🌌 Un nouvel indice que l’énergie noire ne serait pas constante

Une immense collection d’étoiles explosĂ©es remet sur la table une question vertigineuse : l’accĂ©lĂ©ration de l’Univers serait-elle en train de changer ?

Pour mesurer des distances gigantesques, les astronomes utilisent certaines explosions stellaires appelĂ©es supernovas de type Ia. Leur luminositĂ© peut ĂȘtre calibrĂ©e, ce qui permet d’estimer leur distance. En comparant cette distance au dĂ©calage de leur lumiĂšre vers le rouge, les chercheurs retracent la façon dont l’Univers s’est agrandi au fil du temps.

Une Ă©quipe internationale a rĂ©uni 2 884 supernovas probablement de type Ia dans un mĂȘme ensemble de donnĂ©es, baptisĂ© Unite. Il associe notamment les catalogues Pantheon+ et DES-SN5YR, issu du Dark Energy Survey. Le travail rassemble environ trois dĂ©cennies d’observations rĂ©alisĂ©es avec des instruments diffĂ©rents.

Frise chronologique de l'Univers, depuis le Big Bang jusqu'Ă  nos jours.

Frise chronologique de l'Univers, depuis le Big Bang jusqu'Ă  nos jours.
NASA/WMAP Science Team · Public domain

Les chercheurs ont retraitĂ© les observations avec des mĂ©thodes communes. Ils ont notamment harmonisĂ© la sĂ©lection des supernovas et les corrections liĂ©es aux biais d’observation. La masse des galaxies qui hĂ©bergent ces explosions a aussi Ă©tĂ© recalculĂ©e de maniĂšre uniforme pour plus de 98 % de l’échantillon.

Pourquoi autant de prĂ©cautions ? La lumiĂšre reçue peut ĂȘtre modifiĂ©e pendant son voyage. La poussiĂšre, les propriĂ©tĂ©s de la galaxie hĂŽte ou encore l’effet gravitationnel de grandes masses peuvent fausser lĂ©gĂšrement les mesures. Sur des milliers d’objets, ces petits Ă©carts peuvent peser sur le rĂ©sultat final.

Les supernovas permettent ensuite de tester l’énergie noire, nom donnĂ© au phĂ©nomĂšne associĂ© Ă  l’accĂ©lĂ©ration de l’expansion cosmique. Dans le modĂšle cosmologique standard, cette composante reste constante au cours du temps. Unite ne suffit pas, Ă  lui seul, Ă  Ă©tablir qu’elle Ă©volue. Les chercheurs ont donc combinĂ© leurs mesures avec le rayonnement fossile du Big Bang et des cartes de rĂ©partition des galaxies.

Avec ces donnĂ©es rĂ©unies, un modĂšle avec une Ă©nergie noire variable s’accorde mieux avec certaines mesures qu’un modĂšle oĂč elle reste constante. Ces rĂ©sultats ne constituent pas encore la preuve d’une Ă©nergie noire non constante, ils renforcent plutĂŽt une anomalie dĂ©jĂ  apparue dans d’autres relevĂ©s rĂ©cents, notamment ceux du Dark Energy Spectroscopic Instrument.

Le catalogue Unite doit encore franchir une Ă©tape concrĂšte. Les auteurs prĂ©voient de rendre publics les mesures de distance et les outils statistiques associĂ©s aprĂšs acceptation de leur article. D’autres Ă©quipes pourront alors reproduire les calculs, combiner ces supernovas Ă  de futurs relevĂ©s et vĂ©rifier si l’écart persiste avec davantage de donnĂ©es.