Le yaourt contre l'obésité familiale ?
Publié par Adrien le 06/05/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval

"Le yaourt n'est pas la solution à l'obésité et à ses complications, insiste Vicky Drapeau. Par contre, certains groupes alimentaires comme le yaourt peuvent réduire le risque de problèmes métaboliques, surtout chez les plus vulnérables."
La consommation de yaourt associée à une meilleure régulation de l'insuline (L'insuline (du latin insula, île) est une hormone peptidique sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Elle a, avec le glucagon, un rôle majeur...) chez les enfants de parents obèses

Les enfants dont au moins l'un des parents souffre d'obésité (L'obésité est l'état d'une personne, ou d'un animal, souffrant d'une hypertrophie de la masse adipeuse, qui se traduit par un excès de poids, réparti de façon...) pourraient se prémunir contre certains problèmes métaboliques en consommant quotidiennement du yaourt. C'est ce que suggère une étude que des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) Laval viennent de publier dans l'European Journal of Clinical Nutrition.

Les chercheurs arrivent à cette conclusion au terme d'une étude portant sur 112 jeunes qui avaient au moins un parent obèse - indice de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de gravitation (la masse grave). Ces...) corporelle égal ou supérieur à 30 - et sur 86 jeunes sans parent obèse. "Des études antérieures ont démontré que les enfants qui ont un parent obèse ont quatre fois plus de risque d'avoir des problèmes de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la résultante des autres...) à l'âge adulte. Lorsque les deux parents sont obèses, le risque est 10 fois plus grand", rappelle la responsable de l'étude, Vicky Drapeau, du Département d'éducation physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens...).

Les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) récoltées par les chercheurs confirment que le fait d'avoir des antécédents familiaux d'obésité influence plusieurs indicateurs de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.). Les sujets du groupe obésité familiale avaient un poids, un indice de masse corporelle et un taux d'adiposité nettement plus élevés que les sujets sans parent obèse.

De plus, différents indicateurs métaboliques suggéraient que les sujets du groupe obésité familiale avaient une moins bonne régulation de l'insuline et un haut niveau de résistance à l'insuline, une condition qui peut évoluer vers le diabète de type 2 (Cet article traite du « diabète de type 2 », une forme de diabète sucré. Mais il existe d'autres diabètes : voir la page d'homonymie...). Ces problèmes n'étaient toutefois pas observés chez les sujets de ce groupe qui consommaient au moins une portion de yaourt par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...). En effet, dans ce sous-groupe, les valeurs pour l'insuline à jeun et pour un indicateur de la résistance à l'insuline étaient comparables à celles observées dans le groupe sans obésité familiale.

Fait intéressant, la consommation de yaourt n'avait aucun effet sur ces indicateurs métaboliques dans le groupe sans obésité familiale. "Notre étude suggère que les effets bénéfiques potentiels du yaourt sur les indicateurs liés à l'insuline se manifestent seulement chez les jeunes qui ont une prédisposition familiale à l'obésité", résume la professeure Drapeau.

Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ces résultats, souligne la chercheuse. Les protéines et les peptides bioactifs contenus dans les produits laitiers comme le yaourt peuvent jouer un rôle dans la régulation de l'insuline. Ces mêmes peptides pourraient aussi favoriser la sécrétion d'hormones améliorant le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) du taux de glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.) sanguin. Enfin, la consommation de yaourt pourrait aussi entraîner un changement dans l'expression de certains gènes intervenant dans le contrôle du taux de glucose sanguin ou de l'insuline ou dans le microbiote (Le microbiote est une nouvelle dénomination de la microflore.) intestinal.

"Nos résultats ne signifient pas que le yaourt est la solution à l'obésité et à ses complications, insiste Vicky Drapeau. Par contre, ils démontrent que certains groupes alimentaires comme le yaourt peuvent réduire le risque de problèmes métaboliques, surtout chez les plus vulnérables."

Les auteurs de l'étude sont Shirin Panahi, Annette Gallant, Angelo Tremblay, Louis Pérusse, Jean-Pierre Després et Vicky Drapeau. Ils sont rattachés au Département de kinésiologie, au Département d'éducation physique, à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) sur la nutrition et les aliments fonctionnels et au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) de l'Institut universitaire de cardiologie (La cardiologie est la spécialité médicale qui étudie le cœur et ses maladies. Le médecin qui s’en occupe s’appelle le cardiologue. Par extension, il...) et de pneumologie (En médecine, la pneumologie est la branche qui s'occupe de maladies des poumons et du tractus respiratoire. Elle est, en général, considérée comme une branche de la médecine...) de Québec.

"Le yaourt n'est pas la solution à l'obésité et à ses complications, insiste Vicky Drapeau. Par contre, certains groupes alimentaires comme le yaourt peuvent réduire le risque de problèmes métaboliques, surtout chez les plus vulnérables."
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