🌋 De l'Ă©lectricitĂ© produite sur un volcan Ă  1 500 m sous la mer

À 1 500 mĂštres sous l'ocĂ©an Pacifique, une petite centrale a rĂ©ussi Ă  produire plus d'Ă©lectricitĂ© qu'elle n'en consommait. Mais seulement pendant quelques secondes.

L'expĂ©rience s'est dĂ©roulĂ©e sur Axial, un volcan actif situĂ© Ă  environ 480 kilomĂštres des cĂŽtes de l'Oregon, aux États-Unis. Le fond marin y est traversĂ© par de l'eau chauffĂ©e en profondeur par l'activitĂ© volcanique. La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Endurance Energy a voulu savoir si cette chaleur pouvait servir Ă  produire de l'Ă©lectricitĂ©, comme dans les centrales gĂ©othermiques installĂ©es Ă  terre.

La cheminĂ©e hydrothermale active El Gordo, au sommet du volcan sous-marin Axial, Ă©clairĂ©e par un Ă©quipement d’observation.

La cheminĂ©e hydrothermale active El Gordo, au sommet du volcan sous-marin Axial, Ă©clairĂ©e par un Ă©quipement d’observation. Cette image prĂ©cĂšde l’expĂ©rience AdĂ©lie de 2026.
Photo : Ocean Observatories Initiative / NSF, domaine public.
Image Wikimedia

L'idĂ©e est simple : utiliser un liquide trĂšs chaud pour faire tourner une turbine reliĂ©e Ă  un gĂ©nĂ©rateur. Mais Ă  cette profondeur, tout devient plus difficile. Les Ă©quipements doivent supporter une pression considĂ©rable, fonctionner sans intervention humaine directe et pouvoir ĂȘtre commandĂ©s depuis la surface.

L'équipe a d'abord foré un petit puits de 16 mÚtres sous le plancher océanique. L'eau qui en sortait atteignait 260 °C. C'était une premiÚre étape réussie, mais son débit était insuffisant pour faire tourner la centrale. Les ingénieurs ont donc utilisé une autre source de chaleur, toute proche, avec une sortie d'eau hydrothermale à environ 281 °C.

Le prototype, baptisé Adélie, pesait trois tonnes. Installé sur le fond marin, il était commandé depuis Seattle grùce à un cùble de communication sous-marin. Lors de l'essai du 27 septembre 2026, sa turbine est montée jusqu'à environ 26 000 tours par minute.

Pendant exactement 8,7 secondes, l'appareil a fourni plus d'électricité qu'il n'en utilisait pour fonctionner. Le surplus a atteint un pic de 16,5 kilowatts, avec une puissance nette médiane d'environ 2 kilowatts sur cette courte période. L'essai prouve donc qu'il est possible de produire un surplus d'énergie directement au fond de la mer.

Mais les difficultĂ©s sont vite apparues. Un systĂšme de protection Ă©lectrique a interrompu le fonctionnement. Lors d'une tentative de redĂ©marrage quelques minutes plus tard, un cĂąble alimentant une pompe s'est dĂ©tĂ©riorĂ©. Il a fallu arrĂȘter l'expĂ©rience.

Endurance Energy veut maintenant améliorer son systÚme et forer plus profondément pour obtenir un débit suffisant. Un nouvel essai avec un prototype modifié est prévu durant l'hiver 2026-2027.

À plus long terme, la sociĂ©tĂ© envisage des centrales sous-marines qui exploiteraient en permanence la chaleur de la Terre. Leur intĂ©rĂȘt serait de produire de l'Ă©lectricitĂ© sans dĂ©pendre du soleil ni du vent. Reste Ă  montrer que ceci peut fonctionner durablement, Ă  grande Ă©chelle, sans perturber les milieux marins.