đŸȘ° Ces larves plongent Ă  plus de 200 mĂštres sans ĂȘtre Ă©crasĂ©es

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Dans le lac Malawi, des milliards de larves d’insectes descendent chaque jour Ă  plus de 200 mĂštres de profondeur. Cette migration semble incompatible avec leur systĂšme respiratoire rempli d’air. Une Ă©tude montre pourtant que leurs rĂ©serves internes rĂ©sistent Ă  des pressions encore supĂ©rieures, grĂące Ă  une structure biologique adaptĂ©e.

Les larves appartiennent Ă  l’espĂšce Chaoborus edulis, une mouche aquatique prĂ©sente dans ce grand lac d’Afrique de l’Est. Le jour, elles rejoignent une couche profonde presque dĂ©pourvue d’oxygĂšne. Peu de poissons peuvent y rester longtemps. La nuit, elles remontent vers la surface pour se nourrir.

Le lac Malawi, également connu sous le nom de lac Nyasa en Tanzanie et de Lago Niassa au Mozambique, est un Grand Lac africain et le lac le plus méridional du systÚme de rift est-africain, situé entre le Malawi, le Mozambique et la Tanzanie.
Image Wikimedia

Les chercheurs ont suivi ces dĂ©placements avec un sonar installĂ© au fond du lac. Ils ont observĂ© des migrations verticales massives et rĂ©guliĂšres. Les larves franchissent cependant une zone occupĂ©e par des poissons prĂ©dateurs. Leur plongĂ©e profonde constitue donc un refuge temporaire, malgrĂ© les contraintes physiques imposĂ©es par l’eau.

Chez les insectes, le systĂšme respiratoire repose sur des conduits remplis d’air appelĂ©s trachĂ©es. Chez ces larves, une partie de ce rĂ©seau forme deux paires de petits sacs. Ceux-ci fonctionnent comme les ballasts d’un sous-marin. Leur volume dĂ©termine si l’animal monte, descend ou reste Ă  une profondeur donnĂ©e.

La paroi de ces sacs contient notamment de la rĂ©siline, une protĂ©ine trĂšs Ă©lastique souvent comparĂ©e Ă  un caoutchouc biologique. Les larves modifient localement l’aciditĂ©, donc le pH, de cette paroi. Celle-ci se dilate ou se contracte, ce qui ajuste le volume d’air et la flottabilitĂ© sans produire de nouveau gaz.

Des essais en chambre pressurisĂ©e ont mesurĂ© la rĂ©sistance rĂ©elle des sacs. Les larves les plus dĂ©veloppĂ©es supportaient une pression correspondant Ă  plus de 500 mĂštres de profondeur. Elles disposaient donc d’une marge importante par rapport Ă  leurs plongĂ©es habituelles, gĂ©nĂ©ralement limitĂ©es Ă  200 mĂštres.

Les chercheurs veulent dĂ©sormais comprendre comment la paroi conserve sa rĂ©sistance au fil des cycles quotidiens. La rĂ©siline intĂ©resse aussi la biomimĂ©tique, qui s’inspire du vivant pour crĂ©er des matĂ©riaux. Un dispositif artificiel sensible au pH pourrait, par exemple, modifier sa forme ou sa flottabilitĂ© sans dispositif mĂ©canique.