant le cancer du col de l'utérus a diminué de 83% chez les filles de 13 à 19ans et de 66% chez les femmes de 20 à 24ans;

- La fréquence des condylomes a chuté de 67% chez les 15 à 19ans, de 54% chez les 20 à 24ans et de 31% chez les 25 à 29ans;

- La fréquence des lésions précancéreuses du col de l'utérus a baissé de 51% chez 15 à 19ans et de 31% chez les 20 à 24ans.

Par effet d'immunité de groupe, la vaccination des jeunes filles a eu des retombées positives chez les jeunes hommes.
ainsi la fréquence des condylomes a diminué de 48% chez les 15 à 19ans et de 32% chez les 20 à 24ans.

Au Canada, le cancer du col de l'utérus touche unefemme sur 150 et le taux de mortalité (La mortalité, ou taux de mortalité est le nombre de décès annuels rapporté au nombre d'habitants d’un territoire donné. Elle se distingue de la morbidité : nombre de malades annuels...) sur une période de cinq ans est d'environ 25%. "La vaccination contre le VPH est encore trop récente pour que l'on puisse mesurer des effets sur ce cancer, souligne MélanieDrolet. Par contre, nos analyses montrent que la vaccination réduit substantiellement le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'infections et de lésions précancéreuses causées par le VPH. Ces réductions sont un premier signe que la vaccination pourrait éventuellement mener à l'élimination du cancer du col de l'utérus en tant que problème de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des...)."

L'équipe du professeur Brisson tente maintenant de préciser à quel moment l'élimination de ce cancer pourrait survenir et quelles sont les caractéristiques des programmes de vaccination qui permettraient d'y arriver plus rapidement.

Les auteurs de l'étude parue dans The Lancet sont MélanieDrolet, ÉlodieBénard, NormaPérez, MarcBrisson et une cinquantaine de chercheurs de 14pays associés au HPV Vaccination Impact Study Group.


L'équipe, dirigée par le professeur Marc Brisson et dont fait partie la chercheuse Mélanie Drolet, a effectué une méta-analyse de 65 études récentes réalisées dans 14 pays qui ont implanté un programme de vaccination contre le VPH au cours des 10 dernières années.
Photo: Louise Leblanc

Les programmes de vaccination contre le VPH ont entraîné une baisse importante des infections causées par ce virus au cours de la dernière décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.).
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