Google lit dans les pensées de ses employés

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Quel employeur n'a jamais rêvé du pouvoir surnaturel de lire dans les pensées de ses employés ? Lequel n'a jamais souhaité connaître les intentions de départ avant même que le collaborateur n'y ait songé ? Cette idée nous semble utopique...
C'est pourtant la dernière innovation en date du géant américain de l'internet Google.

Googleplex: une des directions du siège social de Google

Ayant récemment subi la démission de plusieurs cadres supérieurs, le groupe travaillerait actuellement, d'après le Wall Street Journal, sur un nouvel algorithme hors norme permettant d'analyser ce que ressentent ses employés, voire même leurs intentions éventuelles.

A destination du service des ressources humaines, ce logiciel se base sur les données RH (comptes rendus d'entretiens, évolution de salaire, motivation, évaluation par d'autres collègues, etc...) recensées sur ses 20 000 employés, en comparaison avec les données recueillies sur les dernières démissions.

Après analyse de ces données, ces formules mathématiques permettraient de détecter les employés susceptibles de démissionner, ou du moins ceux qui ne se sentent pas utilisés à la hauteur de leurs compétences.

D'après Laszlo Bock (Vice-président, Opérations ressources humaines), interrogé par le Wall Street Journal, "cet algorithme arriverait à rentrer dans la tête des gens avant même qu'ils n'aient songé à partir".

De toute évidence, Google cherche à lutter contre la concurrence de plus en plus forte, proposant des rémunérations alléchantes à ses employés, et à éviter des départs similaires à ceux qu'il a vécu récemment. Parmi ceux-là nous pouvons citer Tim Armstrong, un des vice-président de Google, David Rosenblatt, en charge de la publicité, Sukhinder Singh Cassidy, présidente de la division Asie-Pacifique et Amérique latine, ou encore le designer en chef Doug Bowman, le directeur de l'ingénierie Steve Horowitz, le responsable qualité dédié à la recherche Santosh Javaram, etc....
La plupart d'entre eux ont rejoint AOL ou des sites de socialisation comme Facebook ou Twitter.

Cet algorithme est encore en phase de test, et le groupe se refuse à détailler la formule mathématique. Nous savons cependant que cette formule a déjà permis d'identifier des cadres qui envisagent de partir.

Affaire à suivre...

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KiNidoz

Ouais bein heu...

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Buen

C'est un fake ??

OK
okerampa

Un algorithme se base sur des chiffres, sur des indicateurs, sur des statistiques, sur tout ce qu'on veut du moment que c'est chiffré.
Mais je ne crois pas qu'on en soit au stade de pouvoir prévoir les réactions humaines. En fait, je ne pense pas que google arrivera à transformer sciences humaines en sciences "dures". Tout ce qu'ils vont arriver à faire est de s'enfermer dans la dure logique des chiffres, limite à retenir des salariés formatés par ces indicateurs. Ou alors ce sera un nième outil d'aide à la décision, peut-être très bien fait -j'espère pour google- ; mais de là à "rentrer dans la tête de ses employés" je n'y crois pas. Il suffit de voir l'état de la recherche à ce niveau, ça marche plus ou moins bien selon le cadre (voir le paradoxe d'Allais par exemple, pour ce que c'est : un exemple).

Outre les problèmes éthiques que cela engendrerait (on se croirait dans un épisode de Star Trek...), Google ou pas, c'est une illusion absolue de croire qu'on peut modéliser le comportement humain de manière purement mathématique. Au mieux c'est un problème de quantification du non quantifiable.

ZO
zorggy

Bonjour,

Ce n'est pas parce que c'est inconnu que c'est infaisable. Je crois que Google peut réellement améliorer sa politique de ressources humaines. Cependant, je déplore cette manière de faire: pourquoi automatiser cette branche alors que le contact, le relationnel pourrait très bien (mieux!) faire l'affaire? Pourquoi actuellement tout est procédure? Pourquoi tant de lois, pourquoi miser autant sur le technique? A-t-on peur du non-contrôlable?

OK
okerampa

zorggy
Ce n'est pas parce que c'est inconnu que c'est infaisable.

Si ce message s'adressait à moi, j'ai jamais parlé d' "infaisable". Tout au plus je n'y crois pas (tant qu'on ne m'a pas prouvé le contraire -> donc dans le sens inconnu effectivement). C'est juste mon passif d'étudiant en intelligence artificielle qui fait que j'ai un certain avis là dessus.

Je précise que quand je parle d'illusion absolue je ne parle plutôt de la modélisation dans le sens tendre vers une modélisation du comportement humain en globalité. Tout au plus ce sera un artifice modélisant un comportement sous certains aspects. En théorie de la décision on est obligé d'intégrer des statistiques ou des "probabilités subjectives" ou d'autres artifices pour combattre cette rationalité supposée (voir le critère de Von Neumann par exemple). On peut aussi entrer dans le domaine de la logique floue et d'autres théories de l'évidence mais je ne crois pas que ce puisse être dans le but de prévoir ce que quelqu'un va penser. Il y a des tas de paramètres qui ne seront jamais pris en compte, qui dépendent de trop d'événements extérieurs. C'est complexe quand même le raisonnement humain. Même dans Fondation d'Asimov Seldon n'arrive à prédire que les comportements globaux

J'essayais aussi d'exprimer la différence notable entre "lire dans les pensées des salariés de google" (qui est un champ plutôt global à mon goût) et faire de la "mathématique comportementale" (qui est déjà un champ plus restreint).
En gros je trouve ces réactions un peu trop exagérées ; c'est le but principal de mon commentaire...

Sinon, pour la raison, je suis 100% d'accord sur la peur du non contrôlable. Je conseille de faire une recherche sur "quantophrénie" sur google par exemple

HU
hubble

si les sociétés en arrivent à ce point, c'est premièrement qu'elle sont incapables de nouer de vraies relations avec leurs employés et deuxièmement, parce qu'elles ne comprennent pas leurs réelles qualités.
Il faut aussi tenir compte du fait que beaucoup de personnes doivent leur poste grâce au copinage.
Partant de là, je ne vois en quoi des données chiffrées leur apporteraient plus sinon une bonne raison de les virer.
Mais comme plus ou moins tout le monde rêve d'un meilleur job, cet algorithme déclencherait un tsunami de licenciements qui ne profiterait à personne.
Cette méthode va faire long feu!
:jap:

VI
Victor

Si c'est question de statistiques... Google doit en faire un très grand nombre et il serait logique qu'ils déduisent des règles de comportement... quant à savoir ce que pense leurs employés je pense qu'ils se foutent des questions sexuelles,religieuses et qu'ils ne doivent plutôt s'intéresser qu'aux caractéristique économiques et comportementales

O_
O___°

Ok mais comment ils exploitent les résultats?!
-Ils en parlent à l'employé :
Ils ont intégré l'effet de l'évaluation sur l'homme? Que des stat. déjouent mon libre-arbitre ça me ferait un pti peu chié + l'impression que la société sait trop de chose sur moi finalement. Ca devient anxiogène comme environnement de travail. Ca va faire exploser le stress à chaque décision. Déjà l'impression que c'est le cas chez google avec leur évaluation par les collègues du niveau de sympathie etc. (Dr House aurait pas de boulot avec des évals comme ça). Ca doit créer pas mal d'hypocrisie.

-Ils en parlent pas et agissent en douce pour arranger les choses, ou excluent l'employé inconsciemment :
Hop > effet Pygmalien et Pygmalion inversé. On file moins de boulot à X parce qu'on sait qu'il est pas super motiver en ce moment, il s'ennuie encore plus et se barre. Ou on croit plus à Y, on le valorise inconsciemment et il reste.

Ca fait tjrs "prophétie auto-réalisatrice"... Dur d'évaluer la qualité des prévisions dans ce cas. Mais si on prend pas ça en compte on pourra se vanter des résultats.

-Ou alors c'est du bluff, l'algo existe pas, mais les employés Google ont lu la news, comme tout le monde : cf. effet hawthorne, pour un résultat pas super prévisible.

Même s'il existe, vu que les employés le savent now, ça brouille complètement les résultats. Vont tous devenir parano.

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buck

ca fait tres fondation et asimov avec la psychohistoire ;)

JE
jesse_a_b

Selon moi il s'agit probablement d'un algorithme utilisant les réseaux de neurones artificiels. Ça permet en gros de faire des corrélations entre plusieurs variables qui n'ont pas l'air directement reliées à première vue.

OK
okerampa

Oui d'après rue89 je pencherais aussi pour de la statistique (c'est plus ou moins ça les réseaux de neurones). Il ne reste plus qu'à voir la qualité de leur produit. Surtout, ils doivent avoir à disposition une quantité de données phénoménale !

Il s'agit bien de dégager des "tendances globales". En gros c'est de l'aide à la décision qu'ils veulent faire.

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Buen

buck
ca fait tres fondation et asimov avec la psychohistoire

Klur, c'est pour ça que ça me fait penser à un fake !

HE
HerbeBleue

Bonjour,

Si je peux me permettre, lorsqu'une société perd ses cadres supérieurs il faudrait sans doute plus se pencher sur l'attitude manageuriale qui leur a été imposée que sur des algorithme qui pourront tout résoudre...

La psychologie est sans doute plus utile que les statistiques dans ce cas précis.

Bonne journée

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Aldebaran

Moi j'aimerais bien comprendre de quelles données ils disposent pour prétendre "lire dans les pensées de ses employés".
Cela depend des données mais çe ne pourra que dégager "une tendance" statistique du genre, untel à 68% de chance de partir au bout de 3 ans. M'enfin ça reste très grossier, on réagit pas tous de la même façon, nous ne sommes (pas encore) des machines.