Vers une meilleure compréhension de l'anatomie cérébrale dans le trouble du spectre de l'autisme
Publié par Isabelle le 13/05/2019 à 14:00
Source: Université McGill
Une étude pourrait mener à la mise au point de biomarqueurs et de traitements personnalisés

Les sujets qui présentent un trouble du spectre de l'autisme (TSA) sont souvent amalgamés dans un seul et même groupe, bien qu'ils exhibent des différences significatives sur le plan des symptômes et de la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de leur trouble. Bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'études sur le sujet ont donné des résultats significativement différents, ce qui brouille davantage les pistes lorsque vient le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de comprendre et de traiter le TSA.

Or, une étude récemment publiée dans Molecular Psychiatry a entrepris de régler quelques‑uns des désaccords au chapitre de l'anatomie (L'anatomie (provenant du nom grec ἀνατομία anatomia, provenant du verbe ἀνατέμνειν...) cérébrale dans le TSA. Dirigée par des chercheurs de la faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment...) McGill et de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable,...) Douglas, l'étude repose sur une importante base de données (En informatique, une base de données (Abr. : « BD » ou « BDD ») est un lot d'informations stockées dans un dispositif informatique. Les technologies existantes permettent...).

"Les résultats les plus importants de notre étude portent sur les différences observées quant aux sources de l'hétérogénéité", affirme le Dr Mallar Chakravarty, professeur adjoint au département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot...) de l'Université McGill et auteur en chef de l'étude. "Par exemple, il existe des théories de longue date selon lesquelles les filles qui présentent un TSA doivent avoir un fardeau de risque plus élevé avant de manifester des symptômes. Selon nos données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.), le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) est plus volumineux et plus épais chez la plupart des patients qui ont un TSA, mais chez les filles, il est encore plus épais, et associé plus étroitement à la gravité des symptômes."

L'une des études les plus vastes en son genre

Pour parachever leur étude, les chercheurs ont fait appel à différentes sources, dont les données publiques du consortium ABIDE. Ils ont en outre eu accès aux données issues d'une collaboration internationale d'envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).) consacrée à l'étude des variations anatomiques cérébrales dans le TSA, qui réunit un hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités...) du Canada (SickKids® de Toronto), un institut des États‑Unis (National Institute of Mental Health) et deux établissements du Royaume-Uni (University of Cambridge et King's College).

Grâce à l'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par impression...) par résonance (Lorsqu'on abandonne un système stable préalablement écarté de sa position d'équilibre, il y retourne, généralement à travers des oscillations propres. Celles-ci se produisent à la fréquence propre du système. Si le système...) magnétique (IRM), les chercheurs ont été en mesure d'examiner l'anatomie cérébrale de 1327 sujets neurotypiques ou autistes, ce qui fait de cette étude l'une des plus vastes en son genre. "Dans le cadre de notre projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de...), nous avons observé que la différence entre l'anatomie corticale d'un sujet TSA et celle d'un sujet dont le développement est normal n'est pas statique (Le mot statique peut désigner ou qualifier ce qui est relatif à l'absence de mouvement. Il peut être employé comme :)", explique le Dr Chakravarty, qui est également spécialiste en neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques,...) computationnelles au Centre d'imagerie cérébrale de l'Institut Douglas. "Fait important, les grandes différences que l'on peut observer au chapitre de la symptomatologie, de la gravité des symptômes, des capacités cognitives, de l'âge et du sexe (Le mot sexe désigne souvent l'appareil reproducteur, ou l’acte sexuel et la sexualité dans un sens plus global, mais se réfère aussi aux...) tiennent toutes aux différences cérébrales observées dans le TSA seul."

Autre fait à noter, les chercheurs ont découvert que les différences corticales les plus prononcées s'observent chez les enfants les plus jeunes de même que chez ceux qui présentent les capacités cognitives les plus faibles, comme en témoigne leur quotient intellectuel.

Les prochaines étapes

Pour la suite des choses, les chercheurs espèrent obtenir un profil encore plus détaillé des sources de l'hétérogénéité, y compris l'examen des différents types de symptômes - ou la création de sous-groupes en fonction des symptômes - et les enjeux médicaux concomitants. Ils envisagent également de recourir à des techniques novatrices pour examiner l'origine des modifications de la variabilité corticale au niveau de la microstructure.

Au dire des chercheurs, cette étude est prometteuse pour l'avenir. "La démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment...) d'une variation du développement cérébral en fonction de différents facteurs connus, comme l'âge, le sexe et les capacités cognitives, porte à croire que certains de ces facteurs devraient être pris en compte lors d'études futures et, éventuellement, dans le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers,...) et le traitement du TSA", de noter Saashi Bedford, étudiante diplômée de McGill qui travaille de concert avec le Dr Chakravarty et auteure principale de l'étude.

"Large-scale analyses of the relationship between sex, age and intelligence quotient heterogeneity and cortical morphometry in autism spectrum disorder", par Saashi A. Bedford et al.; étude publiée en ligne dans Molecular Psychiatry le 26 avril. https://doi.org/10.1038/s41380-019-0420-6
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